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La Recette du Bonheur : Jouir sans entrave ?

Sigmund Freud, C.S. Lewis et la question de Dieu.

samedi 23 juillet 2005

En terme de vision du monde, Sigmund Freud, athée et père de la psychanalyse, est aux antipodes de la pensée de C.S.Lewis.

C.S. Lewis est un des auteurs incontournables de la littérature anglaise du 20e siècle.


Un célèbre apologiste, érudit et ami de Tolkien, et dont les livres se sont vendus à plus de 200 millions d’exemplaires. Athée une partie de sa vie, ce professeur de littérature de l’Université de Cambridge s’est finalement converti au christianisme dont il devint un des plus ardents défenseurs sur les campus de son époque.

Ils ont cependant ceci en commun : chacun à sa manière a essayé de répondre à la question

Comment jouir pleinement de cette vie qui est la nôtre ?

Sigmund Freud

Tous deux ont apporté une réponse diamétralement opposée à cette question.
Freud parlait abondamment du plaisir en tant que principe directeur à toute vie humaine.
Il croyait que la liberté sexuelle était la source du plus grand plaisir qui soit et constituait, par conséquent, la source du bonheur. Tout refoulement du désir sexuel et tout obstacle à son expression était donc pour lui un obstacle au bonheur de l’humanité. C’est la raison pour laquelle il remettait en question toute la morale judéo-chrétienne dans ce domaine.

Mai 68 avant l’heure.

Jouir sans entrave, voilà un slogan qui a marqué l’époque moderne. Cette philosophie de la vie a eu un énorme impact sur le courant existentialiste des années soixante. Camus, Sartre et les autres, ont repris les principes de Freud et ont rejeté toute contrainte en matière de morale sexuelle. Comme Freud, ils croyaient que le but ultime de l’existence n’était qu’une affaire de satisfaction et de plaisir individuel.

Contrairement à de nombreux athées contemporains, Freud reconnaissait que ceux qui avaient une certaine rectitude morale semblaient plus épanouis que les autres. C’est pourquoi il enviait les chrétiens qui croyaient en Dieu et en l’existence d’une loi morale. Mais leur quête lui semblait vaine car, pour lui, il n’existait aucun Dieu ni aucune vérité morale en la matière.

Jouir oui ! Mais dans le cadre des lois naturelles.

C.S. Lewis

Lewis par contre, affirmait que pour jouir du bonheur, même dans ce monde, il était nécessaire de s’imposer pas mal de contraintes. Selon lui céder au diktat de tous nos désirs ne pouvait conduire que dans une impasse aux conséquences désastreuses. Il pensait qu’il existait une loi morale qui s’applique de manière universelle, bonne pour tous et pour toutes les époques. Pour vivre pleinement et jouir du bonheur dans cette vie, il fallait, selon lui, vivre en harmonie avec les lois morales qui gouvernent la réalité de ce monde créé par Dieu.
Le relativisme moral ne pouvait que conduire au désenchantement que nos sociétés modernes connaissent aujourd’hui d’ailleurs.

Mais aimer qu’est-ce que cela veut dire ?

Sur la question de l’amour, Freud pensait que tout était uniquement une affaire de sexe et de rapprochement de deux épidermes. Un amour érotisé serait, à son avis, à la base de toutes nos relations et affections.

Lewis a passé sa vie à essayer de définir la notion d’amour. Dans son livre intitulé « Les 4 amours », il a exploré l’idée de l’amour « Agapè » : un amour divin, de type sacrificiel, qui cherche l’intérêt de l’autre et pouvant aller jusqu’au don ultime de sa propre vie. Ce genre d’amour était totalement incompréhensible pour Freud, ainsi que pour tout bon matérialiste qui se respecte. Si ce monde, si cette vie qui est la nôtre, est l’ultime réalité, alors le sacrifice de soi n’est effectivement jamais dans notre intérêt.

« Jouissez sans entrave » est peut-être un slogan attrayant. Mais essayez de le mettre en pratique comme Freud l’a fait, et vous verrez bien où cela mène et qui est au bout du compte le plus heureux.
Non, toutes les visions du monde ne sont pas neutres et ne mènent pas au même résultat, y compris en matière de recherche du bonheur personnel.

Pour plus d’information sur ce sujet je vous renvoie à l’excellent livre, malheureusement en anglais, du Dr. Armand Nicholi, Professeur à Harvard, intitulé : « The Question of God ». Un livre qui compare la vision du monde du philosophe anglais C.S. Lewis et celle de Sigmund Freud.

P.-S.

NDLR. Article remanié et adapté à partir de diverses sources Internet et radiophoniques lues et compilées par J.-L. T.

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