Le portail des églises et associations protestantes de l’agglomération grenobloise adhérant au Réseau Fraternel Évangélique de France


CoeurNet (accueil) > En avoir le coeur net... > La Bible > La Bible, Parole de Dieu et paroles d’hommes (1)

La Bible, Parole de Dieu et paroles d’hommes (1)

L’exégèse biblique

mercredi 5 mai 2004, par Patrice Alcindor


Introduction

Toute écriture est inspirée de Dieu

L’apôtre Paul, écrivant à Timothée (2 Tim. 3/14), lui dit : « Toi, reste attaché à ce que tu as appris et qui est l’objet de ta foi. Tu sais de qui tu l’as appris. Depuis ton enfance, tu connais les écrits sacrés ; ils peuvent te donner la sagesse en vue du salut par la foi en Christ Jésus. Toute écriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, pour convaincre, pour redresser, pour éduquer dans la justice afin que l’homme de Dieu soit adapté et préparé à toute oeuvre bonne. »
Toute écriture est inspirée de Dieu et utile. Dieu nous a parlé mais la Parole c’est finalement quelque chose qui est beaucoup moins évident que ce qu’on pourrait penser de prime abord.

Entre ce que je pense, ce que je veux dire, ce que je crois dire, ce que je dis, ce que vous voulez entendre, ce que vous entendez, ce que vous croyez comprendre et ce que vous comprenez, il y a au moins neuf possibilités de ne pas s’entendre. La communication ne va pas de soi. Parler et être compris ne sont pas deux événements si simples et pourtant notre foi est totalement conditionnée par cette réalité qu’est la communication.

Nous croyons que Dieu a parlé aux hommes, nous a parlé et c’est pourquoi nous pouvons croire et c’est pourquoi nous croyons. Il a parlé autrefois par ses prophètes et au sommet de sa révélation, il a parlé par son Fils Jésus. C’est de Lui que l’Ecriture, la Bible, rend témoignage et ce témoignage est vrai. Ce témoignage est Parole de Dieu pour nous, révélation de l’amour de Dieu, de sa grâce, de ses oeuvres de salut.

Parole de Dieu et parole d’homme

Mais à travers les siècles, l’Eglise a toujours confessé que la Bible est à la fois une parole humaine et une parole divine. Pleinement humaine et pleinement divine. Et peut-être que, depuis deux siècles en particulier, il y a un écart grandissant entre certaines formes de christianisme qui ne retiennent que l’aspect humain de la parole, et ceux qui ne retiennent que l’aspect divin de cette même parole.

L’histoire de l’Eglise a connu dans les premiers siècles un tâtonnement pour formuler par exemple sa compréhension de qui était Jésus-Christ. Pour certains, Jésus n’était qu’un homme sur qui le Logos divin était descendu lors de son baptême, voire même un homme adopté après-coup par Dieu.

Pour d’autres, au contraire, Jésus, le Fils éternel de Dieu n’était pas un vrai homme ; il est venu dans une apparence humaine et, pendant des siècles, les hérésies se sont succédées.

Mais l’Eglise, petit à petit, a pu formuler une doctrine de Christ conforme à l’Ecriture : Jésus est pleinement Dieu et pleinement homme. Révélé en deux nature, sans confusion, sans transformation, sans division, sans séparation.

La Parole aussi est, comme Christ, pleinement d’origine divine, pleinement aussi, d’origine humaine. Et comment recevoir cette parole à la fois humaine et divine ? Comment la comprendre et comment l’appliquer à nos vies ? Comment entendre, par delà la distance historique de ce que Dieu a dit il y a deux mille ans, ce qu’il a à nous dire pour nous, aujourd’hui.

Certains diront peut-être : « Mais qu’avons-nous besoin de réfléchir sur tout cela. Il suffit d’ouvrir la parole, de la lire et on comprend ce qu’elle dit ». Il suffit de lire et puis d’obéir. C’est tout. C’est vrai pour l’essentiel. La Bible n’est pas un livre ésotérique, obscur, mystérieux. Il y des livres assez difficiles comme l’Apocalypse et certains chapitres de Daniel ou d’autres passages qu’il n’est pas facile de prime abord de comprendre. Mais généralement, on pourrait dire que la Bible est claire, en tout cas sur les grandes questions de foi, et peut-être que nos plus grands problèmes sont liés, non pas à ce que nous ne comprenons pas mais à ce que nous ne comprenons que trop bien...

Mais, tout de même, croire qu’il suffit d’ouvrir la parole, de la lire pour que tout soit évident, c’est faire preuve d’une certaine naïveté. Parce que lorsqu’on lit, toujours, on interprète. Nous apportons invariablement au texte, tout ce que nous sommes, avec nos expériences, notre culture, la compréhension que nous avons d’avance des mots et des idées... Personne n’aborde la Bible d’une manière totalement neutre. Nous venons à elle avec ce qu’on nous en a déjà dit, ce que nous avons déjà lu, ce que nous pensons savoir... Et comme, en outre, la Bible a été écrite dans une culture qui n’est pas du tout la nôtre, par des personnes qui avaient des préoccupations bien différentes des nôtres, et qu’en plus nous n’avons accès qu’à des traductions, il n’est pas si facile de simplement lire les textes pour pouvoir les comprendre et savoir quel écho ils doivent avoir dans notre vie.

Il suffit d’ailleurs de regarder autour de nous, dans les différentes églises, ou même à l’intérieur d’une même église, pour s’apercevoir que ce qui est évident pour les uns, ne l’est pas nécessairement pour les autres. Comment nous mettre à l’écoute de la Parole ? Cette Parole dont le psalmiste dit : "Je fais mes délices de tes commandements, je fais mes délices de tes prescriptions, je n’oublie pas ta parole. Ta parole est une lampe à mes pieds, une lumière sur mon sentier. Je me réjouis en suivant tes statuts comme si je possédais toute richesse. Je médite tes préceptes, j’ai tes sentiers sous les yeux.

Comment la comprendre ?

Exégèse et herméneutique

Il nous faut accepter de faire un travail dans notre lecture de la Parole. Un double travail : en théologie, on utilise deux mots : exégèse et herméneutique. Ils définissent les deux parties du travail que nous devons faire en lisant la Bible.

L’exégèse, c’est l’étude attentive et systématique des Ecritures pour en découvrir la signification et l’intention originelles. C’est le premier pas : lire attentivement le texte pour essayer de comprendre ce que l’auteur a voulu dire.

Et ensuite, l’herméneutique est l’application actuelle de textes anciens des Ecritures à notre vie d’aujourd’hui. Parce que cette Parole doit aussi faire autorité dans notre vie, aujourd’hui.

Dans cet article, je voudrais vous parler de l’exégèse. Je vous parlerai de l’herméneutique dans un prochain article.

Nous devons réaliser que, de même qu’il nous est impossible de connaître le Jésus qui vit aujourd’hui sans passer par Jésus de Nazareth qui a vécu il y a deux mille ans, nous ne pouvons pas entendre la parole de Dieu pour nous aujourd’hui sans d’abord entendre ce qu’elle a signifié pour ceux qui l’ont reçue. Apprendre à pratiquer l’exégèse, c’est apprendre à lire attentivement le texte et à poser les bonnes questions pour essayer de le comprendre dans son contexte.

Mon expérience des études bibliques me montre continuellement combien cet exercice qui n’est absolument pas évident. Pourtant, avant de s’approprier un verset, il faut savoir ce que son auteur a voulu dire.

Et il a deux sortes de questions à se poser sur tous les passages de la Bible si nous voulons entendre ce que Dieu a dit il y a 3000 ou 2000 ans pour le Nouveau Testament.

Examiner le contexte historique

Il y a tout d’abord les questions relatives au contexte.

Le contexte historique pour commencer, l’époque et la culture de l’auteur, les facteurs géographiques, les facteurs topographiques aussi. Et on trouve généralement la réponse à ces questions dans le livre lui-même. Il nous faut parfois nous rendre à l’évidence : plus notre contexte de vie s’éloigne du contexte des premiers destinataires et plus il nous est difficile de comprendre. Pouvons-nous comprendre, sans explication, l’interdiction faite aux Israélites de faire cuire un chevreau dans le lait de sa mère ? Ou encore, les interdits sur les incisions ? (Je ne pense pas qu’il vous vienne à l’idée de vous faire des incisions sur le visage !) Ou l’interdiction de se raser le coin de la barbe ? Mais dans le contexte de l’époque, on s’aperçoit qu’il s’agissait de pratiques des cultes païens environnants qui avaient des significations spirituelles dans ces cultes. Et pour les Israélites, cela avait du sens.

De même, lorsque nous lisons dans les Evangiles que Jésus enseignait à des femmes, cela ne nous frappe pas. Mais dans le contexte de l’époque, c’est absolument révolutionnaire. Aucun rabbin n’aurait enseigné à des femmes !

Nous replonger dans le contexte historique, nous permet de comprendre tout à coup, certaines choses que le Seigneur a voulu nous dire qui, autrement, passeraient inaperçues.

Considérons, par exemple, ce passage d’Actes 6 qui nous parle d’un problème dans l’église naissante de Jérusalem : les veuves des hellénistes se plaignaient parce qu’elles recevaient moins que les autres veuves. Les apôtres ont convoqué la multitude et décidé de choisir des personnes pour s’occuper de la distribution des ressources. Beaucoup de versions de la Bible mettent en titre de ce passage « l’institution des diacres ». Pour nous, c’est la première fois que dans la Bible apparaissent les diacres. Et puis, on passe et on lit la suite du livre. Mais si nous nous replaçons dans le contexte, nous devons nous poser cette question : mais qui étaient ces hellénistes ? C’étaient des Juifs de langue grecque ; ils avaient vécu en dehors de la Palestine et, certains, pour leur vieux jours, d’autres pour d’autres raisons, revenaient y vivre, notamment à Jérusalem. Et comme ils étaient en fait des étrangers, à leur mort, leurs veuves n’avaient pas de moyens de subsistance ; elles étaient prises en charge par la communauté de Jérusalem. Mais c’était assez lourd et, de plus, les hellénistes, étaient un peu tenus à l’écart pour avoir vécu parmi les païens. Etienne, tout comme Saul (Paul), était membre d’une synagogue où se retrouvaient ces gens-là. Ils avaient leurs synagogues où ils parlaient le grec et non pas l’araméen. En lisant la suite du livre des Actes, nous voyons que ce sont les hellénistes convertis qui vont véritablement être les moteurs de la mission auprès des païens. C’est à partir d’eux que la mission au près des païens va se développer d’abord par Antioche, qui va envoyer Paul... Cet épisode ne nous est pas raconté pour nous dire qu’il faut nommer des diacres quand il y a un problème de distribution de nourriture ! Luc est en train de nous montrer comment l’Eglise est passée d’un noyau juif à Jérusalem jusqu’aux extrémités du monde. Et les hellénistes sont un groupe différent qui va oser parler aux païens avec lesquels ils ont vécu lorsqu’ils étaient dans la diaspora. Voyez que remettre l’écriture dans son contexte historique nous permet de comprendre ce que nous ne comprendrions pas si nous ne faisions pas ce travail.

Prendre en compte le contexte littéraire

Il n’y a pas seulement le contexte historique. Les plus grandes difficultés viennent du fait que nous oublions parfois de remettre les textes dans leur contexte littéraire. Les mots n’ont de sens que dans une phrase, et les phrases n’ont de sens que par rapport aux phrases qui précèdent et qui suivent. Mais lorsque nous tirons un verset de la Parole, nous pouvons lui faire dire n’importe quoi ! Est-ce faire honneur à la Parole de Dieu, est-ce la recevoir pour ce qu’elle est que de prendre un verset et de lui faire dire ce qui nous semble bon ?

Prenons par exemple, Romains 8,28 : « Nous savons du reste que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son dessein ». Quoi qu’il arrive dans la vie d’un frère ou d’une soeur, allons-nous lui dire : tu sais, toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu ? Tu viens de perdre ton mari, ta femme, mais toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu... Bien sûr, la parole nous enseigne par ailleurs la providence divine mais le contexte de ce verset est très clair : ce qui précède, c’est le rappel que la création et les chrétiens aspirent à la gloire à venir, à un monde débarrassé des effets de la chute et ce qui suit c’est une liste des actions de Dieu qui aboutissent à la gloire : « il nous a élus, prédestinées, sanctifiés... et il nous a glorifiés ». Ce texte ne nous enseigne pas que tout ce qui nous arrive dans notre vie concourt à notre bien mais il nous dit que, par rapport à cette aspiration de vivre dans un monde où les effets de la chute seront balayés, Dieu fait toutes choses pour nous y conduire : Il nous prédestine, il nous élit, il nous appelle, il nous sanctifie, il nous mène à la gloire. Toutes les actions salutaires de Dieu sont en vue de ce bien là. Utiliser ce verset à tout bout de champ, est-ce véritablement recevoir la Parole de Dieu, ce que Lui nous a réellement dit ?

Prenons pour autre exemple le passage bien connu de 1 Corinthiens 14/34-35, texte hautement polémique par son sujet : « comme dans toutes les églises des saints, que les femmes se taisent dans les assemblées car il ne leur est pas permis d’y parler ». Que les femmes se taisent. Si on ne regarde pas le contexte, on pourrait conclure effectivement que Paul interdit purement et simplement aux femmes de parler dans les assemblées. Pourtant, si on prend garde au contexte, on s’aperçoit que, deux chapitres avant, Paul a parlé des femmes qui prient et qui prophétisent. Comment peuvent-elles se taire et en même temps prophétiser et prier ? Paul ne va pas se contredire en demandant au chapitre 11 que les femmes qui prophétisent et qui prient doivent avoir la tête couverte et ensuite qu’elles doivent se taire.

Le contexte large nous interdit de comprendre le texte de cette manière-là sous peine de dire que la Parole de Dieu se contredit. Si on replace cette phrase dans son contexte étroit on découvre que Paul, depuis le début du chapitre 13, aborde le parler en langues et la prophétie, deux sujets problématiques. Il commence ainsi : « lorsque vous vous assemblez les uns et les autres, que tout se fasse pour l’édification ». Ensuite, il énonce le premier sujet : « y en a-t-il qui parlent en langues ? », définit la forme : « que deux ou trois au plus parlent » et la manière « chacun à son tour » ; ensuite, le fond : « que quelqu’un interprète ». Pour finir, Paul donne une limite : « si personne ne peut interpréter, qu’on se taise ».

Il passe au deuxième sujet - les prophètes - et suit exactement le même schéma.

Il définit la forme : « que deux ou trois parlent », le fond : « que les autres jugent »et les modalités : « si quelqu’un a une révélation que le premier se taise », « chacun son tour ». Et il ajoute encore une limite qu’il impose : les femmes, elles ne doivent pas participer à cette évaluation de la prophétie. Il y aurait beaucoup plus à dire sur ce texte mais, immédiatement, on comprend que Paul parle d’une situation particulière. Il demande aux Corinthiens que, dans ce cadre-là, les femmes ne parlent pas. Prendre ce verste et l’absolutiser pour toute situation, est-ce véritablement faire honneur à la Parole de Dieu ? C’est le sortir totalement de son contexte et lui faire dire ce que bon nous semble.

La question du sens

En dernier lieu, après avoir regardé le contexte historique et le contexte littéraire, il faut nous poser des questions relatives au contenu.
C’est la question du sens. Cela ne nous est pas toujours facile de comprendre toutes les expressions qui avaient cours à l’époque et qui peut-être n’évoquent plus rien pour nous aujourd’hui. Une fois que nous avons replacé un texte dans son contexte historique et littéraire, nous devons nous attacher à essayer de comprendre chacun des mots. Et aujourd’hui nous avons la chance d’avoir plusieurs traductions qui vont utiliser des mots différents pour nous faire comprendre une nuance qui existait dans le terme en grec mais que, peut être nous ne retrouvons pas exactement en français.

Regardons 1 Tim 2, un autre texte qui parle des femmes : « que la femme s’instruise en silence ». La plupart des traductions disent « en silence » mais le mot qui est utilisé dans le grec n’est pas « en silence ». C’est « paisiblement ». Il y a peut être un à priori de la part du traducteur lorsqu’il choisit de dire « que les femmes s’instruisent en silence ». En effet, ce terme est utilisé 3 fois dans le texte et à chaque fois le traducteur a utilisé « paisiblement, en paix »... mais au sujet des femmes, on trouve « en silence ».

On peut remarquer que dans la structure de ce texte-là il est demandé auparavant aux hommes « de prier en élevant des mains pures et sans contestation » ... et aux femmes d’écouter l’enseignement « paisiblement ». Vous voyez que si l’on va rechercher le sens du mot, on s’aperçoit que peut-être le texte nous dit quelque chose de complètement différent de ce qu’on pouvait penser de prime abord...

Conclusion

Pouvons nous apprendre à nous mettre à l’écoute de la Parole, à l’écoute de ce qu’elle a vraiment à nous dire ?

Cela ne se fera pas sans effort, cela ne se fera pas sans travail mais toute l’Ecriture est utile pour nous instruire, pour nous former, pour réformer nos pensées et nous devons faire ce travail de relire la Parole dans son contexte.

Nous ne pourrons peut-être pas faire cela tous les jours mais je crois que notre croissance spirituelle nous demande de le faire...

Répondre à cet article

3 Messages

  • > La Bible, Parole de Dieu et paroles d’hommes 15 mai 2004 15:22, par Philippe LESAGE

    Merci pour votre message sur le sens et l’inspiration des Ecritures que nous avons pu apprécier à sa juste valeur. Il est simple et accessible même à ceux qui n’ont pas fait de théologie. Pour les autres, plus instruits, il sera perçu comme précis et équilibré.

    Je vous souhaite, cher frère, mes plus fraternelles salutation en Celui que nous servons ensemble.

    Pasteur Philippe LESAGE (Toulon)
    ecb-toulon noos.fr

    repondre message

  • > La Bible, Parole de Dieu et paroles d’hommes 27 juin 2004 18:42, par Ange

    Je vous remercie de cet article très édifiant. Je pense que si les chrétiens recevaient des enseignements sur la manière de méditer la parole de Dieu, il y aurait beaucoup moins de divergences dans les églises. Que Dieu nous aide tous.

    repondre message

  • Merci pour votre message cez message m’a fait du bien, il m’a permis de comprendre l’ecriture que Dieu vous benisse

    repondre message


Nouveautés | Lettre de nouvelles | Écrivez-nous ! | SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0 |