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Dépression, discipline de vie, thérapie, vie spirituelle : Témoignage personnel et conseils pratiques

Psychothérapie et vie spirituelle, la culpabilité, le chrétien et la dépression, confiance en soi et confiance en Dieu, relaxation et vie chrétienne, retraite spirituelle, discipline spirituelle

Traverser la vallée de l’ombre (article 9/12)

dimanche 1er mai 2005, par Jean-Louis Théron


Psychothérapie(s) et vie spirituelle

La question du péché

Les écoles psychologiques modernes nient ou minimisent la question du péché comme facteur de culpabilité.
Mais d’abord, qu’est-ce que le péché ? Est-ce encore une notion moyenâgeuse (décidément !) ?
Le terme que la Bible emploie pour « péché » signifie « manquer la cible ». C’est exactement le sens qu’il faut retenir : celui d’une vie qui manque son but, parce qu’elle est vécue en exerçant sa propre volonté indépendamment de celle de Dieu. Les fautes qu’on appelle ordinairement « péchés » n’en sont que des conséquences.
La conscience des fautes commises a un rôle bien souvent plus important que ce qu’enseignent les théories psychologiques et les praticiens qui se fondent sur ces théories. Bien sûr, la conscience peut parfois être trop aiguisée pour des raisons maladives (cas des scrupules excessifs), mais il ne faut jamais sous-estimer le rôle de la conscience.
Comment donc être « en paix avec sa conscience » ? Je n’aime pas beaucoup cette expression, car elle est trop relative à un référentiel propre à la conscience de chacun, ce qui sous-entend que l’essentiel est d’être en accord avec ses propres valeurs. Au risque de faire frémir, je crois que les nazis étaient en accord avec leurs propres valeurs...
Je crois au contraire que la conscience est le reflet imparfait, rendu plus net ou plus flou selon l’éducation reçue, d’une notion du bien et du mal qui transcende les individus parce qu’elle provient du Dieu transcendant qui les a créés.
Devenir chrétien, c’est développer une conscience plus vive de ses fautes. C’est surtout savoir - et accepter - que le Christ ait payé sur la Croix pour qu’elles soient pardonnées (Romains 4:25). C’est pouvoir revenir constamment à Lui, par la prière, pour être lavé des fautes récemment commises. Celui qui enseignait de pardonner jusqu’à 490 fois la même personne (Matthieu 18:21-22) nous pardonnera toujours !
Il ne sert à rien de vouloir fuir sa conscience. Rappelons-nous la chute du célèbre poème de Victor Hugo : « L’œil était dans la tombe et regardait Caïn ». Mieux vaut tout de suite chercher à régler cette question sur le fond... et à fond ! Notre expérience quotidienne nous montre que la nature humaine nous pousse à commettre des fautes. Si nous commençons à désespérer, c’est bon signe ! C’est que nous sommes prêts à recevoir le pardon que nous ne méritons pas. La « grâce », c’est précisément cela : un cadeau immérité...

La question de la culpabilité

Se sentir coupable ne signifie pas nécessairement l’être réellement.
Le Dr Quentin Hyder, dans [1], p. 114, indique qu’il « faut bien faire la différence entre le sentiment de culpabilité que rien ne justifie, et la culpabilité véritable ».
Selon lui, « psychiatres et psychanalystes n’admettent pas l’existence d’une vraie culpabilité ». Ce qui amène à la théorie suivante en matière de psychothérapie : « une fois que le malade a compris pourquoi il se sentait coupable, il accepte que les faits aient lieu dans un passé auquel il ne peut plus rien changer. Par conséquent, il n’a plus à être tracassé. Les conflits - évidents ou refoulés - sont amenés dans le champ de la conscience, dans l’espoir que le malade puisse les considérer avec sérénité ».

Hélas ! Cette théorie n’est pas efficace dans la pratique. Comme l’indique ensuite le Dr Quentin Hyder : « seul le pardon procure la paix. Être pardonné par la personne à qui l’on a fait du tort, c’est déjà un grand soulagement. Mais être pardonné par Dieu, cela seul peut ôter complètement les sentiments de culpabilité ».
Le pardon ne s’obtient pas en accomplissant de bonnes œuvres. Il ne peut venir que d’une relation rétablie entre deux êtres qui s’aiment. Seul le pardon de Dieu peut procurer la paix intérieure.

En effet, Dieu a payé le prix fort pour que nous puissions être pardonnés (1 Corinthiens 6:20, 7:23). Dieu nous aime inconditionnellement, ce qui n’est vrai d’aucun autre être vivant à notre égard, même de ceux qui nous aiment le plus et qui nous sont le plus attachés. La démarche par laquelle le chrétien confesse ses péchés à Dieu (et aux autres, s’il a offensé d’autres personnes) devrait donc être naturelle... Les générations qui nous ont précédé, et qui connaissaient la pratique de la pénitence et de la confession, usaient de ce privilège libérateur. Même si les conditions d’exercice de la pénitence et de la confession ne correspondaient pas toujours, loin s’en faut, à l’enseignement biblique, la démarche en elle-même était bonne et saine. Puissions-nous en retrouver l’esprit, afin de ne pas nous priver « bêtement » de l’intimité avec Dieu pendant des périodes prolongées !

Un chrétien peut-il être dépressif ?

Moïse cherche des excuses devant Dieu, qui lui donne de la force malgré sa faiblesse naturelle (Exode 4:10-12). Lorsque le peuple murmure, Moïse se décourage à nouveau (Nombres 11:11-15) en accusant Dieu, en se déclarant non responsable, en demandant la mort.

David était de tempérament soucieux, mais se confiait en Dieu (Psaume 9:10-11, 13:3, 25:15-18, 31:6-11).

L’apôtre Paul confie ses faiblesses dans des lettres publiques aux églises (1 Corinthiens 2:1-5, 2 Corinthiens 12:7-10), en reconnaissant que Dieu l’utilise dans sa faiblesse même.

Si des hommes de foi aussi éminents (et l’on pourrait citer également le prophète Élie) ont été sujets à la dépression, pourquoi donc ne serait-ce pas possible pour tout chrétien ?
C’est assez communément un sujet tabou dans les milieux chrétiens : on n’en parle pas, parce que ce serait faire l’aveu d’une faiblesse personnelle, voire d’un échec en matière de foi. Au delà de la foi individuelle, c’est le contenu même de la foi qui semble menacé : quelle serait la crédibilité d’une foi qui ne permettrait même pas d’éviter la dépression ?
La vérité est qu’une foi vivante en Dieu permet au contraire de mieux traverser l’épisode douloureux de la dépression. Car nulle part dans la Bible il n’est écrit que le chrétien doive être miraculeusement protégé de toutes les épreuves qui sont le lot commun des hommes, et dont la dépression fait partie.

La question des moyens thérapeutiques

Partant de là, l’étape suivante concerne les moyens thérapeutiques : un chrétien peut-il (doit-il) prendre des médicaments ? Doit-il (peut-il) consulter un psychothérapeute ? Si oui, celui-ci doit-il obligatoirement être chrétien lui-même ?

Pour ce qui est des médicaments, je résume ici ce que j’ai déjà indiqué plus haut : je ne pense pas que les médicaments soient un substitut illégitime à la foi, dans la mesure où ils sont utilisés ponctuellement, de manière raisonnée et non comme une fuite devant nos propres responsabilités. Il est vrai que, dans la Bible, nous voyons que le roi Asa pèche en ne consultant pas l’Éternel, mais les médecins (2 Chr. 16:12). Mais ce n’est pas la prise de médicaments qui est un manque de foi en elle-même ; sinon, l’apôtre Paul n’aurait pas recommandé à son disciple Timothée de boire un peu de vin à titre thérapeutique (1 Timothée 5:23). Et Dieu n’aurait pas confié l’une des quatre biographies de son Fils à... Luc le médecin !

Pour ce qui est des psychothérapies, on peut, comme pour beaucoup de choses, en dire le meilleur et le pire. Le pire est le cas où le « psy » pratique une méthode inefficace, plus complexe que la maladie elle-même, ou douteuse quant à ses fondements ou ses pratiques (lien avec l’occultisme). Le meilleur est le cas où le « psy » aide au contraire le malade à prendre du recul par rapport à ses raisonnements, à ses attitudes et habitudes de vie, afin de pouvoir plus efficacement les réformer.
Le cas idéal est bien sûr celui où ce « psy » partage les mêmes convictions morales et spirituelles que son patient, ce qui permet à ce dernier de se sentir pleinement compris dans ses choix et scrupules les plus intimes, par exemple en matière de culpabilité, de tendance au légalisme religieux, etc. Ceci dit, le nombre de psychothérapeutes chrétiens, et leur répartition géographique forcément inégale, ne permettent pas toujours d’en trouver un près de chez soi. D’autre part, certains « psy » non chrétiens savent respecter les convictions de leurs patients, en les utilisant pour la bonne cause plutôt que de les combattre, même s’ils ne les partagent pas complètement eux-mêmes.

Le recours à un psychothérapeute n’est pas une alternative à l’aide que peut apporter un conseiller chrétien  : pasteur, conseiller en relation d’aide, responsable d’église formé à la relation d’aide, etc. Cette aide peut s’exercer par des entretiens individuels, ou dans le cadre de week-ends, de séjours, de stages, de retraites. Je suis convaincu que les praticiens de la santé et les responsables chrétiens doivent mieux travailler ensemble ; nous aborderons ce sujet plus en détail dans le chapitre « Être un écoutant ».

Confiance en soi ? Confiance en Dieu ?

Une question commune à l’ensemble des moyens de soin et de guérison est celle de la confiance en soi  : faut-il restaurer la confiance en soi, alors qu’un chrétien se définit comme quelqu’un qui place avant tout sa confiance en Dieu ?
Je pense que, sur ce point, les mots prêtent à confusion. En effet, la confiance en soi qui est orgueil, présomption, suffisance est bien sûr opposée à la foi (et à l’humilité la plus élémentaire), et il n’est pas question de la développer.
Nous pouvons à tort nous glorifier de la moindre parcelle de force ou d’intelligence, jusqu’à ce que nous viennent les questions de l’apôtre Paul aux Corinthiens : « Qu’as-tu qui ne t’ait été donné ? Et puisqu’on t’a tout donné, pourquoi t’en vanter comme si tu ne l’avais pas reçu ? » (1 Corinthiens 4:7).
Par contre, l’homme a besoin d’une dose suffisante de bonne confiance en soi pour accomplir les gestes quotidiens, et utiliser l’ensemble des capacités que Dieu lui a données. Je l’ai réalisé douloureusement dans les périodes les plus aiguës de ma dépression, lorsque je ne me sentais pas capable d’effectuer même des gestes simples. Tout en plaçant ma confiance en Dieu, l’absence de ce minimum de confiance en soi était plus paralysant qu’autre chose, et il me fallait finalement une dépense énorme d’énergie pour la vie quotidienne, énergie que j’aurais préféré investir ailleurs !

Méthodes de relaxation et vie chrétienne

J’ai mentionné plus haut le danger que pouvaient présenter les philosophies ou orientations religieuses sous-jacentes à certaines méthodes de relaxation. Il ne serait pas juste d’en rester là, privant de ce fait les chrétiens de moyens naturels et bienfaisants de trouver le repos physique et nerveux.

C’est pourquoi je recommande ce que j’appelle «  la méthode 3RE (REspiration et RElaxation REcapitulative)  », qui agit sur les trois domaines de la personne mentionnés (déjà) dans la Bible par l’apôtre Paul (1 Thessaloniciens 5:23) :

- le corps : respiration profonde,

- l’âme : relaxation obtenue par l’apaisement mental,

- l’esprit : « récapitulation », c’est-à-dire à la fois REconstitution et REmise en cohérence, mais aussi acte de se REplacer dans l’allégeance à un chef.

Il est en effet connu que le réflexe de relaxation s’appuie sur la conjugaison de 4 facteurs : un environnement calme, une position confortable, un « mécanisme mental » et une attitude passive.
Ce qui peut à juste titre gêner le chrétien, c’est la pratique d’un mécanisme mental avec lequel il n’est pas à l’aise et qui, joint à l’attitude passive nécessaire, pourrait ouvrir son esprit à des influences spirituelles néfastes.

Le mécanisme mental proposé est complété par la capitulation. En effet, nous sommes souvent trop tendus parce que nous voulons tout contrôler. Nous avons besoin, régulièrement dans la journée et impérativement le soir, de retrouver notre confiance enfantine en Dieu. Il nous faut capituler.
Capituler, c’est se soumettre à la tête, au chef. Le Chef du chrétien, c’est Jésus-Christ dont il porte le nom. Jésus-Christ, qui est entré dans le plan de Dieu consistant à « ramener toutes choses sous un seul Chef, le Christ » (Éphésiens 1:10, traduction de la Bible de Jérusalem), littéralement les « ré-capituler ».
Pour se décharger de tous ses soucis (1 Pierre 5:7), il faut d’abord être soumis à Dieu, en reconnaissant combien nous sommes petits et combien Il est grand (1 Pierre 5:6), puis en nous gardant de l’adversaire spirituel (1 Pierre 5:8).
Capituler, c’est abandonner, lâcher prise, se soumettre complètement. Et trouver le repos et le sommeil dans cet abandon bienfaisant. Conjuguer ainsi les mécanismes naturels, dont Dieu nous a pourvus, avec une discipline mentale qui soit aussi l’occasion d’une élévation spirituelle.

Retraite spirituelle

En mentionnant plus haut l’occasion que nous donnent les retraites, je voudrais recommander cette pratique, qui consiste à savoir périodiquement se « mettre à part » pour méditer sur l’essentiel, et pouvoir ainsi aller de l’avant sans s’épuiser.
Jésus lui-même, le Fils de Dieu, se ménageait des occasions régulières pour la prière. Il y associait (et enseignait) le jeûne. Dans notre époque hédoniste, ces pratiques religieuses sont tombées en désuétude, et nous les encourageons bien rarement.
Prier et jeûner n’ont pas de vertu magique. L’acte en lui-même ne nous rapproche pas de Dieu. C’est lorsque nous nous mettons sincèrement et complètement à l’écoute de Dieu qu’Il nous écoute et nous répond (Psaume 78:1, Jacques 1:19, 1 Jean 5:14).

Sur le thème du pardon, voir [2].
Pour approfondir l’ensemble du thème de la dépression, dans une perspective chrétienne, voir [3].
Pour plus de précision sur le thème de la culpabilité, voir [4].

Discipline spirituelle

Le mot « discipline » dérive du mot « disciple ».
Les conseils ci-dessous supposent que vous ayiez accepté que Jésus-Christ soit mort sur la Croix pour vous, et que vous viviez une vie nouvelle sur la base de la foi dans le message de la Bible.
Si ce message est nouveau pour vous, reportez-vous à l’annexe traitant de ce sujet. Recherchez également l’aide d’un conseiller chrétien apte à vous guider dans votre lecture de la Bible, et qui priera avec vous et pour vous.
Un premier principe de discipline spirituelle est celui du pardon. Il est primordial de se « mettre en règle avec Dieu ». Tout le reste en dépend. Si vous avez péché, confessez-le à Dieu, en lui demandant son aide pour ne pas recommencer. Si ce péché est connu d’une autre personne, l’affecte, ou affecte votre relation avec elle, allez régler cela avec cette personne, en lui demandant pardon.
Tous les péchés sont graves aux yeux de Dieu, mais il reçoit aussi avec bienveillance tous ceux qui lui demandent sincèrement pardon.
Confesser et abandonner son péché (Proverbes 28:13), c’est aussi ne pas donner prise à l’adversaire (2 Corinthiens 10:11, Jacques 5:13-16, 1 Pierre 5:8-9).
Dans ce domaine, des attitudes extrêmes ont été - et sont encore - adoptées dans les milieux chrétiens :

Exagérer l’importance de la question du péché, non pas pour ce qui est du besoin d’être pardonné (besoin qui ne peut être exagéré !), mais par une dérive qui consiste à voir le péché partout, et à vivre tellement sur ses gardes que la seule façon d’être tranquille sur ce point soit de devenir légaliste, ce qui est... un péché !

Minimiser la question du péché, en la reléguant au rang des théologies du passé, et en expliquant les phénomènes psychologiques seulement selon les doctrines en vogue dans les sciences sociales. Ceci n’est pas conforme à la vérité enseignée par la Bible, et, de surcroît, ne permet pas de dénouer certaines situations qui nécessitent une capitulation claire où l’on reconnaît sa faute.
Sachons rester équilibrés dans ce domaine : la Parole de Dieu, notre conscience, et le bon sens dans la vie quotidienne nous permettront de vivre chaque jour avec Dieu, en lui confessant nos péchés réels : tous ceux-ci, mais seulement ceux-ci !.

Un des péchés les plus courants est celui de l’orgueil  : se croire capable de quelque chose par ses propres forces, se croire supérieur aux autres. Nous avons à apprendre la dépendance de Dieu, et ce sera parfois à travers des événements où Il nous aura momentanément - et très pédagogiquement ! - abandonnés (Psaume 30:7-13).
Reconnaissons donc notre faiblesse , dans laquelle Dieu nous donnera sa force  : « C’est lorsque je suis faible que je suis réellement fort » (2 Corinthiens 12:10).
Il ne faudrait toutefois pas passer trop de temps dans une introspection qui deviendrait vite malsaine. Rappelez-vous les promesses de Dieu pour vous aider dans votre marche.

Souvenez-vous que vous vivez ce qu’ont connu de nombreux croyants et même des chefs spirituels remarquables (Moïse, Élie, David, Paul...). La Bible nous relate leurs moments de faiblesse, mais aussi le secours qu’ils ont reçu de Dieu.
Rappelez-vous que votre identité est indépendante de ce que vous accomplissez. Vous n’êtes pas ce que vous faites. Vous n’êtes pas ce que les autres pensent de vous. Si vous avez confié votre vie à Jésus-Christ comme votre Sauveur et Seigneur, vous êtes un enfant de Dieu, un fils adoptif de sa famille.

Une autre règle de discipline spirituelle est d’identifier, dénoncer et refuser les mensonges de l’adversaire. Parfois, certains enchaînements de pensées sont pernicieux parce qu’ils minent la certitude de notre identité et de notre valeur (au moins à nos propres yeux). Ou bien ils remettent en cause une partie de l’efficacité et de la suffisance de l’œuvre de Dieu envers nous à la Croix. Ce sont des critères qui nous permettent d’identifier à temps ces pensées comme étant des mensonges.
Les quatre piliers de l’église du premier siècle (Actes 2:42) sont très utiles pour établir de manière solide une vie équilibrée :

- Écouter assidûment l’enseignement des apôtres : un chrétien se nourrit de la Parole de Dieu, comme une fiancée se « nourrit » en lisant et relisant les lettres de son « bien-aimé » ;

- Vivre en communion les uns avec les autres : l’homme est un animal grégaire ; il n’est pas fait pour vivre seul ;

-  Rompre le pain  : participer régulièrement à la commémoration du sacrifice de Jésus-Christ, pour ne jamais mettre au second plan l’importance et le rôle de cette mort et de cette résurrection dans notre vie personnelle ;

-  Prier ensemble : la prière a plus de force lorsqu’on est plusieurs, c’est Jésus lui-même qui l’a dit (Matthieu 18:20).

Sur le plan pratique, je recommande une règle facile à mémoriser pour la lecture : lire chaque jour au moins 5 Psaumes (pour « parler à Dieu ») et 1 chapitre des Proverbes (pour « écouter Dieu »). Ces textes accessibles sont faciles à lire en période de dépression : j’en faisais moi-même ma nourriture quotidienne dans les périodes les plus sombres.
Pour chaque jour du mois, lire le chapitre correspondant dans les Proverbes, et les cinq psaumes se terminant par le numéro du jour multiplié par 5 (et lire le Psaume 119 le 31).
Exemples :

- Le 1 du mois, je lis Psaumes 1 à 5, et Proverbes 1,

- Le 8 du mois, je lis Psaumes 36 à 40, et Proverbes 8,

- Le 24 du mois, je lis Psaume 116 à 120 (sauf le 119), et Proverbes 24,

- Le 30 du mois, je lis Psaumes 146 à 150, et Proverbes 30,

- Le 31 du mois, je lis Psaume 119 et Proverbes 31.

Il m’a également été utile, pendant mes périodes de dépression, de lire la 2e lettre de Paul aux Corinthiens. On y voit en effet combien d’épreuves a traversé l’apôtre Paul, cet homme qu’on se représente souvent comme un roc indestructible, mais qui se présente en fait avec tant de sensibilité, et nous montre surtout tant d’humble dépendance envers Dieu. Beau témoignage de la part d’un grand érudit de son temps...

Pour ce qui concerne le sommeil (qui ne vient pas toujours aussi facilement qu’on le voudrait), j’ai trouvé utile de m’endormir en méditant sur la souveraineté de Dieu : me pénétrer de l’idée que Dieu est au-dessus de tous les événements, de toutes les circonstances, de toutes les autorités visibles et invisibles. Lâcher prise. Admettre que je ne peux tout contrôler. Faire confiance au Seigneur.

Pour plus d’informations sur le traitement spirituel de la dépression, voir en particulier [5], [6], [7], [8], [9].
Pour le thème particulier du « piège de la performance », qui guette les caractères perfectionnistes, voir [10].
Pour un commentaire de la 2e lettre de Paul aux Corinthiens, voir [11].

Vivre près de Dieu

Nous arrivons maintenant à la quintessence d’une vie équilibrée, développée harmonieusement dans les différents domaines.

Comme un enfant a besoin d’une communication régulière avec son père pour s’épanouir, l’enfant adopté de Dieu a besoin d’une communion régulière avec son Père pour être pleinement équilibré et heureux.
La recherche de l’harmonie est trop souvent déçue par les limites de la nature humaine, ou confisquée par les marchands d’espérance des sectes.

Toutes les disciplines que nous avons vues, et d’autres encore, n’auront qu’une portée limitée, et elles ne doivent pas nourrir nos illusions. La vie comportera toujours des épreuves - c’est le lot de l’humanité sur cette planète. Loin de s’y résigner, le chrétien sait qu’il peut regarder plus haut, pour son avenir mais aussi pour son présent.
La vie éternelle, dont parle la Bible, n’est pas seulement une espérance pour le futur. Elle commence dès maintenant, même si tous les aspects n’en sont pas encore développés.
Dès maintenant, le chrétien vit cette relation avec son Père, Celui qui l’a créé. Dieu la souhaite toujours, mais c’est à nous qu’il appartient de l’entretenir. Parce que c’est notre bonheur, notre vocation, notre plus cher trésor.
L’ancrage le plus solide dans une vie qui a du sens, c’est cette relation filiale. Dans la dépression, c’est ce qui permet de s’accrocher aux vraies valeurs. Le monde qui nous entoure nous propose en effet des joies nombreuses... pourvu que nous soyons jeunes, riches et en bonne santé ! Dieu aime aussi les faibles, c’est-à-dire ceux qui reconnaissent qu’ils le sont, parce qu’ils partagent la condition humaine.

« La vie est trop courte pour s’habiller triste » proclamait un slogan publicitaire des années 80. En parodiant cette formule, on pourrait dire que la vie est trop courte pour en rater le but. Ne serait-elle qu’une (courte) parenthèse entre une naissance venant du néant et une mort menant au néant ?
Quel objectif est plus important que celui de savoir pourquoi nous vivons, et de trouver un sens certain à notre vie ?

La dépression, comme toutes les épreuves de la vie, permet de s’interroger sur les vraies valeurs. Dans ce siècle à la fois instantané et éphémère, elle pose les vraies questions, celles que le tourbillon de la vie reporte toujours à plus tard. Elle permet de replonger ses racines plus profondément, comme si nous étions un arbre menacé par la sécheresse.

"Comme un cerf qui soupire après l’eau des ruisseaux,
De même je soupire après toi, ô mon Dieu.
J’ai soif de Dieu, du Dieu vivant !"

(Psaume 42:2-3)

Pour approfondir le thème de la communion personnelle et régulière avec Dieu, voir [12], [13], [14], [15].

Notes

[1<Hyde71>HYDER Quentin Dr, « Notre santé mentale - Point de vue chrétien sur la psychiatrie », 190 pages, Éd. LLB, 1980 (en français)

[2<Hatz80>HATZAKORTZIAN Samuel et Dorothée, « Le pardon, une puissance qui libère », 93 pages, Éd. Compassion, 1980

[3<MiMe78>MINIRTH Franck & MEIER Paul, « La dépression, comprendre et aider », 163 pages, Éd. Empreinte Temps Présent - Collection Psychologie, 1994 (en français)

[4<Tourn85>TOURNIER Paul Dr, « Vraie ou fausse culpabilité », 236 pages, Éd. Delachaux & Niestlé, 1985

[5<Adou75>ADOUL André, « Échec à la dépression », 139 pages, Éd. LLB, 1975

[6<Klop93>KLOPFENSTEIN Christian Dr, « Angoisse et foi », 458 pages, Éd. Réalités de la foi, 1993

[7<LaHa74>LAHAYE Timothy, « Comment vaincre la dépression », 224 pages, Éd. LLB, 1975 (en français)

[8<LlJo65>LLOYD-Jones Martyn Dr , « La dépression spirituelle - Ses causes et ses remèdes », 204 pages, Éd. Europresse, 1994 (en français)

[9<MiMe78>

[10<Seam96>SEAMANDS David A., « Délivré du piège de la performance », 209 pages, Éd. Brunnen Verlag - Collection Équilibre, 1996

[11BRYANT Henry, « Commentaire biblique II Corinthiens », 230 pages, Éd. CLÉ, 1990

[12ADOUL André, « Sa présence », 156 pages, Éd. LLB, 1990

[13EYRE Stephen D., « Drawing close to God - The Essentials of a Dynamic Quiet Time », 120 pages, Éd. InterVarsity Press, 1995

[14TOZER A.W., « The pursuit of God », 128 pages, Éd. Christian Publications, 1968

[15WILSON Sandra, « Dans les bras du Père - À la découverte de l’amour inconditionnel », 208 pages, Éd. Farel, 2000 (en français)

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