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Les implications du chrétien en matière d’éthique politique

lundi 9 septembre 2002, par Jean Igor Wolga


Introduction

Politique au sens étymologique du mot (« polis » en grec = cité) signifie la « vie de la cité ». Déjà l’un des « pères » de l’église primitive, St-Augustin avait décrit dans son traité « La Cité de Dieu » un modèle de ville et de société idéales, gérées par la loi de Dieu. Nous ne sommes « pas du monde » mais nous sommes « dans le monde » et concernés par ce qui se passe dans le monde.

Trois options s’offrent au chrétien

1°) s’isoler, s’abstenir, se séparer, en se disant que le monde est irrémédiablement mauvais et que rien ne peut le changer ; que ce n’est pas notre combat et que notre royaume, le Royaume des Cieux, n’est pas de ce monde.

2°) profiter des occasions qui nous sont offertes pour exprimer notre point de vue, le point de vue biblique, lors des élections par exemple, et voter pour le candidat qui nous paraît s’approcher le plus des valeurs chrétiennes.

3°) s’engager activement pour faire changer les choses autour de nous, pour améliorer le sort des hommes, même non chrétiens.

On peut ainsi définir trois niveaux d’objectifs, de priorités, et d’action

1°) le niveau spirituel : l’action sociale ou politique ne sert à rien tant que le coeur de l’homme n’est pas changé, tant qu’il n’y a pas eu de nouvelle naissance. C’est sur ce principe que certains chrétiens s’abstiennent de voter.

2°) le niveau évangélique : l’action sociale ou politique n’est pas importante en elle-même, mais elle donne l’occasion de témoigner, elle est un support de l’évangélisation ; les écoles et hôpitaux de mission dans les pays du tiers-monde reposent souvent sur ce principe.

3°) le niveau social : il faut améliorer la condition humaine, le sort des défavorisés en particulier, parce que c’est juste en soi, parce que cela fait partie des bonnes oeuvres que le Seigneur a préparées d’avance pour nous.

Exemples d’engagement politique des hommes de Dieu, depuis l’Ancien Testament jusqu’à l’époque contemporaine

- Joseph a été propulsé depuis sa prison jusqu’à la tête du Royaume d’Egypte, parce qu’il avait su interpréter le songe de Pharaon, et parce qu’il avait su apporter la solution en conseillant de stocker des réserves pendant les sept années d’abondance, ce qui fait de Joseph un exemple de prévoyance.
- Moïse qui a fait le parcours inverse en quittant la cour d’Egypte pour souffrir l’exil, et qui est revenu pour libérer le peuple d’Israël de l’esclavage.
- les premiers chrétiens qui ont « bouleversé le monde » (Actes 17:6) et ont contribué à la chute de l’Empire Romain.
- Luther et ses propositions qui ont conduit à la Réforme en tant que mouvement spirituel, puis politique : contribution à la démocratie anglaise, qui s’est faite sans effusion de sang, à la démocratie américaine, à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, à la Révolution française (avec des hommes comme Rabaud St-Etienne, fils du pasteur Rabaud : voir le Musée du Désert à Mialet).
- Calvin, Farel et les autres réformateurs, cités sur une plaque à la Cathédrale St-Pierre de Genève où le peuple genevois remercie ces « étrangers » qui ont contribué à affranchir Genève de l’oppression du St Empire Romain-Germanique et à en faire une ville libre.
- Henri Dunant (président de l’Alliance Evangélique de Genève) qui a fondé la Croix-Rouge internationale au début du 20e siècle
- Le pasteur Trocmé et les habitants du Chambon-sur-Lignon qui ont refusé de prêter serment d’allégeance à Pétain et ont sauvé des milliers d’enfants juifs.
- Le théologien allemand Dietrich Bonhoeffer qui a péri dans les camps nazis.
- Martin Luther King et son mouvement des droits civiques en faveur des noirs américains qui était fondé sur la Bible et utilisait l’action non violente (marches pacifiques, boycottage des bus).
- Alexandre Soljenytsine, Andreï Sakharov et d’autres dissidents soviétiques qui ont contribué à la chute de la dictature en URSS et à la chute de l’empire russe lui-même.
- Jimmy Carter dont l’action personnelle a permis l’établissement d’une paix durable entre Israël et l’Egypte (accords de Camp David).

Nous sommes responsables à tous les niveaux là où Dieu nous place (famille, travail, église, collectivité locale), même si nous ne le voulons pas (exemple de Jonas). Ne soyons pas comme Caïn qui disait : «  Suis-je le gardien de mon frère ?  »

Textes bibliques montrant notre responsabilité

- Ezéchiel 3:17-19 et 33:2-11 : nous sommes des sentinelles.
- Matthieu 5:13 : nous sommes le sel de la terre (le sel ne servait pas seulement à donner du goût, mais surtout à conserver, à protéger contre la corruption).
- Matthieu 5:14 : nous sommes la lumière du monde (d’après Jean 8:12 et Jean 9:5, c’est Jésus qui est la vraie lumière du monde et qui est notre lumière, mais depuis qu’Il n’est plus présent physiquement dans le monde, c’est nous qui devons refléter Sa lumière).

Textes bibliques montrant notre rapport avec les autorités

- Romains 13:1-7, Tite 3:1, I Pierre 2:13-17 : la loi romaine de l’époque était dure et souvent injuste, et pourtant les chrétiens étaient exhortés à s’y soumettre, à l’exception des situations où la loi humaine s’oppose aux commandements de Dieu.
Dans ces cas :
«  il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes  » (Actes 5:29).
- Nous devons, en régime démocratique, choisir les autorités en fonction de ce que nous trouvons écrit dans la Parole de Dieu et en fonction de nos convictions, nous devons ensuite prier pour elles, pour que Dieu les éclaire et les inspire, et nous pouvons enfin dialoguer avec elles pour remplir notre rôle de sentinelle (par exemple écrire à notre député lorsque nous désapprouvons certains choix politiques ou lorsque nous avons des suggestions à faire).

Exemples actuels de politiques contraires aux commandements de Dieu et leurs conséquences

- le chômage qui s’éternise en France depuis 20 ans, et qui n’est plus « conjoncturel » ou passager, mais qui devient comme l’on nous dit un problème « structurel », lié à la structure même de notre société et de nos institutions : c’est une conséquence directe de la légalisation de l’avortement en 1975 (il y a 22 ans !) et du manque d’enfants qu’il entraîne. On nous parle de métiers nouveaux, mais de nombreux économistes pensent que jamais les emplois supprimés par l’informatisation ne pourront être remplacés. On nous parle de partage du travail, et la loi « De Robien » a été votée pour favoriser les emplois à temps partiel, mais la plupart s’accordent à dire qu’il ne sert à rien de partager le travail existant, et qu’il faut plutôt créer du travail en relançant la consommation. Or l’avortement a supprimé de nombreux consommateurs potentiels et chacun sait que ce sont les enfants qui consomment le plus dans une famille (couches, aliments pour bébés, vêtements, cadeaux, études, loisirs, sport, etc...). L’Institut de l’Enfant a calculé que le budget annuel nécessaire pour un bébé est compris entre 17 000 et 21 000 FF.
Ce manque d’enfants provoquera aussi bientôt des difficultés pour payer les retraites et de terribles conflits entre générations : en l’an 2000, il n’y aura en France plus que 2 personnes actives pour un retraité, et en 2040 une seule personne active pour un retraité. Il y a actuellement 1,8 enfant par femme en France, et il en faudrait 2,2 (en tenant compte de celles qui ne se marient pas ou qui ne peuvent pas avoir d’enfants) pour seulement assurer le renouvellement des générations. Tout ceci est la conséquence de la désobéissance à l’un des plus grands commandements : « Tu ne tueras point » (Exode 20:13), et le Psaume 139 (Ps. 139:16) montre bien que Dieu considère l’être humain comme une personne dès la conception, quand il n’est encore qu’une « masse informe » (ce qui correspond embryologiquement aux tout premiers jours de la vie).

- le scandale du sang contaminé : il vient d’abord du manque de donneurs, au point qu’au début des années 1980 on allait chercher des donneurs de sang jusque dans les prisons, alors que l’on savait que les détenus étaient infectés par les virus du SIDA et des hépatites virales plus que la population normale. Le souci d’éviter le gaspillage est allé jusqu’à négliger les avertissements de certains scientifiques, les précautions nécessaires, et jusqu’à garder des flacons de sang probablement contaminé. La Bible montre que toute chose impure doit être rejetée sans pitié, sans vouloir l’économiser. La manne dans le désert était une bonne chose, un don de Dieu, mais elle ne devait pas être gardée jusqu’au lendemain sinon elle se corrompait (Exode 16:20). Lévitique 7:19, Lévitique 13:51-55 et Lévitique 14:40-45 montrent que l’on doit se séparer de toute chose impure ou même la détruire. En négligeant ces principes bibliques, pour ne rien perdre de ce précieux sang, et en attendant que les tests de dépistage soient au point, on a inoculé le virus du SIDA à des milliers de malades innocents. De plus la juste indemnisation des victimes a coûté 5,7 milliards de FF à la collectivité.

- le scandale de l’amiante : on savait dès le début des années 60 que l’amiante pouvait être cancérigène. Mais c’était un matériau tellement isolant, ininflammable, économique ! Pendant des années on a négligé les mises en garde des experts et l’appât du gain des industriels aidant, on a mis de l’amiante partout. Pendant des années, en matière de santé publique, le principe du bénéfice du doute l’a emporté sur le principe de prudence. Tant qu’un risque n’était pas formellement démontré, on acceptait de le prendre et de le faire courir à la population. On estime à 2000 malades par an le nombre de décès dûs à l’amiante en France. Et il faut maintenant engager des dépenses énormes (50 milliards de francs) pour arriver à s’en débarrasser.

- la maladie de la vache folle est due elle aussi à l’appât du gain et à la désobéissance à la loi de Dieu. On a introduit dans la chaîne alimentaire humaine des produits corrompus et impurs, en recyclant dans l’alimentation des bovins des déchets décomposés de moutons, de bovins ou d’autres animaux. La Bible dit bien que même les animaux purs sont impurs quand ils sont morts et à plus forte raison décomposés (Lévitique 11:39-40). De plus l’homme a agi contre la loi naturelle en rendant carnivores et même cannibales (puisqu’ils mangeaient leur propre espèce) des animaux que Dieu avait créés herbivores. On paie maintenant très cher en usines d’incinération pour éliminer toutes les vaches contaminées ; et toute l’industrie de l’élevage et de la viande est en crise. Avec les premiers cas humains observés, on est peut-être au tout début d’une épidémie, comme au début des années 80 pour le SIDA (aujourd’hui, 15 ans après, le nombre de cas de SIDA en France a atteint 50 000, dont 32 000 sont décédés). Un spécialiste anglais de la maladie de la vache folle, le Docteur Dealler, dit qu’il y a dans le cerveau d’une seule vache malade suffisamment de prions pour infecter les vaches du monde entier, et il prévoit qu’il pourrait y avoir d’ici 15 ans (car l’incubation de la maladie est très longue) 100 000 cas humains.

- le scandale de l’hormone de croissance : il a particulièrement touché la France, puisque 50 cas de maladie de Creutzfeld-Jakob sur les 90 dûs à cette hormone dans le monde ont touché des enfants français qui ont été « traités » par des extraits d’hypophyses de cadavres. Ces hypophyses étaient prélevées sur des cadavres humains sans aucune précaution, y compris chez des patients atteints d’affections neurologiques, et les extraits fabriqués au mépris des règles d’hygiène de l’industrie pharmaceutique. Les enfants qui ont reçus les extraits contaminés par les prions sont morts ou condamnés à mourir par destruction cérébrale progressive. Cette horreur vient de l’infraction au principe biblique de l’impureté des morts (contrairement aux greffes d’organes prélevés sur des sujets encore vivants), et une nouvelle fois à l’infraction au principe de prudence auquel on a préféré le bénéfice du doute, et à l’appât du gain. Les organismes publics français chargés de la fabrication et de la commercialisation de cette hormone (Institut Pasteur, France-Hypophyse, Pharmacie Centrale des Hôpitaux de Paris) ont écoulé jusqu’en 1986 des stocks contaminés en connaissant le risque infectieux (qualifié de « rare ») et en rejetant l’avis des experts qui recommandaient de les traiter pour inactiver les prions, alors que des petites sociétés pharmaceutiques étrangères privées n’ont pas hésité à se sacrifier en détruisant tous leurs stocks dès 1985. En fait d’économies, l’indemnisation des victimes a déjà coûté 80 millions de FF.

Tous ces exemples, dans lesquels la France est particulièrement impliquée (ainsi que l’Angleterre pour la maladie de la vache folle) montrent que la santé publique est particulièrement menacée par des mauvaises décisions politiques (surtout si elles sont contraires aux principes bibliques), surtout lorsque s’y ajoutent le non-respect du principe de prudence ou de précaution, et un appât du gain souvent caché derrière des notions d’économie, de « chasse au gaspi » ou de « bonne gestion ».

Dans les pays démocratiques, rien n’empêche les chrétiens d’interpeller les hommes politiques pour leur rappeler la valeur sacrée de l’être humain, des principes bibliques, et des commandements divins.

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2 Messages

  • bonjour
    je voudrais réagir à ce que vous avez écrit sur l’avortement
    je ne conteste pas le fait que la Bible considére l’être humain dés sa conception dans le ventre de sa mère mais hônnetement à mon avis vous auriez du rester sur ce terrain là pour contester l’avortement parce que affirmer que l’avortement est cause d’une dénatalité entrainant une baisse de la consommation est plus que douteux
    en effet ce n’est pas le nombre de gens avant tout qui influence la consommation c le pouvoir d’achat
    en outre bien que remettant en question comme vous le bien fondé de l’avortement de part ce qui est écrit dans la Bible je sais aussi que des enfants indésirés le sont également pour des raisons économiques et que cela n’empêche pas certaines familles à ne pas consommer notamment en n’achetant pas le minimum vital(je connais des gens trés proches qui ont vécu dans ce genre de famille)
    d’autre part même si l’avortement me semble contraires à ce qui est écrit dans la Bible n’oublions pas que la non légalisation de l’avortement n’a jamais empe^cher les avortements :il s’agissait d’avortements se déroulant parfois dans des conditions d’hygiene déplorables entraînant la mort de la femme or je ne suis pas pour qu’une personne même pecheresse ne meurt(Dieu non plus d’ailleurs et je pense que vous non plus)
    et enfin considerer qu’un enfant doit venir au monde uniquement pour consommer c le considerer comme un moyen et non comme une fin en lui même ce qui est pour Kant(un philosophe petri de morale piétiste donc avec lequel vous et moi devrions avoir des affinités)est la définition même du mal
    merci
    que Dieu vous benisse

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  • > Les implications du chrétien en matière d’éthique politique 23 août 2005 14:12, par Jacques Cécius

    Oui, il est bon que les chrétiens s’engagent en politique, en n’oubliant jamais que la politique peut pervertir, et qu’il ne faut jamais oublier de se poser la question, dans la vie militante « A ma place qu’aurait fait Jésus ? »
    Personnellement j’ai des opinions qui sont qualifiées de gauche extrême, mais pour moi être extrémiste peut vouloir dire être pur et sans concessions vis-à-vis des dérives scandaleuses de certains hommes politiques.
    Surtout j’entends me battre contre toutes les formes de fascisme et d’intégrisme. Contre tout ce qui réduit les libertés fondamentales. Actuellement, au nom de l’économie qui doit être performante on permet aux multinationales de considérer les travailleurs comme des pions que l’on déplace ou, pire, que l’on jette...
    Prions, prions, mais agissons !

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