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L’édit de Nantes en pays grenoblois

samedi 23 janvier 1999, par Marc Grambin


De volonté royale, l’édit intervint dans la province du Dauphiné, marquant la fin des guerres de religions. Le roi chercha la conciliation religieuse « pour quelques temps » et « l’établissement d’ une bonne paix et tranquille repos ».
Henri IV y rétablissait l’exercice de la religion catholique apostolique et romaine, autorisait celui des protestants, leur accordant la liberté de conscience, la sûreté de leurs personnes et fortunes. Ainsi, il légiférait pour que « la gloire et le service (de Dieu) ne pouvant être en une même religion, que ce soit au moins d’une même intention ».

Situation et condition des églises protestantes grenobloises - 1520/1598

L’établissement de la Réforme en Dauphiné avait été profond dès le début du seizième siècle, prolongeant les mouvements des « pré-réformateurs » comme par exemple celui des Pauvres de Lyon (les Vaudois) du XIIe siècle, retranchés alors dans le haut-Dauphiné et le Piémont.

Les premiers prédicateurs grenoblois, sortis pour la plupart d’ordres catholiques (comme Guillaume Farel de Gap converti à la foi évangélique dans la région parisienne à travers sa fréquentation du Cercle de Meaux). S’ils ne s’exilaient pas, ils subissaient le martyr (comme P. de Sibiville, Maigret...). Le « Nicodèmisme » était rejeté
comme moyen de réforme et de retour à la pureté de l’Évangile, par la Parole de Dieu et la foi en Jésus-Christ seul.

Les intentions et la volonté de l’édit n’avaient pas accompagné ses précédents ni les prédécesseurs du roi Henri IV. Seule la religion catholique avait libre exercice dans le royaume très chrétien de France. La force répondant aux interdits, vexations, condamnations (...) permettait cependant, au gré des conquêtes militaires et
des craintes les accompagnant, l’exercice du culte protestant. Il est pour cela indispensable de signaler les exactions des deux partis à travers le pays grenoblois - saccages, assassinats, confiscation d’ églises et de biens - décisions d’ assemblées politiques ou de meneurs tel le baron des Adrets. Beaucoup de protestants durent émigrer vers l’ étranger.

L’ administration royale, représentée à Grenoble par le parlement ; haute cour de justice et de police générale, puissance financière par la chambre des comptes ; était aussi emportée par les courants répressifs, selon la composition de ses présidents et conseillers.

Enfin, les églises naissantes - composées de toutes les couches de la société - se rattachèrent à l’enseignement du réformateur français Jean Calvin exilé à Genève, et au modèle biblique. De nombreuses correspondances de ces églises (de Grenoble, du Grésivaudan, de Roybon...) avec Calvin témoignent de leurs attentes. Leur liturgie se
conformait aux pratiques de Genève, rapportée par les pasteurs, seuls, sauf exception ayant autorité. Des itinéraires avec la Suisse et entre provinces avaient été convenus (en synode) pour les correspondances et autres « paquets » (Bernin / Le Touvet - St Mury...).

L’édit et son exécution - 1599/1610

L’enregistrement de l’édit ne se fit pas sans peine par le parlement de Grenoble - le 27 septembre 1599 - et des commissaires exécuteurs (comme Lesdiguières) durent veiller constamment à son application. Il trouva les protestants dauphinois établis dans plus de 90 églises
(270 annexes), toutes n’ ayant pas leur pasteur. On pouvait donc constater une expansion grandissante depuis 1560.

Les partis allaient découvrir une notion nouvelle à l’esprit du XVIe siècle : l’ idée de tolérance, n’ ayant pu s’assurer d’une victoire complète. Les églises de la « Religion Prétendue Réformée » grenobloises, aux termes de l’édit, obtinrent l’exercice du culte de façon limitée (Temple/ Seigneuries protestantes), deux places de sûreté (Grenoble et Barraux), une représentation mi-partie au parlement, la concession de cimetières, une reconnaissance politique et ecclésiastique. État dans l’Etat, le parti protestant et les
églises locales ne seront progressivement plus tolérés par
une monarchie toujours plus absolue et feront l’ objet de l’attention particulière de Richelieu.

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