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Dépression, discipline de vie, thérapie, vie spirituelle : Témoignage personnel et conseils pratiques

Médicaments, psychothérapies, discipline mentale

Traverser la vallée de l’ombre (article 4/12)

samedi 1er janvier 2005, par Jean-Louis Théron


Les médicaments psychotropes

Ils sont ainsi nommés parce qu’ils influencent le fonctionnement du cerveau, et donc de l’esprit.
Ce sont les anti-dépresseurs, les anxiolytiques, les hypnotiques et les neuroleptiques.
Ils sont conçus pour rétablir progressivement un fonctionnement normal du cerveau, en procurant les substances manquantes, ou en aidant les mécanismes naturels de production de ces substances.
Dans quel cas en prendre ? C’est bien entendu au médecin de le déterminer. En effet, le médicament qui convient à une personne donnée dans une situation donnée peut produire les effets inverses sur une autre personne, ou sur la même personne dans une autre situation de vie.
Un chrétien manque-t-il de foi quand il prend ce type de médicaments ? La foi ne doit-elle pas être suffisante pour vaincre les difficultés ?
J’ai expérimenté des situations dépressives où, même en mettant en œuvre ma foi, en ayant pris du temps avec Dieu pour lire sa Parole, pour reconnaître mes fautes et régler tout ce qui pouvait l’être, même la prière répétée ne faisait pas effet ! J’étais dans un état de fébrilité telle que ces réalités atteignaient certes mon intelligence, mais ne se traduisaient pas au niveau de mon organisme. J’avais beau me pénétrer de l’idée de me « décharger de tous mes soucis », j’avais beau « m’abandonner à la souveraineté de Dieu » en m’efforçant de lui faire totalement confiance, les symptômes physiques reprenaient le dessus.
À ce point, la dépression est une maladie. Il faut donc la soigner, et les médicaments sont faits pour cela.
On peut se dire qu’il s’agit d’une solution artificielle, et que Dieu pourrait (devrait ?) nous guérir directement, par une intervention plus miraculeuse.
On peut à l’inverse considérer la prise temporaire d’un médicament comme étant le remède à une situation de stress parfois elle-même artificielle, car due au mode de vie actuel. Le médicament est alors vu comme un moyen de guérison complétant l’exercice de la foi. Il ne remplace pas la foi, mais favorise son exercice en procurant une accalmie qui permet d’envisager à nouveau les choses plus sereinement.
L’enseignement de la Bible ne s’oppose d’ailleurs pas à l’usage normal de la médecine, surtout lorsqu’on réalise que l’évangéliste Luc - l’un des quatre « biographes officiels » de Jésus - était lui-même médecin, et même appelé par l’apôtre Paul « le médecin bien-aimé » (Colossiens 4:14).
D’un autre côté, il existe certaines situations thérapeutiques où le patient, le médecin, le pharmacien et le laboratoire pharmaceutique coopèrent de manière malsaine : c’est lorsqu’ils prolongent une prise en charge médicamenteuse alors qu’il faudrait regarder la réalité en face et se soigner autrement. Dans ce cas, il est évident que le patient, et le contribuable qui finance le système, s’en porteraient mieux.
Le problème est en effet qu’il semble que ces médicaments induisent une dépendance avec le temps. Je dis « il semble », parce que j’ai lu et entendu des avis divergents sur le sujet. Ce qui est certain, c’est que le sevrage est d’autant plus difficile que l’habitude de prise de médicament a été répétée pendant longtemps.

Sur le plan pratique :

  • Demander conseil au médecin. Certains généralistes peuvent traiter une dépression, mais je pense qu’il faut passer à un spécialiste si la situation ne s’arrange pas avec le premier traitement… tout en ayant adopté une meilleure hygiène de vie.
  • Être patient pour trouver le médicament approprié, et comprendre que même les bons médecins ne peuvent pas toujours le trouver du premier coup, car chaque personne réagit différemment aux substances contenues dans les médicaments. Sans parler de l’influence du moment de la journée (chronobiologie)…
  • Fixer avec le médecin un terme au traitement, afin d’avoir un objectif précis, mais aussi afin de s’obliger à reconsidérer la situation en cherchant à éviter la possibilité de dépendance.
  • Savoir que tout médicament induit des effets secondaires, qui sont souvent d’autant plus perceptibles que le médicament est efficace. Malgré tout, ces effets sont en général moins désagréables qu’une dépression non soignée.
  • Savoir également que ces médicaments ont une période de latence de une à trois semaines, pendant lesquelles ils ne font pas encore (complètement) effet.
    NOTA : La recherche médicale nous promet pour « bientôt » une période de latence réduite, à l’aide de substances agissant plus directement et plus efficacement sur les causes du déséquilibre chimique du cerveau. Patience donc…

Pour plus de détails sur ces médicaments, voir [1].

Les psychothérapies

Pour traiter les causes profondes, sans se limiter à prendre des médicaments, il peut être nécessaire de recourir à une psychothérapie.
Il en existe trois catégories :

L’approche psychanalytique, qui est dérivée de la théorie freudienne, considère tout trouble comme la conséquence de conflits intra-psychiques remontant à la petite enfance, et dont la signification doit être révélée. Il faut pour cela explorer l’inconscient (souvenir de ces conflits), par une exploration et une compréhension des mécanismes inconscients. La cure psychanalytique comprend une nécessaire phase de transfert impliquant l’analyste (le thérapeute). La cure permet de ramener à la conscience les situations conflictuelles de l’enfance et les résistances intérieures, ce qui se fait sur une durée prolongée.

L’approche comportementale, qui se base sur les lois de l’apprentissage et considère que tout comportement (public ou privé) peut s’apprendre et se « désapprendre ». La thérapie permet de traiter les phobies, les troubles anxieux, les troubles obsessionnels compulsifs (TOC). On cherche comment le symptôme est apparu, on en évalue l’intensité, puis on élabore le programme de traitement. Le thérapeute suit la progression au moyen des différentes procédures retenues : entretiens structurés, auto-observation, relaxation, jeux de rôle, exercices à domicile, feed-back réciproque. Cette thérapie est limitée dans le temps.

L’approche cognitive, qui reprend les méthodes de la thérapie comportementale (on parle aussi de thérapie «  cognitivo-comportementale  »). Elle est basée sur l’étude des activités mentales (perception, mémoire, raisonnement, langage, action, réaction), et y intègre les processus émotionnels et affectifs. En effet, elle prend acte du fait que les pensées et les sentiments déterminent le comportement et les conduites. Son fondateur, A.T. Beck, alors psychanalyste, a ainsi énoncé le principe de base appliqué à la dépression : « La personne déprimée pense à elle-même, à son environnement, à son avenir en des termes particulièrement négatifs ».

Parmi ces trois approches, il n’est bien sûr pas possible de déterminer « laquelle est la meilleure », et ceci parce que l’une ou l’autre sera mieux adaptée à une situation donnée.
En fait, il ne s’agit pas de savoirs statiques, mais de méthodes en recherche et en adaptation permanentes : les thérapeutes de chaque école complètent leurs connaissances et leurs modes d’action au fil de leur pratique professionnelle.

J’emploie le mot « professionnel » pour bien distinguer ces méthodes psychothérapeutiques des escroqueries (il n’y a pas d’autre mot) que proposent de trop nombreux charlatans, ainsi que certaines sectes.
Quelles sont les précautions que doit prendre un chrétien dans le choix d’un psychothérapeute ? Voici quelques éléments de réponse :
La personne dépressive doit avoir une confiance sans réserve, sans aveuglement non plus, mais en se sentant suffisamment à l’aise avec son psychothérapeute ;
Elle doit se sentir à l’aise dans les locaux où ont lieu les consultations, car certains choix de décoration et d’ambiance des locaux peuvent dénoter une forte charge philosophico-religieuse propre au thérapeute ;
Si la personne a des problèmes sexuels liés à sa dépression, il est sage qu’elle choisisse un psychothérapeute de même sexe et sans ambiguïté dans son comportement, afin de faciliter des échanges en toute franchise, sans risque de dérive par une implication excessive du patient… ou du thérapeute ;
Si la méthode exposée par le thérapeute semble confuse et surtout si cette méthode comporte des techniques irrationnelles (usage du pendule par exemple), la poursuite des consultations avec ce thérapeute est à déconseiller formellement.
Je pense qu’il est utile, dès le premier entretien, d’être franc en exposant ses propres convictions philosophico-religieuses, et de s’assurer que le psychothérapeute les respecte d’emblée.

Un dernier point de ce chapitre concerne l’ auto-thérapie  : quand peut-on la pratiquer ? Peut-elle se substituer à la relation avec un thérapeute ?
Il me semble qu’un auto-traitement n’a de chances de succès que si les conditions suivantes sont réunies :

  • L’auto-traitement est envisageable lorsque l’état dépressif est relativement passager et « pas trop profond » (pas de nécessité de doses fortes de médicaments pour atténuer les symptômes dépressifs) ;
  • L’auto-traitement nécessite que la personne dépressive soit décidée à se prendre en main, prête à être lucide sur elle-même par auto-observation, et de caractère suffisamment volontaire pour mener seule la démarche à son terme.

Si ces conditions ne sont pas réunies, il est illusoire d’espérer se soigner seul, et il FAUT voir un psychothérapeute pour obtenir des résultats à long terme. C’est en particulier le cas si on a déjà rechuté à plusieurs reprises.
Un chrétien ne doit pas hésiter à recourir à une psychothérapie lorsqu’il en a besoin, mais il ne doit pas non plus opposer ce moyen d’action à la prière de son église et à l’aide qu’il peut recevoir de ses frères et sœurs dans la foi. L’homme ne peut jamais prendre la place de Dieu, le Grand Médecin.
On prête parfois à Ambroise Paré, chirurgien de 4 rois successifs, la maxime célèbre : « Je l’ai soigné, Dieu l’a guéri ».

Pour le thème spécifique de l’infiltration du Nouvel Âge dans les pratiques médico-psychologiques, voir [2].

Discipline mentale

La base de la discipline mentale sera, nous le verrons, l’identification des pensées négatives et de leurs effets.
Mais, avant d’y venir, examinons quelques règles simples qui permettront de commencer à « redresser le bateau ».

On se calme !

Tout d’abord, ne touchez à rien !!! D’une manière générale, le moment que vous traversez est le plus mauvais moment pour prendre une décision d’importance. Tout changement qui vous arrive, négatif ou positif, est vécu comme une menace, et vous risquez de prendre une mauvaise décision. Astreignez-vous donc à ne pas envisager de changement professionnel, de déménagement, ou même de vacances prises « sur un coup de tête ». Vous risqueriez de le regretter.

Diminuer la nervosité

Trois règles d’or m’ont permis de diminuer ma nervosité quand je sens que « je m’emballe » :

  1. Se forcer à avoir des gestes plus lents, à ralentir le rythme cardiaque,
  2. Ralentir le rythme respiratoire, et rendre la respiration plus profonde (respiration abdominale), en particulier en ralentissant consciemment mon rythme de parole quand je sens que ma gorge se serre et que ma voix monte vers les aigus, et en ménageant des temps de silence,
  3. Reconsidérer les priorités et les urgences à leur vraie valeur.

Dans son livre [3], le Dr Hart donne des conseils pratiques pour diminuer son niveau d’adrénaline. Il est en effet prouvé qu’un niveau élevé d’adrénaline combiné à un niveau élevé de cholestérol accroît fortement la probabilité de maladies cardio-vasculaires.
Il est reconnu que les professionnels de l’urgence médicale ont des rythmes internes lents. En situation de crise, ils respirent et parlent plus posément.

« S’économiser la tête »

Durant une dépression, l’aptitude à raisonner clairement est diminuée, et on a de la difficulté à voir les choses comme elles sont vraiment. Les problèmes les plus ordinaires prennent de plus en plus d’importance, et finissent par envahir toute l’existence.
Je suggère donc de diminuer le nombre de stimuli en créant une sorte de « caisson d’isolation nerveuse », à l’image des caissons d’isolation sensorielle.
De manière plus générale, un dépressif devrait chercher à se simplifier la vie, encore plus qu’une personne non dépressive.

Chanter !

Le chant est une thérapie puissante. Il force à respirer plus profondément. Il oblige à se concentrer sur des paroles choisies, et à maîtriser son rythme intérieur.
Sa valeur dépasse l’acte corporel lui-même. Il ex-prime : ainsi sort de moi l’expression de ma souffrance, de ma joie, de mon espérance.
Pendant les périodes où même mes facultés de raisonnement et ma volonté étaient affaiblies, la mémoire de chants appris me revenait. En tant que chrétien, j’ai constaté que l’expression de ma foi se faisait presque malgré moi, à travers ma propre mémoire revenue au moment opportun, la mémoire venant ainsi au secours de la volonté défaillante.
Chanter comme un cri, comme une prière, comme une certitude qu’on se répète.
Pas un « mantra » à valeur magique et vaguement mystérieuse, mais un acte d’affirmation raisonnée et de prise de position. « L’amour (de Dieu) est fort comme la mort » (voir Cantique des Cantiques 8:6).

S’accorder des soupapes de sécurité

Si vous sentez que vous allez « péter les plombs », arrangez-vous pour aller faire un tour à l’air libre, que vous travailliez dans un bureau ou que vous soyez en train de vous exciter tout seul chez vous. Marchez avec le regard au loin, en respirant, et en cherchant à être attentif au chant des oiseaux ou, plus généralement, aux bruits de la nature.

Silence intérieur

La recherche du silence physique n’a d’efficacité que si l’on recherche simultanément le silence intérieur.
Arriver à pacifier le cours des pensées, à stopper l’agitation des soucis qui produisent comme un « bruit permanent » usant pour les nerfs. Concentrer sa pensée sur l’observation de la nature, en prenant son temps. Depuis combien de temps n’avez-vous pas détaillé une fleur, comme à l’école primaire, pour en admirer l’harmonie ?

Au coucher…

Le soir, arrangez-vous pour diminuer, au moins une heure avant le coucher, toute activité mentalement absorbante, en réduisant la lumière pour favoriser la production de mélatonine, hormone naturelle sécrétée par le corps et qui aide à dormir. Prenez un bain, mangez une pomme, buvez un verre de lait, au besoin dans le cadre d’un véritable rite du coucher (à condition de ne pas faire d’insomnie s’il n’y a plus de lait dans le réfrigérateur !).
Cette dernière heure de veille devrait être consacrée à des activités qui n’accaparent pas le cerveau ou même le corps, de manière à se préparer au sommeil et à ne pas se réveiller après quelques heures trop courtes de sommeil dues seulement à l’épuisement.

Responsable, mais pas coupable ?

Si vous vous sentez coupable de quelque chose, regardez cette culpabilité en face. Correspond-elle à une véritable faute de votre part ? Est-ce une fausse culpabilité due à vos scrupules excessifs ? Dans ce domaine, le chrétien possède l’aide précieuse du Saint-Esprit (dont la Bible dit qu’il « habite en lui ») pour lui montrer ses fautes, l’aider à demander pardon, et se réjouir ensuite d’en être libéré !

Pour plus de précisions sur le thème de la santé mentale, voir [4].
Pour des conseils de « gestion nerveuse », voir [5].

Notes

[1<Lemo99>LEMOINE Patrick Dr, « Tranquillisants, hypnotiques : vivre avec ou sans ? Risques et bénéfices de la sérénité chimique », 133 pages, Collection Médecine-Sciences, Éd. Flammarion, 1999.

[2<Groo91>GROOTHUIS Douglas R., « Le Nouvel Âge sans masque », 227 pages, Éd. La Maison de la Bible, 1991.

[3<Hart91>HART Archibald Dr, « Vaincre le stress », 190 pages, Collection Psychologie, Éd. Empreinte Temps Présent, 1994 (en français).

[4<Hyde71>HYDER Quentin Dr, « Notre santé mentale - Point de vue chrétien sur la psychiatrie », 190 pages, Éd. LLB, 1980 (en français).

[5<Lech79>LECHLER Alfred Dr, « Confiez à Dieu vos nerfs fatigués », 42 pages, Éd. EBV, 1979 (en français).

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1 Message

  • Le Seigneur,notre aide. 4 avril 2013 19:37, par bourgeois maryvonne

    je fais tres souvent comme vous la constatation que des paroles de cantiques bienfaisantes me viennent spontanément à l’esprit juste au moment ou j’en ai besoin comme si le St Esprit volait à mon secours au bon moment pour me rassurer et désamorcer une angoisse montante. et je pense que c’est une preuve de l’amour de Dieu pour ses enfants ; . Je suis là ".Je te tiens serré par derrière et par devant .et J’ai mis ma main sur toi . PS 139.5
    et puis il nous secoue tendrement avec ses mots « ne savez vous pas que vous êtes le temple de Dieu et que l’esprit de Dieu habite en vous ? alors que pouvons nous craindre avec ce trésor dans notre vase de terre pourtant si fragile .Il le sait. »2Cor 4 v 7 quel encouragement rassurant. même si celà doit nous être répetté plusieurs fois par jour tant que notre foi est travaillée, jusqu’à ce que la paix s’installe dans notre esprit.Je ne doute pas que ce soit son désir et sa volonté pour ses enfants. alors continuons de rechercher sa présence dans la prière et dans sa Parole .et Il se révèlera ànous du fond de nos angoisses. je crois qu’ à Getsémané Il en a connu de bien pire que les nôtres . alors il est à même de nous comprendre et de nous guérir . merci seigneur.

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