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L’épanouissement du couple passe aussi par la sexualité

mardi 11 juin 2002, par Jean Igor Wolga


Dieu, dans la merveilleuse pédagogie qu’Il utilise pour nous enseigner par la Bible, n’hésite pas à emprunter à l’amour conjugal et à ses joies des comparaisons très fortes pour décrire les sentiments qu’Il porte à Son peuple, qui est l’Eglise universelle, le corps de Christ, et qui est aussi appelée Son épouse : " Car l’Eternel met son plaisir en toi, et ta terre aura un époux. Comme un jeune homme s’unit à une vierge, ainsi tes fils s’uniront à toi ; et comme la fiancée fait la joie de son fiancé, ainsi tu feras la joie de ton Dieu. " (Esaïe 62:4-5).

- Quoi de plus émouvant que l’amour du fiancé pour sa bien-aimée ?
- Quoi de plus solennel que l’union pour toute la vie d’un homme et d’une femme ?
- Quoi de plus merveilleux que l’amour des époux qui s’exprime dans le désir irrésistible de l’un pour l’autre, dans le besoin bouleversant de former une seule chair ?
- Quoi de plus beau enfin que la fusion des corps dans le plaisir partagé et dans le fantastique épanchement qui conduit les deux époux vers l’apaisement dans des moments de tendresse extraordinaires ?

L’amour des époux l’un envers l’autre leur donne l’envie de rester toujours ensemble et, si la vie les sépare un instant, les pousse à vite se rapprocher à nouveau. Cet amour qui les unit physiquement, sentimentalement et spirituellement dans un mariage contracté pour la vie, est le principal fondement de la famille.

Si l’amour conjugal disparaît, la famille vole en éclats. L’amour conjugal ne s’accomplit totalement que si ses trois composantes fondamentales, physique (sexuelle), affective(sentimentale) et spirituelle sont prises en compte par les deux époux. Il est alors un véritable ciment du couple, et donc de la famille et de la société. L’institution de la famille remonte à la création de l’homme et de la femme dont nous trouvons le récit dans le livre de la Genèse. Il s’agit de la famille au sens restreint du terme, composée de l’homme, de la femme et de leurs enfants. Cette notion moderne de la famille que nous trouvons dans le plus vieux livre du monde s’oppose à la famille tribale, au clan, à la famille élargie composée des aïeux, des collatéraux, des petits-enfants, des beaux-parents, etc...

C’est dans l’intimité de la famille restreinte et notamment dans l’intimité physique des époux qui deviennent « une seule chair » dans l’acte conjugal et dans les enfants qu’ils engendrent, que réside la stabilité de la société humaine. Dieu le savait bien, Lui qui nous a donné, en même temps que la sexualité, son mode d’emploi, réservé à la vie conjugale, et que malheureusement les hommes ont tellement négligé et continuent à mépriser aujourd’hui. La Bible affirme le caractère noble et sacré du sexe dans le mariage à de nombreuses reprises comme dans ce verset du livre des Hébreux : «  Que le mariage soit honoré de tous et le lit conjugal exempt de souillure.  » (Hébreux 13:4). Ce verset signifie littéralement « Le coït est honorable en tout et sans souillure dans le lit conjugal. »

Selon une idée fausse très répandue dans les milieux chrétiens, Dieu n’aurait créé la sexualité que pour la procréation. Procréer, c’est-à-dire continuer la création de Dieu, est déjà un grand privilège. Mais il y a davantage de passages bibliques qui font allusion à l’amour sexuel en tant que moyen de joie et d’union pour le couple qu’en tant que moyen de procréation (comme par exemple ce grand poème d’amour qu’est le Cantique des Cantiques). Il y a aussi dans le corps féminin un organe qui ne sert à rien d’autre qu’au plaisir : le clitoris. Si le plaisir masculin est indispensable à la procréation pour des raisons évidentes, le plaisir féminin, lui, n’est pas nécessaire et a été donné par Dieu pour le bonheur des époux et la stabilité du couple. Mais il doit être cultivé.

De nombreux jeunes mariés découvrent ensemble et tous seuls, portés par l’élan de l’amour qui les anime et les attire l’un vers l’autre, ce qui peut faire plaisir à leur conjoint. D’autres auront besoin de quelques conseils ou de quelques lectures pour les aider (comme le livre « L’Acte Conjugal, la beauté de l’amour sexuel » de Tim et Beverly LaHaye, Editions Emmanuel).

Ceux qui arrivent vierges au mariage et découvrent ensemble les joies de l’amour sont plus souvent satisfaits sexuellement que les autres, contrairement à une idée fausse très répandue selon laquelle il serait nécessaire de faire des expériences avant de s’engager. Deux enquêtes faites aux Etats-Unis, l’une auprès de 2300 couples, et l’autre auprès de 100 000 femmes, le confirment ; elles sont rapportées dans le livre « L’Acte Conjugal ». Notre pratique médicale quotidienne le confirme aussi. Mais que les couples qui ne sont pas arrivés vierges au mariage et qui connaissent des difficultés sexuelles ne se découragent pas, car rien n’est jamais perdu et il est toujours possible de se « refaire une virginité ».

Trois autres choses sont essentielles dans la réussite de la vie de couple, sur les plans physique et sentimental :
- la communication verbale (basée sur le dialogue), mais aussi la communication gestuelle, sensorielle (qui aboutit à la communion des sens), et émotionnelle (qui suppose l’abandon complet de l’un à l’autre). «  Mon bien-aimé est à moi, et je suis à lui  » (Cantique des Cantiques 2:16).
- la connaissance mutuelle, qui résulte d’une bonne communication : connaissance des différences physiques et psychologiques entre l’homme et la femme, permettant d’éviter bien des malentendus, connaissance de l’autre en tant que personne aimée. Ce n’est pas pour rien que la Bible utilise le mot « connaître » pour désigner l’union sexuelle : « Adam connut Eve et elle enfanta ».
- les préliminaires ou le prélude amoureux, tellement importants pour bien connaître l’autre, pour l’explorer intimement, être attentif à ce qui lui fait plaisir. «  Que chacun, au lieu de considérer son propre intérêt, considère aussi celui de l’autre.  » (Philippiens 2:4). Les préliminaires sont indispensables pour permettre l’accession de la femme à l’orgasme et en même temps pour augmenter le contrôle de l’homme sur lui-même et retarder son propre orgasme.

Enfin la réussite de la vie de couple implique une parfaite communion en Dieu et une vie spirituelle commune des époux (prière, lecture biblique, témoignage, engagement dans l’église), afin que le couple soit un signe visible dans le monde de l’amour de Dieu pour ses enfants et pour l’homme en général. L’enquête déjà citée, publiée dans le livre « L’Acte Conjugal » montre que les époux chrétiens engagés connaissent en général un degré de satisfaction sexuelle supérieur à la moyenne. « Aimer, ce n’est pas seulement se regarder l’un l’autre, c’est aussi regarder ensemble dans la même direction » (A. de Saint-Exupéry).

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3 Messages de forum

  • Bonjour. Je suis chrétienne et mariée depuis 7 ans. Mon mari et moi avons de plus en plus de mal à gérer les frustrations générées par des relations sexuelles insatifaisantes : peu de désir et de plaisirs pour ma part. Nous en parlons, prions pour cela et nous avons même consulté une sexologue (très décevant, notamment parce que le praticien n’a pas pris en compte la dimension chrétienne de notre couple). Je n’ai pas d’arrière-plan problématique, ni vécues d’expériences traumatisantes. J’ai également lu l’ouvrage des époux Lahaye « l’acte conjugal » qui est très bien fait, mais cela ne m’a pas permis de trouver une solution à notre problème. Mais si Dieu a crée la sexualité, c’est bien pour que l’homme ET la femme en retire quelque chose de bon, je pense. Alors nous sommes déterminés à trouver une solution à notre problème pour ne pas laisser la frustration s’installer dans notre couple. Avons nous raison de raisonner ainsi ? Que faire et surtout à qui s’adresser ? Existe -il des sexologues chrétiens ? Merci d’avance de votre aide.

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    • Le hasard des sites trouvés et des pages visitées sur internet...Je ne sais pas si ma réponse aura encore un sens pour vous vu la date de votre mail.

      L’étalage contemporain de la sexualité dans les médias partage avec la pudibonderie des générations précédentes un point commun : l’absence d’éducation sexuelle véritable de l’homme. Ce qui est dit sur ce site et ce que vous ressentez concernant le plaisir féminin est très juste. Mais le plaisir féminin ne passe pas d’abord par le clitoris comme semblerait le dire ce site si on lisait un peu rapidement le très bel article sur l’épanouissement du couple- il passe par la capacité des époux à prolonger leur union. Et cela ne devient possible que si l’homme apprend à maîtriser l’éjaculation, à la repousser jusqu’à ce que la femme, qui a besoin de temps, atteigne elle-même le sommet de la joie sexuelle.

      Ce n’est pas dans la tradition occidentale au départ. Vous trouverez cette compréhension de la sexualité plutôt dans un ouvrage chinois comme Le Tao de l’Art d’Aimer de Jolan Chang. Une femme médecin américain, Alice Stockham, a développé la méthode Karezza, à la fin du XIXè siècle, après un voyage en Inde. On trouve encore d’occasion les livres d’un grand sexologue chrétien, Paul Chanson.

      Ma femme et moi étions confrontés aux mêmes questions que vous. Aujourd’hui, après dix ans de mariage, nous connaissons (toujours plus) cet « épanouissement du couple » dont il est question ici. Il est voulu par le Créateur. L’homme apprend d’abord à repousser le moment où il atteint le sommet du plaisir. Puis il apprend à maîtriser complètement son éjaculation. Il faut respecter la volonté du Créateur : lorsque l’homme a émis sa semence, l’union sexuelle est finie, au moins pour un temps, et la plupart des femmes sont frustrées par des hommes qui interrompent ainsi l’épanouissement qui chez elle n’avait fait que commencer. Or, il n’est pas question de faire durer l’union vingt minutes plutôt que cinq mais, éventuellement une heure, deux heures ou plus, en vacances par exemple.

      Un couple a besoin de cet épanouissement. On ne va pas vers un pic passionnel d’orgasme comme dans un mauvais film raccoleur mais on franchit des collines successives de joie intense et durable. La femme a le droit de connaître plusieurs moments de plaisir intense à la suite, comme sa physiologie amoureuse le permet. De mon poiint de vue masculin, je peux vous dire que l’on bascule dans un autre univers que celui que voudraient nous imposer les médias qui confondent dévergondage et épanouissement. Non pas que la « libération des moeurs » n’ait pas été un passage nécessaire pour mettre fin à des siècles de pudibonderie. Mais la sexualité qu’on nous propose aujourd’hui, le plus souvent, n’est qu’une simple inversion de la morale traditionnelle. Le Créateur a voulu beaucoup mieux pour l’homme et la femme, la joie dont parle le Cantique des Cantiques.

      Il arrive un jour, exaltant, et qui soude un couple, où l’homme peut choisir le moment de l’éjaculation. Rien n’est plus important car 1. le don de la semence ne signifie pas seulement la possibilité de l’enfant ; il a une charge symbolique très forte, il représente le don, par l’homme, de son histoire, de son présent et de son avenir, à la femme. Il est un gage de promesse de la durabilité du couple. 2. Précisément, un homme qui sait soit se retenir soit s’abandonner dans les bras de la femme devient responsable : il apprend à respecter les cycles de fécondité de la femme, il participe avec discrétion à sa « féminité ». Le couple acquiert progressivement la faculté de choisir le moment d’avoir un enfant.

      Nous avons progressivement découvert que nous n’étions pas placés devant l’alternative : « faire un gosse à coup sûr » ou avoir recours à la contraception. Nous avons beaucoup de médecins dans notre famille qui nous ont averti depuis longtemps sur les dangers de la contraception chimique pour la femme, en particulier les risques démultipliés de cancer du sein. Quant au préservatif ou au stérilet, nous l’avons toujours ressenti comme dégradant pour le couple. Non, la possibilité de l’enfant ne doit pas être entravée par des moyens mécaniques ou chimiques, elle doit être maîtrisée par un respect du dessein du Créateur pour l’homme et la femme. C’est à cette « écologie sexuelle » que sont appelés les couples d’aujourd’hui. Ayant déjà trois enfants, nous savons que la décision d’en avoir un quatrième, ce que nous n’exluons pas, serait un gros engagement. Nous avons besoin d’un peu de temps pour discerner, comprendre la volonté de Dieu pour nous. Mais l’équilibre de notre couple passe aussi par cet épanouissement dont il est question ici ; il contribuera à nous faire prendre la bonne décision. En outre, si nous décidons d’avoir un nouvel enfant, ma femme, qui a trente huit ans, ne passera pas par les affres de la femme qui arrête de prendre la pilule au moment où avoir un enfant devient physiologiquement plus difficile et se désespère que ses cycles ne retrouvent pas immédiatement leur régularité « d’avant ».

      Un couple chrétien n’est pas condamné, comme la génération de nos parents, à s’arrêter d’avoir des relations quand on ne veut pas de la contraception chimique, pour des raisons éthiques et médicales. De plus, l’un des bienfaits de la « libération sexuelle » a été de faire découvrir le bel épanouissement de la sexualité qui est possible dans la « fleur de l’âge » - sans parler de cette vieille sagesse taoïste qui exagère à peine en disant qu’une sexualité épanouïe est la meilleure médecine. Mais une femme de cinquante ans ne connaîtra pas plus l’épanouissement qu’à vingt ans si elle a un partenaire qui ne sait pas maîtriser l’impulsivité de départ de l’homme dans l’acte sexuel.

      Je ne sais pas si mon message vous atteindra. Soyez assuré de notre profonde empathie de couple pour le vôtre et de notre prière.

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      • Fils de Paul Chanson, qu’elle n’est pas ma surprise après tant d’années de tomber sur ce forum et particulièrement sur ce message. Mes parents ont beaucoup souffert pour essayer de soulager les couples en détresse. La joie de mon père fut les réussites qu’il eut en ce domaine avec de nombreux cas désespérés. Hélas il eut beaucoup d’ennemis. Mais il persévéra car ce fut un apòtre dans son genre. Bon courage à tous ! Que Dieu vous accompagne !

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