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Le retour des épidémies

jeudi 13 juin 2002, par Jean Igor Wolga


Nous assistons aujourd’hui à une mondialisation économique, politique, et religieuse, mondialisation dans laquelle certains voient la mise en place du gouvernement mondial et de la future domination de l’Antichrist. Nous assistons aussi à un métissage humain et culturel à l’échelle de notre planète. Nous nous sentons de plus en plus concernés par tout ce qui passe à l’autre bout du monde. « It’s a small world » comme le répète l’Organisation Mondiale de la Santé (O.M.S.) et comme le chantait déjà il y a 10 ans le musicien chrétien Cliff Richard. L’O.M.S. dit que « le monde est petit, pollué, surpeuplé. On se bouscule, on se bat pour obtenir une part du gâteau ou recueillir quelques miettes pour survivre. Le monde déborde de mauvaises nouvelles, de souffrances, de maladies jusqu’à la mort ». L’O.M.S. a décidé de faire de 1997 l’année de la lutte prioritaire contre les maladies infectieuses avec ce nouveau slogan : « Maladies infectieuses : alerte mondiale, riposte mondiale ». Selon l’O.M.S., sur 52 millions de personnes décédées dans le monde en 1995, 17 millions ont été tuées par des maladies infectieuses.

L’optimisme des années 50 à 80, lié aux progrès de la médecine et notamment des antibiotiques, a favorisé le relâchement des mesures d’hygiène qui avaient permis de remporter tant de succès depuis le 19e siècle. Aujourd’hui cet optimisme n’a plus cours, les bactéries deviennent de plus en plus résistantes aux antibiotiques (souvent trop et mal utilisés).
On assiste au retour de vieilles maladies que l’on croyait vaincues : paludisme, tuberculose, peste, diphtérie (surtout en Europe de l’Est), dengue, méningite, fièvre jaune, choléra, salmonelloses, shigellose (dysenterie bacillaire), leishmaniose viscérale, syphilis et autres maladies sexuellement transmissibles.

La peste est de retour : après une dizaine de cas aux Etats-Unis en 1993, et une cinquantaine de cas au Pérou en Mai 1994 (dont une dizaine de morts), un vent de panique a soufflé depuis l’Inde et les médias ont présenté à la une l’épidémie de peste qui a surgi dans ce pays (5000 cas dont 57 morts en Septembre et Octobre 1994). La peste est plus que toute autre maladie inscrite dans notre imaginaire collectif et rappelle le Moyen Age avec ses grandes épidémies de peste noire qui, parties aussi de l’Inde, avaient ravagé toute l’Europe en tuant plus de 25 millions de personnes. La peste, transmise d’abord par les puces des rats, puis d’homme à homme, est l’un des fléaux antiques décrits dans la Bible.

De nouvelles maladies infectieuses apparaissent également : maladies des légionnaires, encéphalite japonaise, syndrome hémolytique et urémique à colibacille, virus de Hantaan, maladie de Lyme, hépatites C, E et F, SIDA, virus Ebola (qui a frappé le Soudan, le Zaïre, la Côte d’Ivoire, et le Gabon), maladie de la vache folle (qui a frappé surtout l’Angleterre).

Ces maladies sont favorisées par l’urbanisation anarchique du tiers-monde (d’ici l’an 2000 plus de la moitié de la population mondiale habitera dans des grandes villes), par les modifications de l’environnement et la destruction des forêts, par la mondialisation du commerce des denrées alimentaires, par l’industrialisation de la production agricole, par l’augmentation des voyages internationaux (plus de 50 millions de personnes empruntent chaque année les vols aériens internationaux), et par l’instabilité politique entraînant son cortège de populations déplacées et de réfugiés. Jamais avant le 20e siècle, même pendant la traite des esclaves africains, l’humanité n’avait connu autant de personnes déplacées et de réfugiés (il y en aurait aujourd’hui 55 millions dans le monde, selon le Haut Commissariat aux Réfugiés).

Plusieurs de ces maladies sont des zoonoses, maladies animales transmises à l’homme, comme la rage, la brucellose, la leptospirose, le charbon, et le virus Ebola (dont l’origine exacte reste encore inconnue). Même la grippe serait un virus du canard, transmis à l’homme par l’intermédiaire du porc, notamment en Asie. D’autres maladies sont transmises par l’alimentation comme le choléra, la dysenterie bacillaire, la maladie de la vache folle ou les salmonelloses (transmises par la viande de volaille et les oeufs).

Les seules victoires indiscutables de l’homme contre les microbes ont été l’éradication de la variole en 1979, et la forte diminution de la poliomyélite et de la lèpre.

Certaines maladies préoccupent particulièrement les autorités sanitaires internationales comme le SIDA (qui touche aujourd’hui 22 millions de personnes dans le monde, et qui a justifié la création d’une nouvelle organisation internationale, distincte de l’O.M.S., l’ONUSIDA), la diphtérie (surtout en Russie avec plus de 125 000 cas depuis le début de l’épidémie, due à la désorganisation des services médicaux et au relâchement de la vaccination), la tuberculose (elle aussi en pleine effervescence, à cause de l’épidémie de SIDA, de la surpopulation, et de la médiocrité des programmes de lutte dans les pays pauvres ; l’OMS annonce 30 millions de morts par tuberculose d’ici l’an 2000), ou la peste (une dizaine de cas aux Etats-Unis en 1993, et une cinquantaine de cas au Pérou en Mai 1994, puis 5000 cas dont 57 morts en Inde en Septembre et Octobre 1994).

Ces nouvelles maladies alimentent évidemment de nombreuses craintes et de nombreux fantasmes, surtout à l’approche de l’an 2000. Les thèses délirantes de L. Horowitz entretiennent la psychose en prétendant que le SIDA, l’hépatite C, et le virus Ebola ont été créés dans des laboratoires américains et inoculés volontairement à des populations avec la complicité de l’O.M.S. ! Ces assertions relèvent du délire et de la désinformation. Par contre il faut prendre beaucoup plus au sérieux le risque d’utilisation des armes bactériologiques par certains groupes terroristes ou certaines sectes apocalyptiques comme la secte japonaise Aum qui les a déjà utilisées.

L’Apocalypse de la Bible parle de maladies mortelles de grande envergure (Apocalypse 6:8) et d’une épidémie d’ulcères qui frappera les hommes ayant la marque de la « bête » (l’Antichrist) et adorant son image (Apocalypse 16:2). Nous savons maintenant que de nouveaux virus peuvent apparaître par mutation à tout moment, et que de nouvelles maladies, contre lesquels l’homme n’est pas immunisé, peuvent surgir et entraîner ces catastrophes.

Cependant, la Bible contient aussi de nombreux préceptes d’hygiène et des lois morales et spirituelles qui permettent de maintenir notre corps (que la Bible appelle le «  temple du Saint-Esprit  » selon la Première Epître de Paul aux Corinthiens chapitre 6 verset 19) en bonne santé et à l’abri des agressions microbiennes. Par exemple, pour la protection contre les maladies transmises par voie digestive comme le choléra, la fièvre typhoïde, la dysenterie, les parasites intestinaux, la poliomyélite, etc... et toutes les diarrhées qui font quatre millions de morts par an dans le monde, la Bible préconise une mesure d’assainissement très simple et toujours d’actualité, qui consiste à rejeter les excréments loin des habitations et à les enterrer (Deutéronome chapitre 23, versets 12 et 13). Les nombreuses prescriptions bibliques concernant la purification par l’eau et par ... le temps (les germes infectieux étant peu à peu détruits par la dessiccation) contribuent à limiter la contagion après contact avec une plaie, avec un lépreux, avec un mort, avec quelque chose d’impur (livre du Lévitique chapitres 11 à 15 et livre des Nombres, chapitre 19, versets 11 à 22). Sans oublier bien sûr toutes les règles concernant la morale sexuelle qui sont trop nombreuses pour être citées, et dont l’observation permet d’éviter toutes les MST (maladies sexuellement transmissibles, dont fait partie le SIDA).

La maladie et les épidémies ne sont toutefois pas totalement évitables, mais permettent au croyant de placer à nouveau toute sa confiance en Dieu, sachant que Dieu nous garde et nous délivre «  de la peste et de ses ravages  » et de «  la contagion qui frappe en plein midi  » (Psaume 91, versets 3 à 7). La maladie et les épidémies sont un occasion de manifester l’amour de Jésus Christ à ceux qui en sont atteints :
«  J’étais malade et vous m’avez rendu visite  ».

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