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Les sévices envers les femmes et les enfants

lundi 9 septembre 2002, par Jean Igor Wolga


Une manifestation monstre a rassemblé il y a quelques années à Bruxelles une foule silencieuse et toute en blanc, pour pleurer les victimes de l’ignoble pédophile belge et pour protester contre le silence coupable de certains milieux de la police et de la justice, ou même du gouvernement belge. Cet odieux trafic d’enfants étendait ses ramifications dans tout le monde occidental dit « civilisé ». Le tourisme sexuel qui pousse certains voyageurs nord-américains, européens (allemands, anglais, français, suisses, danois), australiens, et japonais à assouvir leurs fantasmes auprès d’enfants ou de jeunes adolescents en Thaïlande, en Inde, en Chine, aux Philippines, et dans d’autres pays du tiers-monde (Asie, Amérique du Sud, Europe de l’Est) est également une honte de l’occident dit « chrétien ». Dans d’autres pays comme au Pakistan, les enfants se retrouvent dès leur plus jeune âge ouvriers dans les champs, les fabriques de briques, les usines de textile (que nous achetons à bas prix et revendons dans nos grandes surfaces). Ceux qui osent se révolter sont tués, comme ce garçon de 12 ans qui avait réussi à attirer l’attention de l’opinion internationale sur le sort de ces enfants-esclaves au Pakistan avant d’être abattu. L’association « Save the Children » vient de publier son dernier rapport qui révèle que 250 000 enfants dans le monde, âgés de 7 à 18 ans, sont engagés dans des conflits armés, et souvent dans des activités dangereuses comme le déminage ou le renseignement, y compris dans des pays qui ont signé la convention internationale des Droits de l’Enfant. Combien de femmes sont maltraitées dans le monde, battues ou réduites en esclavage, et là ce n’est pas le propre de l’occident, mais c’est toute l’humanité qui en est coupable. Combien de femmes ont été arrosées d’essence et brûlées en Inde, haut-lieu de la « sagesse » orientale, si leur dot avait été jugée insuffisante par les beaux-parents ?

Les motifs de maltraitance sont multiples. La crise économique joue un rôle important. Les cas de mauvais traitements envers les femmes et les enfants augmentent avec le chômage. Les difficultés de la vie sont oubliées dans l’alcool qui exacerbe la violence dans la famille. L’homme dévalorisé dans son milieu professionnel et dans la société est tenté de prouver sa virilité et son autorité envers des êtres plus faibles en rentrant chez lui.

En ce qui concerne les mauvais traitements à enfants, il y a peu de rapports entre cette mère de famille sénégalaise de 38 ans qui a été condamnée à 3 ans de prison, le 24 Octobre 96, pour avoir excisé ses 5 filles, et cet homme de 58 ans qui a été condamné à 12 ans de réclusion criminelle pour avoir commis des viols sur sa fille pendant son adolescence, ou Dutroux le pédophile belge meurtrier. La première a été influencée par sa culture qui estimait qu’il était déshonorant pour une jeune fille de ne pas être excisée et pensait agir pour le bien de ses enfants. Le deuxième est le représentant d’une situation incestueuse malheureusement très fréquente en Europe et restée occultée pendant des siècles. Le troisième est le cas extrême d’un homme qui paraît « normal », qui n’a pas « la tête d’un monstre » et qui est en fait un pervers récidiviste extrêmement dangereux, qui a commis de nombreux crimes non seulement pour lui-même mais aussi pour fournir un réseau international. Le sujet est malheureusement très vaste, et dans cet article, nous voulons nous limiter essentiellement au problème de la pédophilie, qui est tellement d’actualité qu’il fait dire au juge Portelli de Créteil que les affaires de pédophilie qu’il doit instruire se multiplient de façon impressionnante.

Les chiffres sont alarmants : il y a eu 65 000 enfants maltraités pendant l’année 1995 en France, (dont 10 000 sévices sexuels graves), contre 58 000 en 1994, soit une augmentation de 18 %. Les abus sexuels ont augmenté de 22 % et les négligences graves de 25 % en un an. Depuis 1992, les abus sexuels sur enfants ont augmenté de 80 %. Dans 85 % des cas de sévices sexuels, le violeur est un membre de la famille proche : père, beau-père, grand-père ou frère. Une fille sur 8 et un garçon sur 10 sont victimes d’abus sexuels avant l’âge de 18 ans. En Suisse aussi, une étude sur 1000 adolescents genevois a montré qu’une fille sur 3 et un garçon sur 10 ont subi une agression sexuelle. L’agresseur était un membre de la famille dans 20 % des cas et un jeune du même groupe d’âge dans 35 % des cas.

Le problème a atteint une telle ampleur que les médecins sont non seulement déliés du secret médical en cas de sévices à enfants, mais qu’il ont même l’obligation, d’après le Nouveau Code Pénal français, de les dénoncer, de même qu’ils doivent signaler tout comportement incestueux. Des numéros verts ont été mis en place pour lutter contre ce fléau, faciliter le signalement des coupables, et protéger les victimes : 08 00 05 41 41, 08 05 05 41 (numéro vert national pour l’enfance maltraitée) et 08 00 05 12 34 (Enfance et partage). Le 20 Novembre 96 avait été proclamé « Journée internationale des Droits de l’Enfant » et un plan d’action avait été présenté en Conseil des Ministres par Xavier Emmanuelli, alors Secrétaire d’Etat à l’Action humanitaire d’urgence, pour accroître la répression, mieux prendre en charge les victimes, mieux coordonner les professionnels, et imposer aux agresseurs une « peine de suivi médico-social obligatoire » pendant 5 à 20 ans ; une nouvelle exception au secret médical autoriserait le médecin à signaler son patient au juge s’il ne suit pas le traitement ou s’il présente un risque de récidive. Certains psychiatres comme le Professeur Henri Loo de Paris seraient plutôt favorables à un traitement à vie.

Les taux de récidive sont en effet élevés : 5 % des pères incestueux condamnés récidivent, mais ce taux augmente à 25 % pour les pédophiles non meurtriers et jusqu’à 75 % pour les pédophiles meurtriers. Les députés français ont pris conscience de la gravité du crime et du risque élevé de récidive lorsqu’ils ont adopté en 1993 le projet de loi « Méhaignerie » instaurant une peine incompressible minimum de 30 ans pour les auteurs de viols et de meurtres d’enfants. Une psychothérapie spécialisée ou des traitements hormonaux anti-androgènes (qu’on appelle aussi « castration chimique ») permettraient d’éviter 25 % des récidives. Les spécialistes estiment qu’il est important de sanctionner et de prendre en charge les auteurs de délits sexuels comme l’exhibitionnisme ou les attouchements, qui peuvent évoluer vers des actes plus graves. Cependant le traitement hormonal, même s’il diminue la libido, ne change pas l’orientation sexuelle, et n’enlève pas le « plaisir de faire du mal », qui ne dépend pas des hormones.

Le vice serait-il au coeur de l’être humain ? Une étude canadienne a montré que 25 % des hommes normaux hétérosexuels pouvaient être excités par une scène érotique avec un enfant ! Par contre les dosages biologiques montrent que les taux d’hormones sont les mêmes chez ces hommes que chez les autres. Le problème n’est donc pas physique mais psychologique. 20 % des pédophiles ont eux-mêmes été abusés sexuellement pendant leur enfance, et reproduiraient à leur tour, comme c’est souvent le cas en psychologie humaine, le comportement dont ils ont été les victimes. Il semble que les violeurs et les pédophiles ne soient pas capables d’établir une relation sexuelle librement consentie d’égal à égal avec une femme adulte, et éprouvent une jouissance sexuelle très forte et incontrôlable lorsqu’ils dominent complètement un être plus faible. Cette jouissance peut aller sans retenue jusqu’au meurtre. Les témoins et les victimes rescapées des tortures nazies ont rapporté que certains bourreaux des camps de concentration éprouvaient de même une jouissance sexuelle en accomplissant leurs méfaits. Il est dommage que L’Organisation Mondiale de la Santé, après avoir considéré jusqu’en 1973 la pédophilie comme une « perversion sexuelle », l’ait étiquetée ensuite comme une simple « déviation », puis comme un « trouble de la préférence sexuelle ».

Un rapport des Nations Unies publié en Janvier 96 et confirmé par l’association ECPAT (End Child Prostitution in Asian Tourism) au Congrès Mondial Contre l’Exploitation Sexuelle des Enfants qui eut lieu du 27 au 31 Août 96 à Stockholm, estime que 1 million d’enfants en Asie « sont affectés par le commerce du sexe dans des conditions que l’on ne peut distinguer de l’esclavage » (ils sont retenus prisonniers dans les maisons de passe). Des milliers de jeunes enfants meurent des conséquences physiques directes des actes sexuels imposés par leurs « clients », ou du SIDA, ou se suicident, ou meurent par overdose de drogue. Comment se fait-il que des parents puissent vendre leurs enfants pour le commerce du sexe au lieu de les protéger des trafiquants et des proxénètes ? L’extrême pauvreté serait-elle une excuse ? Ce commerce d’enfants est pratiquement inconnu en Afrique Noire, alors que la pauvreté y est souvent plus grande qu’en Asie. Il semble que les pays bouddhistes et catholiques soient plus permissifs à cet égard, alors que les pays musulmans seraient beaucoup plus sévères : un homme vient d’être condamné à mort et décapité en Arabie Saoudite pour avoir abusé d’un jeune garçon.

Quelle est cette folie, quel est ce mal mystérieux qui pousse, malgré l’éducation et la culture, l’homme à maltraiter non seulement son frère, son semblable, mais en plus à torturer des êtres faibles, fragiles, et particulièrement proches, son épouse et ses enfants. La femme et les enfants sont non seulement, selon la Bible, la « chair de la chair » de l’homme, mais aussi son avenir. Quelle merveille qu’une femme douce et aimante, lumière du foyer, gardienne de la maison. Quel miracle qu’un enfant, fruit de l’union de l’homme et de la femme, être fragile et sans défense, qui doit être élevé dans l’amour, et qui se retrouve si souvent maltraité. La Bible appelle l’homme à respecter et à protéger sa femme et ses enfants, sources de joie et de fierté.

L’homme est capable du meilleur comme du pire, d’être un héros ou d’être un bourreau. « Ce que j’ai fait, aucune bête ne l’aurait fait », a dit Guillaumet à son ami Antoine de St-Exupéry après s’en être sorti vivant de son accident d’avion dans la Cordillère des Andes. Mais les génocides, les sévices sexuels, l’esclavage des femmes et des enfants, la violence gratuite, aucune bête ne l’aurait fait non plus. A la lumière des événements tragiques du 20e siècle, il n’est pas possible de dire que l’homme est naturellement bon, ou qu’il peut le devenir par l’éducation et par la culture.

L’homme a des instincts comme les animaux , qui en usent selon leur nature, alors que l’homme semble vouloir les utiliser pour le mal. L’homme est pourtant, contrairement aux animaux, doté d’un esprit (qui fait de l’homme un être créé à l’image de Dieu) qui devrait lui permettre de contrôler ses instincts et de les orienter vers le bien. C’est la séparation entre l’homme et Dieu, par la révolte de l’homme, qui fait que l’esprit humain est livré à lui-même et qui fait que l’homme, tout en connaissant la différence entre le bien et le mal, est attiré par le mal. L’esprit humain ne peut retrouver le contact avec Dieu et être régénéré qu’en empruntant le pont que constitue la croix de Jésus-Christ par dessus l’abîme qui sépare l’homme et Dieu.

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2 Messages

  • Les sévices envers les femmes et les enfants 12 mars 2010 20:48, par Sortylege

    Je crois qu’en France, depuis les années 70,la « castration chimique » a remplacée la traditionelle castration physique volontaire pour calmer les ardeurs sexuelles des délinquants recidivistes mais aussi des criminels ?
    Il y a pourtant dans le monde, bien des pays ou il n’est pas honteux d’etre castré .
    Pourquoi, aujourd’hui,devrait’on avoir honte d’etre obligé de se faire castrer selon son choix pour se liberer d’une sexualité compulsive condamnable ?

    Il me semble ,qu’il y a toujours eu nombre d’exhibitionistes castrés ?

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    • Les sévices envers les femmes et les enfants 26 avril 2010 20:51, par Sortylege

      Aprés avoir lu divèrs avis sur les traitements des délinquants sexuels récidivistes ,ou l’action sur les hormones males est capitale,j’ai remarqué qu’il etait indispensable que ce soit le délinquant lui meme qui ait la volonté de s’engager fèrmement pour se débarasser définitivement de la tyranie des pultions sexuelles de sa libido ,il me semble ?
      Les traitement antihormonaux ou la traditionelle castration chirurgicale aussi,doivent pour n’importe quel homme avoir des désagréments qui ne doivent surtout pas au début ,décourager ou effrayer le délinquant ,il me semble ?
      Il y a un cèrtain nombre de délinquants ,qui a la disparition de leurs désirs sexuels ,éprouvent au début de leur vie de sages castrats,le désir de se suicider ,ou utilisent des drogues ,ou de l’alcool ,je crois pour soulager leur désaroie ?
      Ce n’est que mon avis .

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