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Le clonage humain

jeudi 13 juin 2002, par Jean Igor Wolga


En Octobre 1993, les Professeurs Jerry Hall et Robert Stillman avaient réussi à cloner des embryons humains, c’est-à-dire à en faire des copies absolument identiques. Cela avait suscité beaucoup d’émotion dans le monde entier (jusqu’à François Mitterand qui s’était déclaré « horrifié »), obligeant ces chercheurs à arrêter leurs expériences. D’ailleurs, les embryons obtenus étaient anormaux et leur développement s’était arrêté au bout de 6 jours, sans qu’ils aient été implantés dans l’utérus.

Le clonage humain avait pu être obtenu en fécondant in vitro un ovule par plusieurs spermatozoïdes (ce qui ne se produit jamais naturellement), puis à diviser l’oeuf obtenu en plusieurs exemplaires en entourant chacun d’eux d’une enveloppe artificielle. Les chercheurs en biologie animale savaient déjà le faire avec des embryons de souris depuis 1970, et de veau ou de mouton depuis 1979. La technique du clonage est relativement simple, plus simple que le génie génétique utilisé couramment aujourd’hui pour la fabrication d’hormones humaines, et qui consiste à incorporer des fragments d’ADN humain dans le génome d’une cellule étrangère telle qu’une bactérie.

Un pas de plus très important a été franchi en été 1996 par l’équipe écossaise du Professeur Ian Wilmut avec la réussite du clonage d’une brebis non plus à partir d’une cellule embryonnaire, mais à partir d’une cellule adulte prélevée sur la mamelle. En effet, toutes les cellules de notre corps contiennent exactement les mêmes chromosomes que l’oeuf fécondé primitif (à l’exception des cellules reproductrices qui n’en contiennent que la moitié). Les chromosomes de la cellule mammaire d’une brebis ont été introduits dans un ovule « dénoyauté » d’une deuxième brebis, lequel a été implanté dans l’utérus d’une troisième brebis, qui a donné naissance à « Dolly » réplique exacte de la première brebis, et qui pourrait être multipliée à l’infini. Cette brebis est née sans fécondation et sans l’intervention d’un spermatozoïde, et on pourrait faire la même chose avec un mouton mâle.

Cette fois les réactions sont encore plus importantes qu’en 1993. L’UNESCO, le Conseil de l’Europe, le Vatican, ont vivement réagi. L’Italie interdit toutes les expériences de clonage, animal ou humain. La France réaffirme que les lois de bioéthique interdisent l’expérimentation sur des embryons, de même que la Convention européenne des Droits de l’Homme. Bill Clinton a déjà interdit en 1996 l’utilisation des fonds publics pour la recherche sur les embryons humains, et il vient de demander aux chercheurs américains d’observer un moratoire dans ce domaine.

D’ailleurs le 2 Mars dernier, le Washington Post révélait que des chercheurs américains avaient réussi à cloner des embryons de singe. Rappelons que le Professeur Jacques Testard, père du premier bébé-éprouvette français Amandine, s’est imposé lui-même un moratoire sur ses expériences. Cette fois, il s’agit de bien plus que de réunir un ovule et un spermatozoïde à l’extérieur de l’utérus.

L’innovation véritable vient du clonage d’un mammifère à partir d’une cellule de mammifère adulte, et selon l’auteur de l’expérience « Dolly », le Professeur Ian Wilmut lui-même, il sera possible dans deux ans de fabriquer des clones humains grâce à cette technique, même à partir de cellules d’êtres humains décédés. Le ministère de l’Agriculture britannique vient de supprimer les crédits publics affectés à ses travaux.

Aucun débat éthique n’a autant agité les milieux scientifiques depuis le premier bébé-éprouvette « Amandine » en 1978. Un pas de plus a été franchi dans le non-respect de l’être humain : après sa suppression pure et simple par l’avortement, ou sa manipulation aux fins d’expérimentations ou de greffes, voilà que l’on est en mesure de multiplier le même individu en autant d’exemplaires que l’on veut.

On pourrait ainsi envisager, en cas de décès d’un enfant, de faire naître son remplaçant identique. Si un enfant avait besoin de greffe de tissu ou de transplantation d’organe, on pourrait lui faire naître un alter ego ayant des tissus compatibles à 100 %. On pourrait même envisager qu’une femme puisse se mettre au monde elle-même sous forme d’un enfant qui serait sa propre sœur jumelle, pourvu que les parents de cette femme aient eu la « prévoyance » de conserver un autre spécimen cloné de l’embryon qui lui a donné naissance !

Il est urgent d’imposer un moratoire sur ces expériences qui peuvent aboutir à des monstruosités, et qui sont des offenses à Dieu notre Créateur et là aussi les chrétiens peuvent interpeller leurs élus.
Chacun de nous est un être absolument unique et précieux, aimé de Dieu, et c’est la diversité des individus qui fait la richesse de l’humanité.

La Bible nous dit :
" C’est toi qui as formé mes reins, Qui m’as tissé dans le sein de ma mère. Je te loue de ce que je suis une créature si merveilleuse. Tes oeuvres sont admirables, Et mon âme le reconnaît bien.
Mon corps n’était point caché devant toi, Lorsque j’ai été fait dans un lieu secret, tissé dans les profondeurs de la terre.
Quand je n’étais qu’une masse informe, tes yeux me voyaient ; et sur ton livre étaient tous inscrits les jours qui m’étaient destinés, avant qu’aucun d’eux existât. (Psaume 139:13-16) "

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