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L’EDIT DE NANTES - QUELQUES REPERES HISTORIQUES EN FRANCE AU XVI SIECLE

lundi 12 août 2002, par Reynald Kozycki


La réforme connaît en France une large audience. Mais le conflit entre catholiques et protestants aboutit à trente-six ans de guerre civile.
En 1958, l’ Edit de Nantes semble ouvrir aux réformés une ère de vie normale. En fait, cet Edit ne sera qu’un répit de courte durée.

I - DE FRANCOIS 1er AU COLLOQUE DE POISSY.

François 1er, en particulier grâce à l’influence de sa soeur Marguerite de Valois, semble d’abord favorable aux idées de la réforme. Mais dès 1529, à la suite des décisions du concile de Sens qui définit la foi catholique et de l’exécution de l’humaniste Berquin, la rupture entre les pouvoirs civils et la réforme est prévisible.

L’affaire des placards ne fait qu’envenimer les choses. Dans la nuit du 17 au 18 octobre 1534, un tract anticatholique est placardé à Paris et en plusieurs villes de France ainsi qu’au château d’Amboise où séjourne le roi. Tract maladroit, au titre significatif : « Articles véritables sur les horribles, grands et insupportables abus de la messe papale, inventée directement contre la Sainte Cène de Notre Seigneur, seul Médiateur et Sauveur Jésus-Christ  ». Réaction terrible. Des bûchers sont allumés. Beaucoup, dont Calvin et Marot, doivent s’enfuir et quitter la France.
En 1543, des édits royaux prennent position contre ceux qui ne suivent pas le catholicisme, qui font de la propagande en faveur de la Réforme. « L ’hérésie protestante » est un crime social autant que religieux. La fin du règne de François 1er est marquée par la persécution des réformés. Henri II va encore plus loin dans la persécution.
Mais les protestants s’affermissent et s’organisent, et le Premier Synode des Eglises Réformées de France se réunit à Paris du 26 au 28 mai 1559, attestant l’extension progressive du Protestantisme dans tout le Royaume. Une confession de foi et une discipline coordonnent et unifient les nouvelles églises.
L’avènement de François II, après la mort accidentelle d’Henri II (1559), n’arrête pourtant pas les persécutions que subissent les réformés. C’est ainsi qu’Anne du Bourg, jeune conseiller au parlement de Paris, est pendu en place de Grève pour avoir rallié et défendu les protestants.
Les Guises, catholiques, appartenant à une famille princière étrangère (La Maison de Lorraine) prétendent gouverner le jeune roi, François II.
Le prince de Condé (protestant), pour le soustraire à leur influence, organise la Conjuration d’Amboise qui, découverte, est atrocement réprimée (1560). François II meurt. Charles IX lui succède. Catherine de Médicis est nommée régente. Pour pacifier le royaume elle convoque le Colloque de Poissy (1561), où les théologiens catholiques et protestants discutent sans résultat.

II -LES GUERRES DE RELIGION.

1 - Pendant trente-six années la guerre civile ensanglante la France. Au cours de ces luttes s’affrontent deux partis politiques qui soutiennent les deux religions en présence.

2 - Les causes des guerres de religion sont diverses :
- la passion religieuse tant de la part du parti catholique qui désire en finir avec l’hérésie réformée pour s’assurer la suprématie dans le royaume, que de la part du parti protestant à la tête duquel se trouve une noblesse peu disposée à accepter les attaques du clan opposé et à se laisser évincer des hautes fonctions du royaume.
- l’insuffisance du gouvernement royal ; Charles IX est jeune et faible, et la régente, Catherine de Médicis, manoeuvre entre les deux partis en présence pour s’assurer la possession du pouvoir.
- les intrigues politiques avec la prétention au trône de France de Philippe II, roi d’Espagne, époux de la fille d’Henri III, à la mort de ce dernier.

3 - le massacre des réformés de Vassy par François de Guise (1562) déclenche la guerre civile. Théodore de Bèze se rend auprès de la reine pour demander le châtiment des responsables de ce massacre. Le Roi de Navarre assiste à l’audience ; et comme il prend fait et cause pour ceux qui persécutent les réformés, il s’attire la célèbre réponse de Bèze : « Sire, c’est, à la vérité, à l’Eglise de Dieu, au nom de laquelle je parle, d’endurer les coups et non d’en donner. Mais aussi vous plaira-t-il vous souvenir que c’est une enclume qui a usé beaucoup de marteaux.  »
Dès lors le conflit entre catholiques et protestants prend une forme armée : de 1562 à 1598 huit guerres de Religion ensanglantent la France. Elles sont marquées par deux grandes batailles (Jarnac et Moncontour - 1569) où les protestants sont vaincus et par le massacre de la Saint-Barthélémy (24 août 1572) où périssent l’amiral Gaspard de Coligny et plusieurs milliers de réformés.

4 - Les dernières guerres ont souvent pour mobiles des passions plus politiques que religieuses. Les catholiques forment la Ligue qui est battue par Henri IV à Arques (1589) et à Ivry (1590). Mais Henri IV abjure le protestantisme à Saint-Denis (1593) et entre à Paris en maître incontesté du royaume.

III. L’EDIT DE NANTES.

1 - La signature et les clauses de l’Edit de Nantes.

Pour mettre fin aux guerres de religion Henri IV signe, en 1598, l’Edit de Nantes sur lequel on appose le grand sceau de cire verte, marque des édits « perpétuels et irrévocables ». Cet édit accorde aux réformés : la liberté de conscience, la liberté du culte, mais avec des restrictions importantes (alors que le culte catholique est rétabli partout), l’admission à toutes les dignités et charges publiques, des garanties sérieuses pour la justice (chambres mi-parties, c’est-à-dire composées de juges catholiques et protestants), le droit d’ouvrir des écoles, des collèges, et quatre académies, la possibilité de tenir des synodes, « avec la permission de sa majesté », le droit de tenir garnison pendant huit ans dans 150 places de sûreté. Après quarante ans de luttes, dont trente-six en des luttes armées qui coûtent près de 600 000 vies, les réformés obtiennent donc satisfaction en ce qui concerne leurs revendications fondamentales.

2 - La restauration de l’Eglise réformée.

En 1571, le synode de La Rochelle adopte une confession de foi connue sous le nom Confession de foi de La Rochelle. L’Edit de Nantes permet le renouvellement et l’organisation de l’Eglise Réformée qui réunit alors un certain nombre de synodes, avec la permission du Roi, s’entend. Le président appelé Modérateur est un pasteur. A chaque synode, on renouvelle le serment d’union entre les Eglises et la fidélité à la Confession de foi.

3 - La mort d’Henri IV

Malgré de nombreuses pressions catholiques, Henri IV applique les principaux articles de l’Edit de Nantes mais sa tolérance est jugée scandaleuse et finalement, il la paie de sa vie (1610).

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