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Le vieillissement
Peut-on apprendre à bien vieillir ?

lundi 9 septembre 2002, par Jean Igor Wolga


Dans la Bible, nous trouvons une description très pittoresque de la vieillesse et de la décrépitude qu’elle entraîne dans le livre de l’Ecclésiaste (chapitre 12) :

" Souviens-toi de ton créateur pendant les jours de ta jeunesse,
avant que les jours mauvais arrivent et que les années s’approchent où tu diras : Je n’y prends point de plaisir ;
avant que s’obscurcissent le soleil et la lumière, la lune et les étoiles, et que les nuages reviennent après la pluie,
temps où les gardiens de la maison tremblent, où les hommes forts se courbent,
où celles qui moulent s’arrêtent parce qu’elles sont diminuées, où ceux qui regardent par les fenêtres sont obscurcis,
où les deux battants de la porte se ferment sur la rue quand s’abaisse le bruit de la meule,
où l’on se lève au chant de l’oiseau, où s’affaiblissent toutes les filles du chant, où l’on redoute ce qui est élevé,
où l’on a des terreurs en chemin, où l’amandier fleurit, où la sauterelle devient pesante, et où la câpre n’a plus d’effet,
car l’homme s’en va vers sa demeure éternelle, et les pleureurs parcourent les rues ; avant que le cordon d’argent se détache, que le vase d’or se brise, que le seau se rompe sur la source, et que la roue se casse sur la citerne ;
avant que la poussière retourne à la terre, comme elle y était, et que l’esprit retourne à Dieu qui l’a donné.
Vanité des vanités, dit l’Ecclésiaste, tout est vanité."

La mort physique guette chacun de nous, mais la vieillesse ne sera pas le lot de tous, car certains d’entre nous mourront de mort violente ou disparaîtront à un âge plus jeune. Cependant les progrès du niveau de vie, de la prévention et des soins médicaux dans les pays développés font que la question de la vieillesse et du vieillissement concerneront un nombre croissant d’entre nous. L’espérance de vie moyenne a dépassé 75 ans aux Etats-Unis et 73 ans en France. Le pourcentage de personnes âgées de plus de 60 ans dans la Communauté Européenne atteindra 21,6 % en l’an 2000 alors qu’il était de 15,5 % en 1960.

L’explosion démographique mondiale fait qu’en l’an 2000 la terre contiendra plus d’êtres humains qu’elle n’en a jamais contenu dans les siècles passés en les additionnant tous ! Un grand nombre de ces humains seront un jour des vieillards, car dans tous les pays, même les plus pauvres, la pyramide des âges a tendance à s’étirer et à s’élargir vers le haut.

Les pays en voie de développement ont une pyramide des âges assise sur une base suffisamment large (les enfants et les jeunes) pour supporter le poids croissant des vieillards, mais nos pays économiquement développés sont comme des colosses aux pieds d’argile car la base de leur pyramide des âges est plutôt étroite avec une natalité trop faible. Ce qui va poser de grands problèmes pour les retraites (les démographes prévoient deux actifs seulement pour un retraité en Europe en 2025) et les spécialistes financiers conseillent aujourd’hui d’investir dans des retraites complémentaires. Ce conseil s’adresse même aux jeunes !

Certains scénarios de science-fiction (comme dans le fameux film « Le Soleil Vert ») ou d’autres plus sérieux imaginent déjà l’élimination des vieillards devenus des bouches inutiles et l’organisation de ceux-ci en mouvements de résistance du type « Panthères Grises ».

Rassurez-vous, ce n’est pas encore pour maintenant : en effet, la société bénéficie encore aujourd’hui de l’« enrichissement » relatif des personnes âgées ces dernières années. En France, une étude du CREDOC (Centre de Recherche pour l’Etude et l’Observation des Conditions de Vie) montre que les retraités consomment en moyenne pour 72 000 FF par an, soit presque autant que les personnes actives (77 000 FF par an), et permettent la création ou le maintien de centaines de milliers d’emplois, notamment dans les services de « proximité » (femmes de ménage, aides à domicile, livreurs, auxiliaires de vie) ainsi que dans les secteurs des soins corporels, des activités culturelles et de loisirs, du thermalisme et du tourisme, et des institutions (foyers-logement de troisième âge, maisons de retraite, centres de long séjour et hôpitaux), sans compter tout le personnel médical et paramédical, car les personnes âgées sont de grands consommateurs de soins. Tous ces emplois constituent un frein puissant à la montée du chômage.

D’où vient le vieillissement ? On peut être étonné qu’un organisme où le Créateur a mis en place des fonctions très efficaces de maintien en vie et de renouvellement tant au niveau des organes qu’au niveau cellulaire puisse s’user et se dégrader avant de disparaître. Mais on peut aussi être admiratif de voir pendant combien de dizaines d’années fonctionne cette « machine » humaine merveilleuse sans défaillance et sans changement d’aucune pièce. Des études importantes sont actuellement menées sur les centenaires pour essayer de comprendre les mécanismes du vieillissement et les facteurs de résistance à celui-ci qui constituent la longévité. La Bible fixe les limites de la longévité humaine à 120 ans, ce qui correspond aux âges extrêmes atteints par quelques rares centenaires
«  Alors l’Eternel dit : ... L’homme n’est que chair, et ses jours seront de 120 ans  »
Genèse 6:3

Parmi les causes de vieillissement et de mort, on peut discerner :
- certains gènes qui se trouvent dans chacune de nos cellules et qui commandent tôt ou tard l’arrêt de leur reproduction et de leur fonctionnement ; les cellules les plus nobles de l’organisme, les neurones, perdent très tôt, dès la vie intra-utérine, la faculté de se reproduire à cause de leur spécialisation et de leur perfectionnement extrême ; d’autres continuent à se reproduire et à fonctionner jusqu’à la fin comme les cellules de la moelle osseuse qui fabriquent les éléments du sang comme les globules rouges dont la durée de vie n’est que de trois mois ;
- l’attaque continue, tout au long de la vie, des organes et des cellules par les agressions microbiennes, toxiques, chimiques, par les radiations ionisantes naturelles ou produites par l’homme ; les parois cellulaires sont continuellement endommagées par de minuscules déchets du métabolisme, des fragments de molécules ionisés qui viennent bousculer la structure des membranes cellulaires et que l’on appelle les « radicaux libres » ; l’attaque de la paroi des vaisseaux par ces radicaux libres est l’une des principales causes des maladies cardio-vasculaires ;
- l’affaiblissement du système immunitaire qui n’arrive plus à détruire les agresseurs externes que sont les bactéries et les virus (ainsi que les parasites et les champignons), ni à éliminer les agresseurs internes que sont les cellules mutantes et anormales qui se forment dans l’organisme, et qui donnent naissance aux cancers.

Les progrès de l’hygiène et de la médecine ont permis de prolonger la vie et d’améliorer la qualité de vie pendant la vieillesse :
- par l’élimination des facteurs de risque environnementaux et toxiques : ne pas boire d’alcool en excès (chez les personnes âgées aux Etats-Unis, l’abus d’alcool entraîne autant d’hospitalisations que l’infarctus du myocarde), ne pas fumer (chaque cigarette réduit de sept minutes l’espérance de vie), se protéger de la pollution atmosphérique et industrielle, de l’excès d’ensoleillement (cancérigène pour la peau) ;
- par l’éducation sanitaire et la promotion d’une alimentation plus saine pour éviter aussi bien les maladies de surcharge que les carences (surtout en protéines, en vitamines et en calcium) ;
- par la promotion du sport, de la gymnastique et de l’activité physique, car le mouvement permet de lutter contre le vieillissement osseux et l’ostéoporose ;
- par les vaccinations, notamment contre la grippe qui peut être mortelle chez les personnes âgées ;
- par le traitement des facteurs de risque individuels quand ils apparaissent : traitement de l’hypertension artérielle, du diabète, de l’excès de cholestérol, de graisses ou d’acide urique, traitement de la ménopause et de l’ostéoporose ;
- par le traitement des maladies infectieuses et des maladies cardio-vasculaires, permettant de survivre à une pneumonie ou à un infarctus ; les médicaments à visée circulatoire sont d’ailleurs parfois de bons capteurs des fameux « radicaux libres » si toxiques pour les membranes cellulaires ; le meilleur capteur de radicaux libres reste à ce jour la vitamine E ; dans les laboratoires on travaille actuellement sur de nouveaux médicaments capteurs de radicaux libres et protecteurs cellulaires ;
- par le dépistage et le traitement précoce du cancer, qui permettent de guérir aujourd’hui globalement la moitié des cancers ; à cet égard, les cancers dont le dépistage et le traitement à un stade précoce sont les plus faciles et les plus prometteurs de guérison sont les cancers de la peau, de l’intestin, du sein et du col de l’utérus ;
- par la prévention et le traitement des maladies liées à l’usure de l’organisme : arthrose, insuffisance cérébrale, maladie de Parkinson, troubles de la mémoire et de l’orientation ; on arrive par la stimulation cérébrale et avec certains médicaments à ralentir le vieillissement neuro-sensoriel ;
- par le développement des soins à domicile, facilité par l’augmentation en nombre du personnel médical et paramédical, et par le progrès des techniques : il est aujourd’hui facile de faire des perfusions ou d’administrer de l’oxygène à domicile. Le maintien à domicile est essentiel dans la prévention de la confusion mentale du vieillard, qui apparaît si facilement lorsque celui-ci perd ses repères habituels à l’occasion d’une hospitalisation ou d’un placement en maison de retraite.

Toutes ces mesures permettent non seulement de retarder la mort, mais aussi d’assurer une survie de meilleure qualité : c’est pourquoi une nouvelle discipline, à la fois médicale et sociale, la gérontologie, est née. Il s’agit de permettre aux personnes âgées de retrouver le plus d’autonomie et de confort possible, de leur donner le plus de plaisir à vivre leurs derniers jours. Mais nous vivons malheureusement dans une société où les personnes âgées sont peu intégrées et jouent un rôle social faible. Ce n’est pas le cas dans les sociétés traditionnelles africaines, où le vieillard reste tout naturellement dans sa famille et dans son village, et où il est respecté car il est le dépositaire du savoir et des traditions. On dit qu’en Afrique « un vieillard qui meurt, c’est une bibliothèque qui brûle ». Pour qu’une personne âgée soit intégrée dans nos sociétés, il faut qu’elle se prenne en charge elle-même et sache se rendre utile ou indispensable pour les autres. C’est ainsi que des vieillards s’inscrivent dans les universités du troisième âge (où ils sont aujourd’hui 80 000 en France), que des retraités partent pour des missions humanitaires dans le Tiers-Monde, comme ceux de l’Association AGIR (Association Générale des Intervenants Retraités), ou vont servir comme missionnaires à court terme dans des missions chrétiennes.

Bien vieillir s’apprend et se prépare dès la jeunesse, non pas pour penser déjà à la retraite, mais pour acquérir le plus tôt possible des bonnes habitudes d’hygiène physique, psychique et spirituelle :
- veiller à son apparence et ne pas se négliger, avoir du respect pour son propre corps ; rechercher les stimulations physiques et sportives, sensorielles, affectives et sociales, intellectuelles, culturelles et artistiques ;
- avoir une activité physique régulière, non pas en idolâtre du sport, mais en cherchant à entretenir ce corps que Dieu nous a donné et qui est précieux car il est considéré comme étant le « temple du Saint-Esprit » ; à partir d’un certain âge (40 ou 50 ans), il convient d’éviter les efforts physiques brutaux pour donner la préférence aux efforts prolongés et réguliers ;
- avoir une alimentation saine et variée, en insistant sur les protéines, les aliments riches en vitamines, et les aliments riches en calcium (laitages et fruits secs oléagineux pour se constituer un bon capital osseux) ; un peu de vin est utile aussi (entre un verre par semaine et deux verres par jour maximum), d’après les études faites sur les centenaires ;
- prendre de la vitamine E, quelques médicaments pour la circulation ou pour soutenir d’autres fonctions de l’organisme quand cela devient nécessaire : entretenir son cœur et ses poumons est indispensable pour une bonne oxygénation cérébrale, soigner ses fonctions digestives et d’élimination est nécessaire pour se sentir bien dans son corps, et pourquoi pas aussi les fonctions sexuelles pour ceux qui arrivent à la retraite en ayant encore leur conjoint ;
- avoir un moral d’acier et un optimisme à toute épreuve, avoir envie de se battre pour survivre, se passionner pour ce que l’on fait, sont aussi des caractéristiques que l’on retrouve chez les centenaires. Pour le chrétien, c’est cesser de se lamenter sur son sort ou d’envier les autres, mais placer sa confiance de façon absolue en Dieu et être heureux de ce qu’Il nous donne, vivre dans le contentement, prendre toutes choses avec reconnaissance et actions de grâce (non seulement les aliments mais aussi les médicaments !)
- ne pas se replier sur soi, mais rester en relation avec les autres, les aimer, les aider, et s’engager pour Dieu là où Il nous appelle, dans la famille, les associations, les œuvres, et dans notre église locale ; la retraite peut être aussi l’occasion d’un renouvellement dans la vie de couple pour ceux qui ont le privilège d’avoir encore leur femme ou leur mari ; - garder ou se donner une activité intellectuelle, culturelle et spirituelle. Les personnes purement manuelles qui se retrouvent désœuvrées à la retraite vieillissent plus mal que ceux qui entretiennent leur neurones tout en ne s’ennuyant pas ! La retraite peut être une occasion de se lancer dans des activités nouvelles, dans des discussions inhabituelles, d’apprendre beaucoup, d’être créatif. C’est aussi l’occasion de lire et de méditer la Bible comme jamais avant, de se retrouver plus souvent en communion avec Dieu et avec les autres chrétiens, et de s’habituer à penser sereinement à la mort, qui n’est plus « la mère de toutes les frayeurs » pour le chrétien, mais qui est l’accomplissement d’une vie « rassasiée de jours », et d’une vieillesse bien préparée, vécue dans la foi en Jésus-Christ qui nous a sauvés et rachetés en vue de la suprême rencontre avec Lui.

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