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Sans doutes ?

Chronique d’une lutte contre un compagnon plutôt collant

samedi 23 août 2003, par Brad Dickson

Sommaire

Le doute traîne et se cache dans les allées sombres de notre esprit, attendant un moment favorable pour se manifester. Faut-il le nier ? L’écraser en sur-affirmant notre foi ? Ou faut-il l’explorer, espérant que la raison nous reconduira à Dieu ? Cet article propose une troisième voie : ni déni, ni soumission


J’ai été élevé dans une famille chrétienne où la foi allait de soi. Avec le premier biberon, est arrivée la première prière. Mes souvenirs d’enfance sont des souvenirs d’église, de catéchisme, de colonies chrétiennes, de versets bibliques appris par cœur, de chants joyeux et édifiants. Chez mes parents, il n’y avait pas d’hypocrisie mais une foi humble et vivante, rien qui pouvait m’amener à douter. Je ne pouvais que croire...

C’est pourquoi mes premières incertitudes ne sont survenues que tardivement, lors de mes études en faculté d’histoire. Là, pour la première fois, j’ai été confronté à des professeurs dont j’admirais la connaissance mais qui ridiculisaient la foi chrétienne. Peut-être avais-je subi un simple lavage de cerveau depuis mon enfance, me suis-je laissé aller à penser. Cette pensée a ouvert une brèche où se sont engouffrées deux années de questionnements aussi douloureux que fondamentaux : Dieu existe-il ? Si oui, Jésus-Christ est-il Le chemin ? Et la Bible, est-elle pleinement inspirée ? Le combat a fait rage dans ma tête et dans mon cœur, mais l’issue heureuse en a été le renouvellement de mon engagement chrétien. Je pensais alors m’être débarrassé du doute, une fois pour toutes.

Le choc a donc été rude, vingt ans plus tard, quand le doute s’est manifesté à nouveau alors que j’étais engagé à temps plein dans un ministère d’implantation d’église et d’enseignement de la Bible. Son retour subi a provoqué en moi une angoisse paralysante. La nuit, ma poitrine, serrée comme dans un étau, essayait de contenir les battements désordonnés de mon cœur. Ma tête, tourmentée et fatiguée, patinait à moitié consciente dans des labyrinthes sans issue.

Le matin apportait en général un nouvel espoir, mais je me rappelle m’être levé pour prêcher un dimanche et avoir entendu une petite voix intérieure qui chuchotait, « hypocrite, tu mènes les gens en bateau, tu les convaincs de choses dont tu n’es plus certain toi-même... » Pourquoi avais-je tant de mal à refouler ces questions, alors que quantité de chrétiens autour de moi semblaient avoir une foi sans plis, sans panique ? Se pouvait-il que, tout comme moi, certains cachaient leurs doutes ?

1. Le doute : une expérience universelle

« Dans toute foi, il y a un doute, profond, plus ou moins refoulé. » - Edgar Morin [1]

Le doute chez des personnages bibliques

Si je devais marcher le long de cette route parsemée de doutes, je voulais savoir si d’autres y avaient marché avant moi. Selon 1 Corinthiens 10.13, les tentations qui nous assaillent sont « communes à tous les hommes. » Je me suis rappelé alors que bon nombre de personnages bibliques avaient douté à un moment ou un autre de leur marche avec Dieu. Deux récits m’ont particulièrement étonné et rassuré.

Jean-Baptiste a reçu de multiples preuves indiscutables, de l’identité divine de son cousin Jésus. Combien de fois Elisabeth a-t-elle dû lui raconter l’histoire de sa confession de foi prénatale ? N’avait-t-il pas vu de ses yeux la colombe descendre ? N’avait-t-il pas entendu de ses oreilles la voix disant : « Celui-ci est mon Fils ! » ? N’avait-t-il pas crié lui-même avec conviction « voici l’agneau de Dieu ! » ? Ce prophète, dont Jésus lui-même a dit qu’il était le plus grand parmi tous les hommes, pouvait-il encore douter après tout cela ? [2] Oui ! Quelques mois plus tard, alors qu’il était en prison, le doute a pris le dessus. Jésus est-il vraiment Celui qui doit venir ? L’incertitude est devenue intolérable ; il a envoyé quelqu’un vers Jésus pour lui poser la question : « Es-tu Celui qui devait venir ? »

Un deuxième exemple de doute me paraît encore plus surprenant. Il est logé dans un demi-verset qui passe souvent inaperçu. « Les onze disciples se rendirent en Galilée, sur la colline que Jésus leur avait indiquée. Dès qu’ils l’aperçurent, ils l’adorèrent. Quelques-uns cependant eurent des doutes. » (Matt 28.16,17 Bible du Semeur). Dans ce texte la coexistence quasi simultanée de l’adoration et du doute est tellement étonnante que les Pères de l’église, probablement pour protéger la réputation des disciples, ont proposé une autre traduction. « Ils l’adorèrent, mais d’autres doutèrent. » Cette traduction attribue le doute à un deuxième groupe, autre que les disciples. La totalité des traductions contemporaines a rejeté cette lecture. En effet, K. Reeves, considéré comme une autorité dans le domaine de la traduction biblique, argumente de manière convaincante que c’est bel et bien les disciples qui ont douté [3]. De plus, il considère que nos traductions actuelles ne rendent pas encore le véritable sens troublant du texte. Faisant cas des autres utilisations de cette expression grecque chez Matthieu, il préfère la traduction suivante, « ils l’adorèrent, et ils eurent des doutes. » Selon cette lecture, les disciples dans leur ensemble étaient encore tracassés par des doutes, malgré les multiples apparitions du Christ ressuscité ! Au passage, il vaut la peine de préciser que ces doutes ne les ont pas empêchés ni de l’adorer, ni de le proclamer, et d’aller jusqu’au martyre pour l’évangile.

Le fait de me retrouver en compagnie d’autres pèlerins vacillants a sensiblement diminué mes sentiments de solitude et de culpabilité. Etait-il possible d’avancer dans le service chrétien malgré ses doutes, comme il est possible de faire des actes héroïques malgré sa peur ?

Le doute dans la musique et la littérature chrétienne

Le doute ne pouvait être mon expérience exclusive puisque j’y ai trouvé de multiples références dans les prières de l’église. Considérez les exemples suivants :

Le cantique bien connu de Demaurex et Ramsey, « Enseigne-moi » :

« Quand le doute est en moi, enseigne-moi,
quand obscure est ma voie, enseigne-moi... »

Ou la deuxième strophe du cantique universellement traduit « Tel que je suis » :

« Tel que je suis, bien vacillant,
en proie au doute à chaque instant,
lutte au dehors, crainte au dedans,
Agneau de Dieu je viens, je viens. »

Nos chœurs n’ont pas boudé ce thème non plus. Alain Stamp, dans sa composition, « Si tu bois au torrent » s’exclame :

« Quand souvent sur la route tu te sens fatigué,
dans la lutte ou le doute, ou quand tu es tenté.
Si tu bois au torrent il te rafraîchira... »

Ces paroles classent le doute avec des problèmes aussi fréquents que la fatigue, la lutte, et la tentation.

Le Voyage du Pèlerin, l’œuvre colossale de John Bunyan, a trouvé un écho universel dans le cœur des chrétiens. En décrivant le parcours typique du chrétien, cet auteur n’a pas pu passer sous silence la lutte brutale avec le doute. Fait intéressant, il place cette lutte assez tardivement dans le voyage du Pèlerin, à un point où Chrétien est décrit comme « plus âgé et expérimenté ». [4] Les tentations mondaines de la Foire aux Vanités sont derrière lui. Elles n’ont eu pour lui aucun attrait. Mais Chrétien sera terrassé par un ennemi plus subtil. Il sera fait prisonnier dans le donjon du Château du Doute, où il est torturé par le géant du Désespoir. Il est tant affligé qu’il pense au suicide. Il n’y a que les encouragements de son compagnon de route, Plein-d’Espoir, et la clé retrouvée des promesses bibliques, qui lui permettent de s’en échapper. Ce passage du livre pourrait-il être autobiographique ? Il retrace en tous les cas les bagarres personnelles de Bunyan avec le doute, pendant les douze ans qu’il a passé enfermé dans la prison de Bedford.

2. Pourquoi doutons-nous ?

Le doute, un cadeau

Le doute a une fonction positive dans le processus décisionnel. Il nous prémunit contre les croyances naïves et les jugements hâtifs, inconsidérés. Quel acquéreur d’une nouvelle maison ou d’une nouvelle voiture n’a jamais hésité avant de signer son chèque en se disant « et si ce n’était pas le bon choix ? » L’intensité du doute semble être proportionnelle à l’importance de la décision. On se torture plus l’esprit avant de se fiancer par exemple, qu’en se demandant s’il faut passer à droite ou à gauche de l’arbre. Il paraîtrait normal alors que la décision de suivre Jésus-Christ, qui demande un engagement total, soit accompagnée aussi de doutes. Ce genre de doute, ne pourrait-il pas être une grâce, une protection, programmée d’origine dans le disque dur de notre fonctionnement ?

En philosophie et en science, le doute joue un rôle fondamental. Aristote a appelé la philosophie « l’art de bien douter ». Le système philosophique de Descartes démarre avec le doute universel et méthodique. Son célèbre « cognito ergo sum » est la solution au doute quant à sa propre existence. Un proverbe perse dit que le doute est la clé de la connaissance.

Mais comme tout cadeau de Dieu, il est incarné dans notre fragile humanité et affecté par la chute. Tout comme la sexualité, la grâce du doute peut devenir un monstre destructeur. Dans l’Antiquité déjà, Pyrrhon, un philosophe grec, préconisait la suspension complète du jugement sur toute question, sous prétexte que pour chaque question qui se présente, deux opinions contraires sont toujours possibles. On raconte qu’il félicita un jour son disciple qui refusa de l’aider à sortir du trou où il était tombé. L’élève zélé avait considéré la situation de Pyrrhon et n’avait trouvé aucune raison convaincante de l’aider ! [5]

De même, les comportements compulsifs peuvent prendre leur racine dans la maladie du doute. Le malade tombe dans le gouffre du « et si ... » Il se demande sans cesse s’il a fermé la porte à clé ou si ses mains sont propres. Dans l’absence cruelle de certitude, il cherche un abri dans des comportements répétitifs qui se ritualisent, et qui peuvent finir par le paralyser. [6] Le doute sans bride peut envahir et tuer.

Le doute et la personnalité

Il serait étonnant que vous fassiez partie de cette petite minorité de personnes, malades du doute. Mais même dans la gamme du normal, il y a des personnalités plus au moins sujettes au doute. Avec l’âge, on apprend à se connaître. Je sais maintenant que je fais partie des personnes enclines au doute. Certains, bienheureux, vivent dans un monde noir et blanc, rempli de certitudes sur chaque question. Mais mon univers est composé d’une palette qui va très progressivement du noir au blanc, en passant par de multiples tons de gris. Quand je dois prendre une décision, je mets du temps et je cherche de nombreux conseils. Je vois les pour et les contre de tout, et souvent ils se contrebalancent ! Dans certaines situations, c’est un avantage, dans d’autres c’est un boulet.

Un frère aîné avec qui j’ai partagé mon problème m’a mis sur la piste de la personnalité. « Tu es quelqu’un de cérébral » m’a-t-il suggéré, « ce n’est pas étonnant que ce soit à ce niveau que tu es attaqué. » Ayant eu une enfance protégée, je ne suis jamais tenté par la cigarette ou l’abus de l’alcool par exemple. J’ai même du mal à comprendre ceux qui le sont. Mais j’ai la faiblesse du doute, un compagnon indésirable dont il serait dangereux d’ignorer ou de nier la présence.

Nous qui sommes dans ce cas, nous devons veiller à ce que la triste description dressée par Jacques ne devienne pas notre réalité : « Celui qui doute est semblable au flot de la mer, que le vent agite et soulève. Qu’un tel homme ne pense pas qu’il recevra quelque chose du Seigneur : c’est un homme irrésolu, inconstant dans toutes ses voies. » [7]

Le doute et le diable

Un peu plus haut, j’ai employé le mot « attaqué ». Connaissant les Ecritures, nous ne pouvons ignorer que la ruse de prédilection de Satan est le doute. Les premières paroles qu’il prononce sont « Dieu a-t-il réellement dit ? » [8] Puis, dans le désert, il tentera de semer le doute chez Jésus : « si tu es le Fils de Dieu... » [9] Satan est confiant, pensant même pouvoir amener Jésus à remettre en doute son identité de Fils de Dieu. Pensez-vous qu’il se priverait de cette méthode contre des proies faciles comme vous et moi ?

Le doute et la mauvaise théologie

Souvent le doute naît en nous quand Dieu ne fait pas ce que nous pensons qu’il devrait faire. Dans un moment de louange au culte j’ai entendu la prière suivante : « Merci Seigneur de ce que tu nous protèges de tout accident. » L’assemblée, sans réfléchir je suppose, a rajouté le traditionnel « amen ». Mais je suis resté la bouche fermée. Que fera ce frère le jour où lui ou un proche auront un accident ? Il doutera soit de la bonté, soit de la puissance de Dieu. N’est-ce pas là un des thèmes de Job ? Dieu, souverain, se réserve le droit de permettre le malheur, sans note explicative. J’ai remarqué que mes doutes sont parfois liés à mes circonstances malheureuses. Cela pourrait être une période particulièrement infructueuse de mon ministère par exemple, un manque de réponse à ma prière ou une déception dans ma lutte avec le péché. Mais le plus souvent, c’est ma conception de Dieu qu’il faut revoir, pas Dieu lui-même.

Le doute comme refuge douteux

Pour certains, le doute est peut-être une façon de remettre à plus tard ou d’esquiver l’obéissance à Dieu. C’est plus facile de dire « je ne sais pas » que « je ne veux pas », surtout à Dieu. Ce n’est qu’illusion, car face à une proposition claire de Dieu, ne pas se positionner, c’est quand même dire non. C’est ce non silencieux contre lequel Elie s’est élevé. Sur le Mont Carmel, il a tout fait pour que le peuple ne reste pas dans l’ambivalence. « Jusqu’à quand clocherez-vous des deux côtés ? Si l’Eternel est Dieu, ralliez-vous à lui ; si c’est Baal, ralliez-vous à lui ! Le peuple ne lui répondit rien. » [10]

3. Pour gérer le doute

Avouer son doute

J’hésite à employer le terme « gérer ». Ne faudrait-il pas dire vaincre ? N’est-ce pas là un compromis ? Mais étant donné que le doute a parfois une fonction positive protectrice, et que par expérience je sais que le naturel revient toujours au galop, je garde le verbe gérer. N’en est-il pas de même de manière générale avec la tentation ? Luther, avec son verbe habituel, a comparé celle-ci à des oiseaux qu’on ne peut empêcher de voler au-dessus de nos têtes, mais qu’on doit empêcher de faire des nids dans nos cheveux.

La tentation n’est pas péché, puisque Jésus lui-même a été tenté. Des pensées de doute non plus, mais j’ai appris que je dois lutter activement pour les empêcher de faire leurs nids dans ma tête.

Nier, refouler n’est d’aucune utilité. J’ose m’avouer mes propres doutes, et j’ose exposer ma lutte à quelques personnes de confiance. Comme la peine, le doute diminue d’intensité quand on le partage avec les bonnes personnes. Elles portent ce fardeau avec moi, et veillent sur moi. J’ai souvent senti dans leurs bras, les bras même de Dieu.

S’instruire

Faut-il lutter intellectuellement contre le doute ? Blaise Pascal a dit qu’il y a deux excès à éviter : exclure la raison, et n’admettre que la raison. Dans cet équilibre délicat, je demande à Dieu de m’aider à discerner entre les doutes que je dois explorer honnêtement, et ceux que je dois rejeter immédiatement comme nuisibles. Il me semble que l’Esprit-Saint et l’expérience équipent pour détecter l’odeur de souffre qui accompagne souvent le doute.

Mais être chrétien n’est pas un suicide intellectuel, et j’ai été beaucoup aidé par des livres apologétiques d’auteurs tels que C. S. Lewis et Francis Schaeffer. Dieu a donné ces hommes et d’autres à l’Eglise pour aider des croyants dans le doute.

Fuir

Ceci étant dit, la réponse au doute est plus globale que de lire de bons livres. L’intellect n’est qu’un composant du problème. Si au début, je me croyais obligé d’explorer toute pensée de doute pour trouver des réponses, plus tard j’ai appris aussi que je devais douter de mes doutes. Par cela j’entends couper court à ces pensées-là, savoir dire « arrière de moi Satan ! » Ceci m’a évité bien des méandres dans des lieux peu sûrs de mon raisonnement.

Persévérer

La foi est un muscle qui se développe quand il est utilisé. Ceci est d’autant plus vrai puisque notre foi est placée en un Dieu qui se montre entièrement digne de confiance. A travers plus de vingt ans de mariage j’ai une confiance sans faille en ma femme. Jamais je ne prêterais crédit à des bruits l’accusant d’une quelconque infidélité. Ma foi dans le Seigneur grandit aussi. Si un dicton populaire dit « dans le doute, abstiens-toi », je me dis aussi, « dans le doute, obstine-toi. »

Prier

Dans le Notre Père, nous prions « ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre-nous du mal. » Je rends cette prière plus spécifique en l’appliquant quasi quotidiennement aux points où je sais que je suis faible. Seigneur, je suis un homme de peu de foi, garde-moi dans mon intelligence, garde-moi des doutes. J’emprunte aussi des prières bibliques : « Je cherche ta face ô Eternel, ne me cache pas ta face ! » [11] Mais celle qui me convient le mieux est « Je crois, viens au secours de mon incrédulité ! » [12]

P.-S.

à paraitre dans le Forum de Genève, journal de réflexion de l’Institut Biblique de Genève.

Information et abonnements : Institut Biblique de Genève 22 route de la Capite 1223 Cologny, Suisse
info ibg.cc

Notes

[1MORIN Edgar, sociologue français, directeur de recherches émérite au CNRS., « Les sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur » 1999, ONU, Paris.

[2Jésus lui rend ce compliment au moment même où Jean lui fait part de ses doutes : Luc 7.18-28

[3REEVES Keith H. « Ils adorèrent, et ils eurent des doutes » dans Cahiers de Traduction Biblique N° 32 - 1999 pages 3-9

[4BUNYAN John, « Voyage du Pèlerin » Editions CLC, p. 168

[5Le doute, article de Raymond-Robert Tremblay, du Cégep du Vieux Montréal

[6Doubt as a disorder http://www.healthyplace.com/Communi...

[7Jacques 1.6-7

[8Genèse 3.1

[9Luc 4.3-9

[101 Rois 18.21

[11Psaume 27.9

[12Marc 9.24

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