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Vérité morale absolue ou intolérance ?

vendredi 13 août 2004, par Jean-Luc Tabailloux

Peut-on encore croire en une vérité morale absolue sans tomber dans l’intolérance ?


Avez vous déjà essayé de débattre sur des principes moraux avec quelqu’un qui croit en leur inexistence ? Si c’est le cas, vous êtes probablement sorti frustré d’un tel débat. Nous vivons dans une société qui prône un relativisme absolu, ce qui est déjà une contradiction en soi. Comment ce qui est relatif peut il être absolu ? On se le demande ! Dans ce mode de pensée généralisé, celui qui ose affirmer qu’il existe des vérités absolues sur le plan moral, qui s’appliquent en tout lieu, à toutes les époques et dans toutes les cultures, celui là ne tardera pas à être taxé de fanatique et d’intolérant. Si cela vous est déjà arrivé en tant que chrétien et que la moutarde vous soit montée au nez, prenez bien garde à ce que votre comportement ne renforce le stéréotype dans lequel vos adversaires vous ont enfermé. Vous ne faites que confirmer un peu plus dans leur esprit que vous êtes une personne bornée, sans réflexion, voire même quelqu’un de fanatique. Ce n’était certes pas la manière de réagir du Christ qui savait faire réfléchir ses auditeurs qu’il laissait souvent perplexes.

Le but que le chrétien poursuit dans ce genre de débat, c’est d’établir qu’il est possible de défendre l’idée qu’il y a des vérités morales universelles et absolues, sans pour autant tomber dans l’absolutisme. Ce dernier, comme le fanatisme, est synonyme d’arrogance, d’intolérance, de bigoterie et d’un esprit de supériorité méprisant ses semblables. Le christianisme a souvent été accusé de la sorte, parfois avec raison quand il était religion d’état, mais souvent à tort quand on le compare avec celui qui nous est enseigné par le Christ des Evangiles. Notre état de créatures déchues, enclines naturellement au mal et qui se sont éloignées de Dieu, notre besoin de pardon, de rédemption, et d’un Sauveur, sont des thèmes au cœur du message biblique. Ce sont des vérités centrales qui nous poussent sans cesse vers l’humilité et certainement pas vers l’arrogance. N’est-il pas écrit que « Dieu résiste aux orgueilleux mais qu’Il fait grâce aux humbles ? »

Ceci étant dit, on a quand même besoin d’évoquer ces vérités absolues. Elles sont un patrimoine incontournable de la révélation biblique. Sans elles, on ne peut comprendre la vision chrétienne du monde. Mais par où commencer dans ce débat ? Nous devons tout d’abord nous rappeler qu’il est possible de croire qu’il existe des vérités morales absolues sans tomber dans un fanatisme intolérant de la pire espèce. Croire cela, c’est affirmer que toutes les idées ne se valent pas et qu’elles ne sont pas toutes sans conséquences dans la réalité, celle que vous et moi vivons ou souffrons au quotidien. Dans la vie en vrai, le slogan « tout est relatif » est au mieux une belle baliverne et au pire une moquerie cruelle. Demandez à un juif si l’idéologie nazie vaut celle d’un Churchill et vous aurez compris ce que je viens de dire. Demandez à la victime d’un pédophile si toutes les valeurs morales se valent et ne sont au fond qu’une manière pour un groupe majoritaire de dominer sur le reste de la société. Et oui, tout est relatif tant que ça touche les autres et que je n’en fais pas les frais ! Mais les autres ?
Oserions nous encore affirmer comme beaucoup que la vérité avec un grand V n’existe pas, voire n’a même jamais existé ! C’est beau sur le papier, mais dans la réalité sa mise en pratique peut être effrayante. Allez le dire aux survivants du génocide cambodgien ! Pour le dictateur Pol Pot, les hommes qui avaient des lunettes savaient lire et étaient donc suspects. Il les a comparés à de vulgaires pommes abîmées qui devaient être éliminées. Et il l’a fait 2 millions de fois ! D’après la Bible, parole de Dieu, nous sommes des créatures précieuses faites à l’image de Dieu, digne d’être respectées. Pas des pommes pourries bonne pour le tas de fumier ! Quelle différence de vison du monde !

Une manière de remettre en question ce relativisme ambiant est de faire remarquer aux tenant de ces positions l’incohérence de ce système de pensée.
Ils accusent les chrétiens d’intolérance. Pourtant, comme nous venons de le voir dans les exemples précédant tirés de l’histoire contemporaine, nos accusateurs se retrouvent souvent coupables des maux dont ils nous accusent.
S’ils ne croient pas qu’il existe des vérités morales absolues et universelles, d’où leur viennent donc ces idées de tolérance et de justice, de ce qui est bien ou mal d’un point de vue politiquement correct ? Un philosophe autrefois athée disait s’être posé la question suivante : « Comment différencier une ligne tordue d’une ligne droite si on ne sait même pas ce qu’est une ligne droite ? » Alors avant d’accuser le christianisme d’intolérance, nos amis relativistes dans l’âme feraient bien de se poser la question : « mais si tout est relatif, sur quels fondements puis-je taxer d’intolérance telle ou telle idée, ou tel ou tel comportement ? S’il n’y a pas de vérité morale universelle, tout se réduit donc à une question de circonstances, de consensus et de majorité du groupe dominant ? Et alors tout peut arriver ! On peut légiférer pour déclarer comme bien ce qui était mal il n’y a pas si longtemps. Et qui pourra s’y opposer ?

Enfin dans ce débat d’idées qui n’est pas relatif, qui a de vraies conséquences de vie et de mort parfois, n’oublions pas l’essentiel. N’oublions pas ce que nous croyons ni Celui que nous défendons. Le Christ a affirmé être l’incarnation vivante de La vérité avec un grand « V » ! Dans ce débat avec nos détracteurs, puissions-nous, nous aussi, être empreints des sentiments d’amour et de respect qui l’animaient. Charité pour les personnes, mais pas de pitié pour les idées !
C’est à cette seule condition pour que nos convictions seront crédibles. Soyons, nous aussi, des incarnations vivantes de ce que nous croyons.

P.-S.

Article adapté à partir de diverses sources Internet et radiophoniques lues et éditées par Jean-Luc Tabailloux.

Pour poursuivre la réflexion, un livre de philosophe : « Jésus et les autres divinités » de Ravi Zacharias. Editions Vida

Vous pouvez retrouver la rubrique « Actualité et Culture : un vision chrétienne du monde », sur « Radio Certitude » 96.6 MHz dans l’agglomération grenobloise.

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