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Le suicide

lundi 9 septembre 2002, par Jean Igor Wolga


Le nombre de suicides « réussis » a beaucoup augmenté depuis 12 ans. De 8000 cas par an en France en 1974, il a pour la première fois franchi la barre des 10 000 cas en 1980, dépassant le nombre des morts par accidents de la route. Il a atteint 12 000 cas par an en 1985 pour se stabiliser depuis à ce chiffre. Il y a en effet chaque année en France 150 000 tentatives de suicide et 12 000 morts, soit un toutes les 40 minutes. C’est pour sensibiliser le public, trop souvent indifférent ou résigné, qu’a été organisée le 5 Février 1997 la Première Journée nationale pour la prévention du suicide, à l’initiative du magazine Psychologies.
Le suicide est un acte anti-naturel, opposé à l’instinct de survie, fréquent chez l’homme mais rare chez les animaux (à l’exception des lemmings en cas de surpopulation ou de manque de nourriture). Certains considèrent le suicide comme une lâcheté, et d’autres y voient au contraire un geste courageux, une « ultime liberté ».

Certains suicides peuvent être qualifiés d’héroïques, même si on ne les approuve pas, comme celui de Samson dans la Bible ou celui des zélotes de la forteresse de Massada près de la Mer Morte, qui ont préféré recourir au suicide collectif plutôt que de tomber vivants aux mains des Romains, ou celui du tchèque Jan Palach en 1968, protestant contre l’invasion de son pays par les armées soviétiques. D’autres se suicident au combat (kamikazes) ou pour l’honneur (en se faisant hara-kiri), ou à cause d’un amour impossible (Roméo et Juliette). D’autres suicides collectifs spectaculaires déclenchent une émotion légitime et un regain d’indignation justifié contre les sectes et leurs « gourous » (Jim Jones en Guyana, David Koresh aux USA, Luc Jouret en Suisse et en France).

Mais les suicides les plus préoccupants et les plus fréquents sont ceux qui touchent notre « prochain », en particulier s’il s’agit d’un jeune ou d’un enfant. Le suicide est devenu la première cause de mortalité entre 25 et 35 ans, et la 2e chez les jeunes de 15 à 25 ans, après les accidents de circulation. De plus, de nombreux accidents de la route sont en fait des suicides ou des équivalents suicidaires. La France arrive tristement en tête des pays d’Europe de l’Ouest avec un taux annuel de 22 suicides pour 100 000 habitants. Le suicide touche toutes les catégorie sociales (jusqu’à l’ancien premier ministre Pierre Beregovoy), et tous les âges.

Pourquoi se suicide-t-on ?

Dans 40 % des cas, on retrouve une maladie mentale, le plus souvent une authentique dépression, mais cette maladie est malheureusement insuffisamment diagnostiquée et traitée. 40 % des suicidés ont consulté un médecin dans le mois ayant précédé leur geste. 18 % avaient consulté le jour même de leur suicide. La forme de dépression la plus grave, la dépression mélancolique, s’accompagne d’une souffrance morale d’une telle intensité que le patient est persuadé de ne pas pouvoir la supporter 5 minutes de plus. « A partir d’un certain degré de souffrance, on ne pense plus qu’en terme d’apaisement immédiat : alors l’idée de suicide se présente immédiatement » (Dr Xavier Pommereau, psychiatre). On peut aussi retrouver d’autres troubles : alcoolisme, toxicomanie, désordre alimentaire, délinquance. Dans les autres cas, la conduite suicidaire constitue en elle-même la pathologie, sans autre maladie mentale associée, mais on peut retrouver un terrain ou des facteurs favorisants :
- crise d’adolescence, qui est « l’âge de tous les dangers » ; difficulté de communication entre l’adolescent et sa famille, et conflits qui paraissent sans solution.
- sentiment d’absurdité de la vie, fréquent chez les adolescents qui quittent le monde protégé de l’enfance et qui redoutent le monde des adultes qui les effraie ou les dégoûte. Ce sentiment d’absurdité peut être métaphysique ou tout simplement existentiel, comme le montre cette phrase : « La vie est une maladie sexuellement transmissible qui mène toujours à la mort. » (auteur inconnu) ou cette citation de Claude Guillon, auteur du livre interdit Suicide, mode d’emploi : « Jeune, on fait des études pour être adulte ; ensuite on travaille pour cotiser à la sécu, quand on sera vieux ; ensuite on est mort, ouf ! on a réussi à ne pas y penser. »
- âge avancé et perte des facultés physiques et intellectuelles.
- maladie incurable entraînant une peur de la douleur, de la déchéance, de la dépendance, et suscitant une demande d’euthanasie (beaucoup plus rare que ne veulent le faire croire les media).
- personnalité fragile, avec manque de confiance en soi, entraînant une peur des soucis de la vie et des difficultés du monde.
- difficulté à s’adapter aux situations ou aux personnes nouvelles.
- dépit amoureux entraînant un désir de vengeance et de punition en provoquant chez l’autre un sentiment de culpabilité.
- incapacité de supporter un échec, une défaite, une humiliation, entraînant le désir de montrer aux autres « de quoi on est capable », même au prix d’une conduite extrême et suicidaire.
- impression d’être dans une impasse totale, de n’avoir plus aucune solution (exemple du dirigeant d’une petite entreprise acculée à la faillite).
- sentiment de vivre un amour impossible ou d’être incompris du reste du monde.
- impression d’être mal aimés, non reconnus, de travailler pour rien (suicides de policiers).
- isolement, solitude, manque d’amour (veufs, divorcés, célibataires, personnes âgées).
- vide existentiel, manque de but dans la vie, ennui, désoeuvrement, avec sentiment d’exister seulement lorsqu’on se livre à des comportements extrêmes, délinquants ou suicidaires.
- enfants en situation d’échec scolaire qui croient n’être aimés qu’en fonction de leurs résultats à l’école ; certains enfants se suicident tout simplement pour n’avoir pas à avouer à leurs parents qu’ils ont eu une mauvaise note ou qu’ils ont été renvoyés. Le suicide des enfants et des jeunes pour raisons scolaires est assez fréquent au Japon où la sélection sociale par les études est très forte.
- médiatisation de certains suicides entraînant un désir d’imitation et facilitant le passage à l’acte.
- ambiance culturelle favorable : ce fut le cas au 19e siècle qui connut une vague de suicides sans précédent, ou entre les deux guerres mondiales (périodes influencées par la littérature romantique, par Nietzsche, Marx, le nihilisme, et les idées révolutionnaires).
- misère, chômage : toutefois, le taux de suicides est resté stable depuis 1985, alors que le chômage a augmenté de 50 pour cent ; on ne voit pas plus (et souvent moins) de dépressions et de suicides dans les pays pauvres que dans les pays riches.
- cadre de vie, climat, saison : on se suicide plus dans les quartiers pauvres des grandes villes, dans les pays froids, et à la fin de l’hiver.
- culpabilité, honte (comme Judas ou les criminels nazis condamnés au Tribunal de Nuremberg).

Il est démontré que le fait d’avoir de l’ambition, des objectifs personnels élevés, un idéal pour lequel on est prêt à se battre (tant qu’il n’est pas déçu) ou une spiritualité forte sont une protection efficace contre le suicide.
On voit cependant des chrétiens qui tentent de mettre fin à leurs jours, certains y parviennent même. Comment expliquer ce phénomène troublant ? Les chrétiens peuvent être malades de dépression comme les autres (Mathieu 5:45 « car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes »). La dépression augmente le sentiment de culpabilité, qui peut être exagéré et même devenir franchement délirant. Elle diminue aussi la communion avec Dieu, avec perte d’envie de lire la Bible, de prier, et entraîne une perte des repères spirituels, un oubli de l’amour et de la grâce de Dieu. Elle entraîne un sentiment d’indignité, ce qui est une brèche ouverte pour Satan « l’accusateur » (Apocalypse 12:10), qui pousse à la perte de toute confiance en Dieu, au désespoir et à l’autodestruction.
Un suicidé est-il sauvé ? Non selon certains, parce qu’il n’a pas eu le temps de se repentir. Mais est-ce la repentance ponctuelle qui sauve ? N’est-ce pas plutôt la croix de Jésus Christ et son acceptation définitive comme Sauveur ? Il est vrai que le suicide est un péché aussi grave que le meurtre, et que le commandement « Tu ne tueras point » s’applique aussi à soi-même. L’auteur du suicide est à la fois victime et meurtrier. Le suicide est non seulement un meurtre mais aussi un acte de révolte de l’homme contre la souveraineté de Dieu, de l’homme qui veut prendre la place de Dieu. « Qui ose se tuer, celui-là est Dieu » (Dostoïevski). Seul Dieu donne la vie, et seul Il peut la reprendre. Toutefois nous sommes sauvés par grâce, c’est le don gratuit de Dieu lorsque nous l’avons vraiment accepté dans notre vie, même si dans des cas extrêmes comme le suicide nous sommes sauvés « comme au travers du feu » (1 Corinthiens 3:15). La crainte de perdre son salut, enseignée à l’église catholique ou dans certaines églises évangéliques, est un frein au passage à l’acte. Il est vrai que l’on se suicide moins en pays de tradition catholique que dans les pays protestants.

Il faut être très attentif aux signes précurseurs d’une dépression et d’une tentative de suicide, qui peuvent être très discrets et très trompeurs (« fatigue » chez l’enfant, agressivité ou repli sur soi chez l’adolescent) et être très sensible aux besoins de la personne à risque et l’entourer. « Le suicide, c’est l’absence des autres » (Paul Valéry). Il ne faut jamais banaliser ou minimiser une tentative de suicide comme étant un simple appel au secours. Un suicidant qui n’a pas réussi son suicide présente 50 % de risques de récidive dans les 5 ans. Il a besoin d’une écoute compréhensive sans esprit de jugement (ce que font certaines permanences d’aide téléphonique comme « SOS Amitié »), de soutien, de valorisation, et d’affection. Il faut l’aider à s’exprimer s’il a du mal à le faire, et l’écouter, car la thérapie par la parole est d’un grand secours. Il faut l’encourager à consulter un médecin en vue d’une psychothérapie et de médicaments antidépresseurs. Il a besoin aussi de comprendre (ou de se rappeler s’il est déjà chrétien) la grâce de Dieu qui l’aime tel qu’il est et qui peut changer sa vie. Il a besoin de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ et qu’on la lui rappelle inlassablement, même s’il la connaît déjà, afin que sa tristesse l’amène non pas à se tuer mais à se repentir et à se confier en Dieu.
"En effet, la tristesse selon Dieu produit une repentance à salut
dont on ne se repent jamais,
tandis que la tristesse du monde produit la mort."
(2 Corinthiens 7:10).

On peut faire la différence entre le remords de Judas qui l’a conduit au suicide après avoir trahi Jésus, et le repentir de David qui l’a conduit à accepter le pardon de Dieu et à retrouver la paix (Psaume 51).

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14 Messages

  • > Le suicide 23 juillet 2003 11:23, par lehmann

    Merci de votre message,

    Je recherche des articles qui pourraient aider des personnes chrétiennes qui on perdu l’un des leurs par le suicide.
    Malheureusement l’on est plus rapidement prêt à juger dans les milieux chrétiens qu’à aider .
    L’on parle beaucoup de préventions ce qui est juste, mais l’on à que trés peut d’aide aux familles qui on passées par la perte d’un des leurs par le suicide.
    Martin lehmann
    E-Mail lehmann bipinfo.ch

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    • > Le suicide 27 mai 2008 16:33, par Françoise Marie

      Bonjour,

      Chrétienne depuis 2000, j’ai beaucoup prié pour le salut de ma famille. Or, mon frère Yves s’est suicidé par médicaments ce 28 avril 2008. J’éprouve un profond désarroi et une très grande tristesse par rapport à son éternité. Yves avait dit qu’il se suiciderait mais je l’ai toujours remis dans les mains de Dieu, persuadée que Dieu empêcherait son geste.

      J’ai été bien entourée par les membres de mon église et je n’ai pas, par la grâce de Dieu, entendu de jugements par rapport au suicide

      Je suis à la recherche d’un ouvrage qui pourrait m’aider à faire mon deuil.

      Je vous remercie de l’attention que vous voudrez bien accorder à mon message.

      Françoise Lemmens
      Bruxelles

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      • > Le suicide 2 juin 2008 16:23, par Alison Wyld

        J’ai récemment pu participer à un conférence animé par la théologienne suisse Lytta Basset, qui a parlé de façon émouvant et vrai sur le suicide de son fils. Elle a publié un livre sur son vécu : « Ce lien qui ne meurt jamais » Paris, Albin Michel, 2007. Plusieurs ont dit que ce livre leur a été un grand aide.

        Le lien en bas vous amène à son site perso, ou elle explique pourquoi elle a écrit ce livre.

        Que Dieu vous console dans ce temps de deuil

        Voir en ligne : http://www.unine.ch/theol/enseign/B...

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      • > Le suicide 6 octobre 2008 00:54, par cassis3615

        bonjour

        mon petit frere mickael s’est suicide le 09 novembre 2007 (bientot 1 an ) il a decide de se jeter sous le train. je n’arrive toujours pas a faire surface on avait 16 ans de difference. je le conciderais un peu comme mon fils. en fait je pleures tous les soirs quand je suis seule, je ne sais plus comment m’en sortir.
        je crois que j’ai besoin de gens qui subissent la meme chose pour pouvoir discuter de nos problemes

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        • > Le suicide 7 octobre 2008 16:51, par Françoise Marie

          Bonjour Cassis,

          Je ressens tout votre désarroi et toute la tristesse qui sont en vous suite au suicide de votre petit frère Mickael.

          Je ne sais pas si vous êtes chrétienne et si vous l’êtes déjà, il serait bon de parler de votre chagrin à Dieu, lui en parler de tout votre coeur avec vos propres mots, Lui décrire votre souffrance car Lui seul peut vous comprendre.

          Si vous n’êtes pas encore au Seigneur, sachez que Dieu viendra à votre secours si vous Lui parlez, déposez-Lui ce chagrin si lourd à porter, Il viendra à votre secours, soyez-en assurée.

          C’est ce que je fais moi-même : je m’assieds par terre, je dis Dieu : pourquoi Yves est mort ainsi, pourquoi a-t-il pris des médicaments, pourquoi n’as-Tu rien fait ? Je m’abandonne aux larmes et je sens que Dieu console mon coeur tout doucement car après je retrouve la paix et je peux vivre des jours heureux sans que le souvenir de Yves ne vienne me hanter ou que des rêves viennent me harceler.

          Le suicide d’un proche est une si grande peine que Dieu seul peut consoler.

          Je vous embrasse tendrement et souhaite du plus profond de mon coeur que tout l’amour et toute la tendresse de Dieu vous enveloppent toute entière afin que vous puissiez marcher, en Sa compagnie, dans le chemin de la vie et cela tout au long de votre vie.

          Françoise Marie.

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        • > Le suicide 25 novembre 2008 00:18, par virginie62

          bonjour voila 9 mois que mon frere c’est egalement suicider il s’appeler mickael il ns a quitter le 21 fevrier 2008 en s’allongant sur les rails et attendant le train qui l’emporterai au paradis c’est tres dur a accepter surtout que ns avons rien vu arriver pas de detresse aucun signe il était d’ailleurs de tres bonne humeur quand il est partie en ns disant qu’il ns aimer ns n’avons pas pu le voir vu l’etat qui nous a ete decrit et dont on garde une image constament,le pire c’est que ma maman est sure que ce n’etait pas lui et qu’il va revenir par moment elle prend conscience et a ce moment la elle veut le rejoindre j’essaye de ne jamais rien montrer mais etant seule c le trou le vide total,l’imcomprehension de son geste et il me manque je lui demande sans arret pardon mais il ne me repond pas mais j’ai peur un jour de tomber aforce de faire semblant d’etre forte et de ne pas reussir a me relever heuresement mes enfants sont la mais ca n’est pas facile ts les jrs surtout quand ils me dise que leur tonton dont elle été si proche leur manque je croit kon a ts besoin d parler de ce ki ns fait mal

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        • > Le suicide 3 avril 2010 18:38, par alex97429

          bonjour je m’appelle alexandra j’ai 34 ans
          ma soeur Eva elle avait 17 ans (et oui nous avions 17 ans d’ecart un peu comme ma fille) elle viens de se suicider ce 28 fevrier 2008
          et j’aimerai en parler je te laisse mon mail alex.97429 hotmail.fr

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      • > Le suicide 30 novembre 2008 23:23, par invitée1971

        Bonjour,
        Votre message me touche, ayant également perdu mon frère le 28 avril 2008, là aussi par médicaments. Tout ce qui a suivi cette période a été d’autant plus difficile qu’à ce deuil déjà terrible sont venus s’ajouter certains événements de santé dans la proche famille. ce qui, en même temps, nous a obligés à « garder la tête haute » et l’esprit clair et a retardé d’autant ce qu’il faut bien se résoudre à appeler un « processus de deuil ». car quelle que soit l’histoire ou la personne il y a bien des phases dans un deuil et savoir qu’elles existent, avant, après et en dehors de nous peut aider à trouver quelques repères... un peu.
        aujourd’hui encore d’autres événements rendent sa disparation plus triste et désolante encore et ravivent des blessures à vif que je croyais un tant soit peu guéries. la sensation d’injustice, de vide, de gâchis, d’irréparable est difficile à supporter. la souffrance de ceux qu’on aime aussi. plus le temps passe et plus sa disparation me semble contraire à ce qu’aurait pu être la vie, la sienne, la nôtre. et plus le « sens » de cette mort m’échappe. d’un point de vue spirituel plus encore, et si je dois choquer certains théoriciens je leur demanderai à la fois pardon et à la fois de bien vouloir prendre le temps de réfléchir avant de juger... parfois, la véritable force, c’est d’avoir réussi à vivre.
        pour répondre à votre question, un livre que l’on m’a conseillé m’a permis de trouver à un moment un relatif réconfort - dans la mesure où une partie de ce que j’avais ressenti ou vécu, du plus au moins avouable, y était décrit. en voici les références :
        * Après le suicide d’un proche [Texte imprimé] : vivre le deuil et se reconstruire / Dr Christophe Fauré *On peut aussi consulter du même auteur : vivre le deuil au jour le jour. / lien internet : autorite?ID=12505252&idNoeud=1.1.1&host=catalogue>

        Je me souviens avoir également trouvé des textes très beaux et émouvants en consultant des sites d’associations traitant du suicide comme je crois sos suicide ou phenix. des messages qui ne jettent pas l’opprobe sur les suicidés, replacent cet acte dans son contexte qui peut être très différent selon les cas et apportent un nouvel éclairage sur cet acte à la fois atrocement simple et tellement mystérieux. Enfin, un proche m’a fait parvenir un journal chrétien dont j’ai malheureusement oublié le nom (maladie qchose ?) qui traitait des maladies mentales et de la dépression. j’y ai lu un texte écrit par une personne qui a failli se suicider d’une « réalité » d’une justesse et d’une beauté telles que je m’en suis terriblement voulu de ne pas m’être aussi bien renseignée « avant »... de ne pas avoir mieux compris la réalité de ce que vivait mon frère. car au fond je savais mais l’idée me faisait peur... je la rejetais. maintenant, je saurai.

        On se sent tellement démuni face au suicide d’un proche, sujet qui reste finalement ô combien tabou. cette mort reste encore marquée par des stéréotypes très forts liés à la fatalité, à la faute, à la maladie mentale (autre sujet largement méconnu), et aux projections des uns et des autres (on est « différent » du suicidaire, le suicide n’arrive qu aux autres, celui qui se suicide est courageux ou lâche...). autant d idées toutes faites qui vous sont répétées par des proches ou des inconnus et sont si dures à entendre quand vous avez vous même vécu la réalité d’un suicide. et sa complexité.
        A noter : Le suicide n’est pas toujours un choix, on y est souvent conduit quand la douleur dépasse les ressources qui permettent d’y faire face.

        Etant arrivée « par hasard » sur un site chrétien, je précise pour finir : je suis chrétienne par « tradition » plus que par conviction mais je tiens à l’église dans laquelle j’ai grandi et à ceux (religieux ou non) qui m’ont fait connaître les valeurs d’amour et d’humanisme portées par l’image du christ. Je n’ai malheureusement pas la « foi », à mes yeux le corps et l’âme ne font qu’un et périssent après la mort - le néant. Dans ce contexte, la mort d’un être cher est particulièrement terrifiante et douloureuse à vivre. Le seul message d’espoir que cela autorise est le suivant, mais il peut $etre partagé par tous : faire de nos vies sur terre, de ce passage dont nous ignorons le « sens » spirituel, s’il y en a un, quelquechose de bien. et « faire bien » n’est pas forcément ce qui est visible pour la communauté.

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      • > Le suicide 22 janvier 2009 11:02

        Chère soeur, je suis chrétien depuis longtemps et je viens de perdre mon beau-frère qui s’est suicidé. Dès lors, je peux comprendre ton désarroi. Dieu est Maître de tout, mais il nous a laissé le libre arbitre. Garde la paix de Dieu car seul Lui sait toutes choses.

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  • Le suicide 10 novembre 2007 01:57, par Michel

    Votre article (Le suicide ; lundi 9 septembre 2002, par Jean Igor Wolga) m’a ému, j’ai senti une profondeur réelle de sincèrité et d’amour dans les phrases. Dans votre analyse très pertinente et humble de « pourquoi se suicide t-on », j’ai lu des choses très vraies qui me touchent.
    On ne peut pas empêcher vraiment quelqu’un qui veut mourir de se tuer, on peut seulement essayer de l’aider pour qu’il retrouve une certaine paix mentale, un équilibre relatif, et qu’il ne passe pas à l’acte.
    Toute aide est temporaire si longue soit-elle et ne reste qu’une aide. La douleur de vivre ne se transforme pas en une joie un épanouissement après une énième consultation psychiatrique ou par la lecture de tel ou tel article.
    La dépression peut toucher tout le monde sans exception, et le suicide lié aussi.
    Comment sortir d’un engrenage suicidaire, car il est vrai que « l’essai à se suicider » est une expérience qui génère un « nouvel essai au suicide » ; et « l’apprentissage » est rapide et inéluctable.
    C’est bien de parler de la réalité du suicide, il faut en parler pour l’éviter peut-être.

    Voir en ligne : Le suicide ; lundi 9 septembre 2002, par Jean Igor Wolga

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    • Le suicide 26 décembre 2007 03:13, par Seb

      La question du suicide dans l’Eglise Catholique est autant compréhensible qu’incompréhensible. En effet, s’il appartient à Dieu de choisir notre mort, puisque c’est lui qui en décide n’est-ce pas ?, pourquoi le suicide ne serait justement pas la mort qu’il nous ait souhaité ? En quoi sommes-nous plus responsables quand l’on se suicide que quand l’on meurt d’un cancer du poumon, du SIDA ou autre...en effet, la vie est remplie de causes suicidaires (cigarettes, virus du sida, alcool).
      En quoi donc un alcoolique ou un fumeur mourant d’un cancer serait-il plus apte à aller au paradis qu’un individu qui se donne la mort directement ?

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  • Le suicide 1er août 2008 09:20, par MICHAEL

    MERCI POUR VOTRE ARTICLE. JE M’APPELLE MICHAEL, JE VIENS DE L’ILE MAURICE ET JE SUIS CHRÉTIEN DEPUIS MA NAISSANCE, AINSI QUE MA GRANDE SOEUR. ELLE S’EST MARIÉE AVEC UN CHRÉTIEN ET ILS ONT EU UN ENFANT. APRES 3 ANS DE MARIAGE, ILS ONT DIVORCÉ ET LÀ CA A ÉTÉ LE COMMENCEMENT DE L’AVEUGLEMENT SPIRITUEL. 3 ANS APRES SON DIVORCE, ELLE A RENCONTRÉ UN ETRANGER QUI N’ÉTAIT PAS CHRÉTIEN. ELLE S’EST MISE À BOIRE, À FUMER ET MEME À FAIRE DES TENTATIVES DE SUICIDE. ET VOILÀ LE 3 JUILLET 2008 JE RECOIS UN APPEL TELEPHONIQUE QUI ME DISAIT QUE MA SOEUR DE 28 ANS S’EST TUÉE EN SE JETANT D’UN IMMEUBLE DE SIX ETAGES. ELLE AVAIT UN PETIT GARCON DE HUIT ANS. MAIS CE QUI EST TRISTE DANS TOUT CA C’EST QU’ELLE A PERDU SON SALUT.
    DIEU SEUL PEUT DONNER ET RETIRER LA VIE. CHAQUE JOUR IL Y A DES MILLIERS DE GENS QUI SE LAISSE INFLUENCER PAR LE DIABLE. IL EST TEMPS DE COMBATTRE L’OEUVRE DE SATAN.

    Voir en ligne : le suicide

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    • Le suicide 2 août 2008 19:07, par Frédéric Maret

      Cher Michaël,

      il me semble un peu excessif d’affirmer que votre soeur a perdu son salut parce qu’elle s’est suicidée.

      Je crois pour ma part que la miséricorde de Dieu est un grand miracle et un grand mystère. Même si le suicide consiste à terminer sa vie par un homicide (en l’occurence sur sa propre personne) n’oublions pas que tous les sauvés qui se retrouveront dans l’éternité, dans la Nouvelle Jérusalem, seront des pécheurs pardonnés, qui auront cheminé cahin cahat dans les voies de la sanctification. Certes, le suicide est un meurtre, contraire à la loi divine, et un acte de démission, contraire à la foi. Mais nous savons aussi que Dieu seul sonde les coeurs et les reins, c’est à dire que Lui seul connait nos pensées, nos secrets, nos inconscients, mieux que nous les connaissons nous-mêmes. Dieu seul connait la réalité de la foi de votre soeur, ses motifs, la profondeur de son désespoir.

      Je suis persuadé que nous aurons à répondre des péchés dont nous ne nous serons pas repentis. L’Evangile nous parle de ceux qui seront sauvés « comme au travers du feu », qui entreront comme nus dans la béatitude éternelle. Mais il y rentreront !!

      Si votre soeur était réellement convertie, vous pouvez croire qu’elle est, malgré son péché ultime, entrée dans l’attente glorieuse de la résurrection. Et qui sait si, entre le rebord de la fenêtre et l’impact, elle ne s’est pas repentie, si elle n’a pas crié à Dieu !

      Ainsi, ma prière est que cette espérance soit votre consolation.

      Que le Seigneur vous bénisse.

      Voir en ligne : Les suicidés perdent-ils leur salut ?

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      • Le suicide 8 octobre 2008 15:04

        Je comprends mal le débat qui tourne autour du suicide. Vu de l’extérieur nous tenons tous à la vie et à une certaine qualité de vie. Pourtant il arrive parfois qu’on perde le goût à la vie ou que la maladie a détérioré la qualité de notre vie. Je pense qu’une personne qui renonce à la vie pose un choix pour elle. Parfois ce choix est impulsif parfois il est mûrement réfléchi. L’idée de la vie « purgatoire » en promesse d’un paradis futur est très éloignée de ce que je pense. L’idée que la vie est un cadeau est également une idée qui m’est très éloignée. La santé par contre c’est un cadeau ça j’en suis convaincu. J’ai vécu un suicide dans ma famille. J’en ai été très affecté et j ’en ai peu parlé autour de moi car j’ai voulu analyser au plus profond de moi sans subir les projections philosophiques ou religieuses de mon entourage. J’en ai conclu que j’avais du chagrin à cause de la perte car un être cher me manque mais je vois aussi que pour lui la vie était devenue un enfer. Je respecte son choix car je l’aime. C’est mon vécu il m’a fallu des mois pour avoir une pensée sereine en me remémorant cet événement. J’espère aider par ce vécu ceuc et celle qui seront amené à vivre cette expérience dans leur milieu.

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