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Homme Artificiel ou Dons d’Organes ?

samedi 7 septembre 2002, par Jean Igor Wolga


Il existe de nombreuses maladies ou infirmités dans lesquelles un organe est complètement défaillant ou absent, et dans lesquelles un traitement médical ne suffit plus : surdité, cécité, perte ou paralysie d’un membre, défaillance rénale ou cardiaque irréversible, anémie sévère, destruction complète de la moelle osseuse, hépatite suraiguë, etc...

Les hommes ont donc pensé depuis longtemps à remplacer ces organes défaillants ou absents, soit par des organes artificiels ou prothèses, soit par des organes greffés ou transplantés.

La plus ancienne tentative de greffe a été la transfusion sanguine, le sang étant un tissu vivant ou un organe liquide, mais elle était vouée le plus souvent à l’échec jusqu’à ce que Landsteiner découvre les groupes sanguins en 1900. Puis on a essayé de remplacer des organes malades ou détruits par d’autres organes sains : reins, cornée, moelle osseuse, cœur, poumons (parfois le cœur et les deux poumons ensemble), foie. On pensait au début que seules les greffes entre vrais jumeaux étaient possibles, mais le progrès des traitements anti-rejet a permis à partir de 1959 de multiplier le nombre de greffes humaines réussies, et notamment l’apparition en 1983 de la ciclosporine, extraite d’un champignon microscopique découvert dans un échantillon de terre de Scandinavie par un chercheur de la firme pharmaceutique Sandoz. La ciclosporine a permis de faire passer le nombre de transplantations en France (tous organes confondus) de 685 en 1980 à 3572 en 1991, année qui a connu le plus grand nombre de transplantations. Cependant, le nombre de malades en attente d’une greffe en 1991 était de 6694, soit presque le double, et le délai d’attente pour un rein était de plus de 3 ans pour plus de la moitié des malades.

Pour répondre aux besoins en donneurs, la loi Caillavet autorise depuis le 31 Mars 1978 (date de son premier décret d’application) à prélever les organes d’un malade en état de mort cérébrale, sauf s’il s’y est expressément opposé de son vivant. Malgré cette loi, le nombre de transplantations, donc de donneurs, a diminué en France pour la première fois en 1992, de 10 pour cent. En effet, grâce aux progrès de la réanimation médicale et à une certaine diminution des accidents de circulation, le nombre de sujets en état de mort cérébrale a diminué et va continuer à diminuer.

Les greffes d’organes humains posent également de graves problèmes éthiques : risque de favoriser la mort d’un patient pour avoir un donneur, greffes de tissus de cerveaux d’embryons comme cela a déjà été fait pour traiter la maladie de Parkinson, commercialisation et trafic d’organes humains pour satisfaire les besoins de riches malades, mutilations volontaires de donneurs sains contre finances, mutilation et meurtre d’enfants ou d’adolescents pour avoir des organes frais : toutes ces abominations existent et sont répandues en particulier dans les pays en voie de développement.

Le manque de donneurs et les problèmes éthiques ont conduit à envisager les xénogreffes ou greffes d’organes animaux : ce genre de greffe est opérationnel pour les valvules cardiaques qui peuvent venir du porc. Dans de rares cas, l’utilisation provisoire d’un foie de babouin a permis aussi à quelques malades de survivre à une hépatite suraiguë dite « fulminante ». Mais en dehors de ces cas, tous les malades greffés avec des organes animaux ont succombé à une réaction de rejet qui n’a pas pu être maîtrisée. On estime que ce genre de greffes ne sera pas possible avant 10 ou 20 ans.

Par conséquent, il paraît logique de se tourner vers l’autre alternative qui est l’utilisation de prothèses ou d’organes artificiels.

De tous temps, l’homme a rêvé de pouvoir s’adjoindre des prolongements ou prothèses, d’abord extérieurs à lui-même (les outils, qui prolongent et améliorent le geste), puis contigus à lui-même (comme les lunettes) qui remplacent ou soutiennent une fonction défaillante du corps (les lunettes astronomiques sont par contre des outils). Les béquilles, les prothèses de membres en font partie et existent depuis très longtemps. Les prothèses auditives sont arrivées beaucoup plus tard. Puis sont apparues les lentilles optiques (qui sont même devenues jetables !) et les prothèses auditives miniatures. Enfin, l’homme a pu se faire des prothèses intérieures, d’abord dans le domaine orthopédique (cols du fémur, hanches entières, genoux, épaules, coudes, en différents matériaux : métaux inoxydables, fibres de carbone). Puis dans le domaine cardio-vasculaire sont apparues des prothèses de valves cardiaques ou d’artères en matières plastiques telles que le Téflon. Sont apparus plus récemment les « stents » qui sont des armatures pour les artères coronaires en fin grillage métallique. Quant au cœurs artificiel, il n’est pas encore au point et ne peut être utilisé qu’à titre transitoire en attendant une greffe de cœur. Dans le domaine sensoriel nous connaissons maintenant les implants cochléaires pour les surdités graves non appareillables par voie externe, et les implants oculaires pour remplacer un cristallin opacifié par la cataracte. Il existe aussi des pompes à insuline pour les diabétiques, qui peuvent être soit portées à l’extérieur du corps, soit implantées à l’intérieur.

Le mythe de ROBOCOP est l’illustration suprême du rêve prométhéen de l’homme qui veut dépasser les limites de son corps : il s’agit d’un policier tué et dont le cerveau a pu être récupéré pour être greffé sur une mécanique de robot, devenant ainsi un surhomme et une super-machine à l’efficacité implacable pour la lutte contre le mal.

Cette greffe de cerveau est considérée par tous les scientifiques sérieux comme impossible, car le cerveau est un organe très différent des autres et très particulier chez l’homme. Aucun des 15 milliards de neurones du cerveau n’est capable de se reproduire ou de se régénérer quand il meurt. Il peut tout au plus être remplacé par d’autres qui sont « en sommeil ». Dans le cerveau siègent la pensée, la connaissance, la parole, donc l’esprit, que l’homme est la seule créature vivante à posséder.

De même aucune prothèse de cerveau, aucun ordinateur le plus perfectionné, le plus « intelligent » soit-il, ne pourra être implanté pour remplacer le cerveau humain.

L’homme totalement artificiel n’est donc pas envisageable, même si les greffes d’organes et les prothèses sont de plus en plus utilisées (comme des aides, comme des béquilles) pour se maintenir en vie. C’est dans le cerveau que se trouve l’essence de la vie et ce n’est pas pour rien que la définition de la mort est la mort cérébrale. Dans le cerveau siège l’esprit, qui fait de l’homme une créature vivante et pensante semblable à Dieu, capable de prendre conscience d’elle-même, de l’univers qui l’entoure, de son passé et de son avenir, et de Dieu.

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1 Message

  • Homme Artificiel ou Dons d’Organes ? 3 avril 2009 21:21, par Un étudiant utopique

    Bonjour, je suis un adolescent de 16 ans, j’étudie la biloqie et la mécanique (théorique) et je cherche depuis pas mal de temps un article sur le net faisant une référence à la mécano-biologie (terme a vérifier). j’ai un oncle qui est décédé du diabète, fameuse maladie atteignant les +60 en moyenne, mais ma famille étant un lignée diabétique il est mort a 49 ans. Je ne connaissait vraiment rien des greffes d’organes avant d’arriver en 2nde mais depuis que j’étudie la biologie de façon aprofondie, je m’y intérèsse vraiment ! En voyant les progrès de la Biologie, qui évoluent sans cesse, le fait de trouver des empreinte n’est vieux que de 10 ans ! Et la loi de Moore qui nous dit que la puissance des ordinateur double tous les 18 mois. Est-ce que il est pensable de remplacer une partie de corps perdue par un membre entierement automatisé et relié directement au système nerveux et donc au cerveau ? Par exemple un doigt. A partir de là, la difficulté serai de trouver des matériaux sythétiques pour remplacer le doigt dans son intégralité tout en n’étant pas détécté comme étranger par le système immunitaire.

    Est-ce que ce type de machine pour remplacer les parties du corps endomagées ou inexistantes reliée au système nerveux sera fiable dans quelques années ? sera-t-il dangereux ? est-il envisageable ? Y aura-t-il des abus des gens fous ? Mais ce que je voudrais savoir, c’est si il y a une section en france ou autre part qui permet de faire des recherches dans se secteur peu connu -inexistant ?-.

    Je pense que la mécanique pourrait être la médecine de demain. je pense orienter mes études la dedans.

    Vos avis, vos impréssions m’aiderons

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