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Les allergies

jeudi 13 juin 2002, par Jean Igor Wolga


Les allergies deviennent de plus en plus fréquentes et graves dans nos pays développés, et en particulier les allergies respiratoires.

Aux Etats-Unis, la fréquence de l’asthme a augmenté de 42 % en 10 ans, arrivant à 50 pour 1000. Le nombre annuel de décès dus à l’asthme est passé de 3154 en 1982 à 5106 en 1991. En France, il y a 2 millions d’asthmatiques et l’asthme tue 2000 malades par an. La cause en serait la pollution atmosphérique, l’exposition aux allergènes (aggravée par la mauvaise ventilation des locaux modernes tels que les logements clos ou les bureaux sans fenêtres), l’alcool et certains médicaments.

La pollution atmosphérique est la grande accusée, en particulier la pollution par le diesel. L’automobile est une source d’émission de dioxyde d’azote et de soufre, d’ozone, de poussières (les particules diesel fixent en plus des composés cancérigènes). Plusieurs études ont démontré une corrélation très nette entre les pics de pollution atmosphérique et les maladies respiratoires, ainsi qu’entre la précocité de l’exposition chez les enfants en bas-âge et la fréquence de l’apparition de l’asthme.

La fumée du tabac et certains appareils de chauffage sont aussi une grande source de pollution atmosphérique à l’intérieur des habitations.

Les agents allergisants (allergènes) classiques (poussière de maison, acariens qui sont des insectes microscopiques résidant dans les literies, pollens d’arbres et de graminées, poils d’animaux domestiques) gardent leur place dans le déterminisme de l’asthme, mais leur fréquence et leur rôle pathogène deviennent secondaires par rapport à la pollution atmosphérique. Ces allergènes classiques sont surtout responsables de rhinites ou de conjonctivites allergiques, qui sont relativement bénignes et jamais mortelles. Une étude faite au Japon (où la pollution par les moteurs Diesel est importante) a montré que l’allergie au pollen du cèdre était 2 ou 3 fois plus élevée en zone polluée qu’en zone non-polluée, à plantation de cèdres égale.

Il faut aussi souligner le rôle nocif de la pollution industrielle et de la pollution chimique de l’habitat (il y a davantage d’allergies respiratoires dans les habitations construites avec des matériaux modernes et économiques de type agglomérés, utilisés également pour le mobilier). Mentionnons enfin le rôle de la basse altitude (il y a beaucoup plus d’allergènes dans l’air en-dessous de 1000 mètres d’altitude), de ’humidité, et des animaux domestiques.

Une autre cause d’allergie respiratoire importante chez l’adulte est l’exposition à des allergènes professionnels : farine des boulangers, isocyanates pour les peintres et les ouvriers du plastique. Les métiers du bois, de la coiffure et de l’élevage sont très exposés aussi.

Les deux autres modes d’exposition à des allergènes sont l’alimentation et le contact cutané. Certains cas d’asthme sont dus à une allergie alimentaire (poissons, crustacés, lait de vache, oeuf, légumes, fruits, arachides, fruits secs, soja), et il existe des allergies croisées entre certains pollens et certains aliments, ou entre le latex et l’arachide ainsi que certains fruits. Les allergies alimentaires ont fortement progressé en 10 ans en France, pouvant être parfois mortelles. Elles sont souvent favorisées par le stress, l’effort, l’alcool, certains médicaments, ou une allergie respiratoire.

Le contact cutané est le plus souvent d’origine domestique (produits ménagers), professionnel, ou cosmétique, mais il peut s’agir aussi de bijoux fantaisie (allergie au nickel), de contact avec certaines substances végétales (comme le latex), ou d’une piqûre de guêpe. Le contact cutané peut entraîner une allergie respiratoire, une allergie cutanée (eczéma), ou une réaction généralisée mortelle (choc anaphylactique).

Comment se fait-il que l’homme ne supporte pas certaines substances présentes dans son environnement et créées par Dieu ? Tout d’abord, les plantes et animaux responsables d’allergies graves doivent être considérés comme venimeux et dangereux et être évités (par exemple les guêpes). Ensuite, d’autres allergènes sont liés à une mauvaise hygiène de l’habitat (la poussière et les acariens). Enfin, nous sommes de plus en plus exposés par voie respiratoire, cutanée ou digestive à des substances synthétiques inexistantes dans la nature. 70% de notre alimentation est préparé par l’industrie aujourd’hui. Ces contacts quotidiens avec des molécules artificielles ainsi que l’irritation des muqueuses par des polluants atmosphériques, provoquent une désadaptation de l’organisme à son environnement et déclenchent des réactions tout-à-fait inutiles à des substances naturelles inoffensives comme les pollens ou les aliments. L’exposition précoce de l’enfant à des allergènes peut être déterminante : c’est ainsi que la mode de l’allaitement artificiel a été une cause importante d’allergie au lait de vache, et peut-être une cause d’allergies alimentaires et respiratoires diverses.

Comment en pratique éviter les allergies ou contribuer à en limiter la fréquence ? En évitant les allergènes auxquels on a déjà réagi, en évitant d’acheter des voitures diesel, en évitant de fumer, en évitant de nourrir les nourrissons trop tôt au lait de vache (ou en utilisant des laits hypoallergéniques), en évitant si possible les substances de synthèse nuisibles ou inutiles, en sortant le plus possible de l’atmosphère polluée des villes, en limitant le nombre d’animaux domestiques, en préférant les sommiers à lattes et les matelas en mousse, en enlevant régulièrement la poussière au moyen de l’aspirateur.

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