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Les coûts de la santé

jeudi 13 juin 2002, par Jean Igor Wolga


I) On dit que la santé n’a pas de prix, mais elle a un coût.

En France chaque habitant a dépensé en moyenne 11180 FF pour sa santé en 1993. A titre de comparaison, les Suisses ont dépensé 1985 FS par assuré, soit environ 8000 FF. La nouvelle convention signée entre les syndicats médicaux et les caisses d’assurance maladie en Octobre 93, a pour objectif de parvenir à une maîtrise du coût des soins, qui est de plus en plus élevé à cause des progrès médicaux et de l’allongement de la vie qu’ils entraînent, mais peut-être aussi à cause d’un certain gaspillage par mauvaise gestion de ces progrès médicaux.

Le déficit de la Sécurité Sociale a atteint 54 milliards de francs en 1993, et aurait pu arriver au record de 100 milliards de francs en 1994 si aucune mesure n’avait été prise. Il a été finalement de 55,4 milliards « seulement ».

II) Les différents moyens de réduire les coûts

1°) Diminuer le nombre des médecins, dont les honoraires ne représentent pourtant que 15,7 % du budget de santé, surtout parce que chaque médecin est une source de dépenses en examens, médicaments, prescriptions de soins infirmiers et d’actes de kinésithérapie, arrêts de travail. On peut diminuer le nombre des médecins d’une façon globale par la sélection au début des études médicales, ce qui se fait en France par l’application d’un « numerus clausus » limitant à 3650 pour toute la France le nombre d’étudiants en médecine autorisés à entrer en 2e année en 1994. Toutefois une sélection trop sévère risque d’entraîner une sous-médicalisation. C’est déjà le cas dans de nombreux petits hôpitaux, à cause de la diminution du nombre d’étudiants et d’internes qui y travaillent, et la France risque de manquer de médecins dans 15 ans.
On peut agir aussi individuellement au niveau de chaque malade en réduisant le nombre de praticiens intervenants : c’est le but du dossier médical « administratif » qui sera tenu par un généraliste choisi par le malade, et qui entrera en vigueur à partir de Mars 1995 pour les personnes âgées de plus de 70 ans, qui consomment beaucoup de soins médicaux, avant d’être étendu à l’ensemble des patients.
Mais la tenue du dossier médical n’entraînera-t-elle pas pour le généraliste encore davantage de paperasse et de perte de temps au détriment de la qualité des soins ?

2°) Diminuer le coût des médicaments (13,6 % des dépenses de santé) en favorisant la prescription de copies ou « médicaments génériques ». Dès que la période de couverture d’un médicament par son brevet est expirée, ce produit tombe dans le « domaine public », et d’autres laboratoires que l’inventeur peuvent exploiter la molécule et la commercialiser à un prix moindre. Ceci n’encourage pas la recherche qui se fait dans l’industrie pharmaceutique et qui est une partie très importante de la recherche médicale.

3°) Réduire le remboursement des soins non indispensables, dits « de confort » ou d’efficacité non démontrée scientifiquement. Mais il est difficile de les définir, et on a vu certains médicaments ainsi dévalués redevenir remboursés normalement. De plus, ce genre de mesure risque de priver les patients les plus démunis et d’augmenter l’inégalité face à l’accès aux soins.

4°) Réduire les prestations comme cela a été fait en 1993 (réduction de 5 % des taux de remboursement de l’Assurance Maladie) en se déchargeant sur les mutuelles pour le complément, mesures qui risquent évidemment d’être très impopulaires et d’accentuer elles aussi les inégalités d’accès aux soins.

5°) Augmenter le contrôle des prescriptions médicales, édicter des recommandations appelées « références médicales opposables » (R.M.O.), afin d’orienter les médecins praticiens vers les soins les plus économiques possibles. L’application de ces R.M.O. est obligatoire depuis Avril 1994. Mais ces mesures entraînent une gestion administrative plus lourde, davantage de contrôles, et sont donc elles-mêmes génératrices de coûts.
De plus, le signalement des soins médicaux concernés par les R.M.O. doit être fait par un pré-codage des actes sur les ordonnances et sur les feuilles de remboursement de soins, d’où là aussi une perte de temps pour le médecin.

6°) Réduire les hospitalisations, qui absorbent 54,7 % du budget de la Sécurité Sociale. Ce sont les hôpitaux publics qui sont responsables de la plus forte augmentation des dépenses de toute l’Assurance Maladie, avec 7,5 % en un an. Dans un hôpital public le prix d’une journée est d’au moins 2500 FF, même si rien n’est fait pendant cette journée. Il faudrait donc encourager la prise en charge à domicile de tous les patients dont l’état ne nécessite pas absolument l’hospitalisation, ou des patients au stade terminal de leur maladie qui n’ont plus recours qu’à des soins palliatifs. Il devient de plus en plus facile de réaliser à domicile une perfusion, une transfusion sanguine, de faire de l’oxygénothérapie, de la chimiothérapie anti-cancéreuse, ou un traitement anti-douleur. L’économie ainsi réalisée par les soins à domicile n’est plus à démontrer.
La nouvelle convention met l’accent surtout sur le dossier médical et sur les « références médicales opposables ». On peut regretter qu’elle n’envisage pas de mesures en faveur du renforcement du rôle du médecin généraliste et du développement des soins à domicile, sources d’économies et de meilleure qualité de vie pour le malade. On peut même constater que la limitation des actes qui est imposée aux infirmières et aux kinésithérapeutes libéraux diminue les possibilités de soins à domicile.

7) Parallèlement aux efforts de réduction des dépenses, nos autorités essaient d’augmenter les recettes de l’assurance maladie, en augmentant le financement direct (augmentation des cotisations) ou indirect (augmentation des taxes sur les carburants par exemple). Mais il y a des limites aux prélèvements financiers. Car il y a de moins en moins de personnes actives pour soutenir le nombre croissant de chômeurs, de retraités, et de malades. Le manque à gagner vient en fait en grande partie de tous les enfants non nés depuis la légalisation de l’avortement, et qui seraient aujourd’hui des consommateurs, procurant du travail aux entreprises, ainsi que des personnes actives cotisant à la Sécurité Sociale.

III) Nous restons malgré tout des privilégiés

Nous restons malgré tout des privilégiés par rapport à nombre d’habitants du tiers-monde qui ne bénéficient d’aucune couverture sociale (90 % de la population active en Afrique).
Nous vivons « dans une société hantée par la peur de la maladie... enfants malades de l’angoisse maternelle, adultes de l’angoisse de vieillir, vieillards de l’angoisse de mourir, poussés par des médecins anxieux de l’erreur ou de l’omission qui pourraient attirer les foudres de la Justice... » (Professeur Yves Malinas).

Toutes ces angoisses sont génératrices de dépenses, et un peu plus de foi en Dieu contribuerait à les diminuer.

Un mode de vie plus conforme aux prescriptions bibliques permettrait à coup sûr d’éviter de nombreuses affections médicales et chirurgicales dues au tabac, à l’alcool, aux diverses intoxications, à la drogue, au stress, aux maladies mentales, à la violence, aux accidents de la route, aux maladies sexuellement transmissibles, à l’exclusion et à la pauvreté. Les deux premières causes citées (le tabac et l’alcool) représentent à elles seules une partie considérable des dépenses de santé.

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