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Dépression, discipline de vie, thérapie, vie spirituelle : Témoignage personnel et conseils pratiques

Gestion du temps, gestion de son énergie et sa vitalité

Traverser la vallée de l’ombre (article 5/12)

samedi 15 janvier 2005, par Jean-Louis Théron


Gérer son temps

Il faut aussi apprendre à gérer son temps.
Des centaines - voire des milliers - d’excellents livres de gestion du temps ont été écrits. Il ne manque souvent à leurs lecteurs que… de s’y mettre !
Dans le présent ouvrage, je ne vais que donner quelques recettes simples et pratiques « qui marchent bien » : le lecteur se reportera à des ouvrages plus complets pour des techniques plus poussées, ou pour creuser le thème passionnant de la perspective du temps pour Dieu et pour le chrétien.
À la maison comme au travail, au lieu de vous précipiter sur les tâches au fur et à mesure qu’elles vous viennent à l’esprit, employez la méthode suivante : prenez tranquillement votre agenda, et planifiez des moments de repos au cours des prochains jours. NOTEZ-LES sur l’agenda, et tenez-vous à ce programme comme s’il s’agissait d’un rendez-vous à l’extérieur.
Évacuez systématiquement par écrit, sur un « pense-bête », ce qui vous préoccupe. Au besoin mettez un bloc et un stylo sur votre table de nuit (je l’ai fait souvent !). Ne cherchez pas tout de suite à apporter une solution aux problèmes ainsi notés, mais accordez-vous le temps de revenir à un état de plus grand calme, ou après le lever si vous êtes couché.

Prenez conscience que le monde ne s’arrêtera pas de tourner du fait de vos défaillances, et ne tournera pas plus vite du fait de vos réussites.

Faites la différence entre efficacité (atteindre les résultats ou objectifs attendus) et conformité (faire ce qu’on a prévu ou ce qu’on doit faire). Voici un tableau pour marquer clairement la distinction :

ConformitéEfficacité
Bien faire les choses Faire les choses qu’il faut
Résoudre des problèmes Produire des alternatives créatives
Préserver des ressources Optimiser les ressources employées (efficience)
Accomplir son devoir Aboutir à des résultats
Réduire les coûts Augmenter le profit

Rappelez-vous également le « principe d’Eisenhower », qui classe les tâches selon leur urgence et leur importance :

TâchesMoins ImportantesPlus importantes
Moins Urgentes Tâches à ABANDONNER ! Tâches dont il faut FIXER le DÉLAI, puis qu’il faut éventuellement DÉLÉGUER
Plus Urgentes Tâches à DÉLÉGUER Tâches à FAIRE IMMÉDIATEMENT

À l’usage, vous verrez qu’il n’y a pas tant de tâches que cela qui soient à la fois urgentes et importantes…

Et, pour finir, quelques « petits » conseils en vrac :

- Planifier son travail en prenant 5 à 10 mn pour cela en début de journée,
- Garder des marges de manœuvre pour « l’urgent imprévisible »,
- S’attaquer d’abord aux sujets essentiels du jour,
- Au bureau, traiter chaque courrier si possible en une seule fois, sans avoir à y revenir,
- Traiter les 20% de problèmes qui entraînent 80% des inconvénients (principe de Pareto),
- Optimiser les déplacements (chez soi, internes à l’entreprise, dans un autre lieu),
- Ne pas s’acharner avec perfectionnisme et scrupule sur les travaux secondaires (le temps n’étant pas extensible, on n’aurait plus assez de temps pour les choses essentielles),
- Simplifier systématiquement son travail,
- Terminer ce que l’on commence,
- Ne pas prendre de notes inutiles (et évaluer l’usage fait des notes prises),
- Estimer la durée d’une activité, puis vérifier le temps qu’on y a réellement passé (exemple : « petit » bricolage de plomberie),
- Aménager chaque jour une heure de tranquillité (lecture, prière, méditation, etc.),
- Renoncer à vouloir être impliqué partout et informé de tout,
- Déléguer (par exemple, les travaux de routine aisément réalisables par d’autres personnes), en utilisant les 6 règles de la délégation : quoi ? qui ? pourquoi ? comment ? avec quoi ? quand ? (variante du « QQOQCP » des méthodes de résolution de problèmes : Qui ? Quoi ? Où ? Quand ? Comment ? Pourquoi ?),
- Grouper les petites tâches similaires (pour gagner du temps à partir de la 2e),
- Tenir compte des deux pics biologiques d’efficacité maximum, situés à 10h et à 16h,

Pour alléger son travail, il est utile de se poser les questions suivantes :

Pourquoi au juste ? => Éliminez !
Pourquoi donc moi ? => Déléguez !
Pourquoi maintenant ? => Reportez ! (en fixant un délai)
Pourquoi sous cette forme ? => Simplifiez ! (Rationalisez)

- Ne lire que si on en a besoin ou envie : ne pas faire de la lecture un acte impromptu, ou purement émotionnel,
- 5 étapes pour une lecture efficace : survoler, poser des questions, lire, récapituler, relire,
- Regrouper les appels (ou rappels) téléphoniques (dans un dossier « Coups de téléphone »), et les effectuer de manière groupée,
- Jeter directement ce qui est sans intérêt,
- Dégager tout de suite « en touche » ce qui est secondaire,
- Simplifier sa correspondance en répondant à un courrier par une copie annotée de ce courrier.

Refus de l’ascétisme / activisme

Dans le monde moderne, et en particulier dans les milieux chrétiens, il est de bon ton de ne pas perdre un seul instant, afin d’avoir une vie utile.
L’intention est certes louable, mais l’épuisement qu’entraîne un fonctionnement prolongé en sur-régime présente de sérieux inconvénients que tout activiste (ascète) se doit de méditer :
- L’ascétisme et l’activisme produisent « l’euphorie des gagnants » : nous marchons à l’adrénaline, et toute journée un peu moins exaltante devient terne… alors qu’elle nous permettrait justement de « recharger les piles » ;
- Lorsqu’on réussit dans ses projets, qu’on est demandé par les autres, qu’on est sur le devant de la scène, etc, on court un risque plus grand d’être orgueilleux ;
- Quelles sont les vraies motivations de mon activisme ? Est-ce un réel souci des besoins des autres, ou une manière de chercher à satisfaire ma mauvaise conscience ou mon sentiment d’insuffisance ?
- Suis-je un semeur de paix (Jacques 3:18) dans mon activité ?

Ceci dit, il est de la plus grande utilité d’avoir une discipline de vie : la modeste intention de ce livre est de donner quelques points de repère pour y parvenir.
Jésus était actif, compatissant, mais n’oubliait pas la prière (Matthieu 9:35-36). Notre culture oppose action et contemplation, alors qu’elles devraient toutes les deux faire partie de notre vie.

« J’ai été longtemps moi-même un agité, courant après mon temps, toujours pressé, incapable de faire la part nécessaire à la vie de mon âme. Depuis que je consacre une heure par jour en moyenne à ma vie spirituelle, et souvent bien davantage, j’ai dû abandonner des activités que je croyais indispensables, mais j’ai trouvé plus de joie et de rendement à mon travail ».

Paul TOURNIER

Éloge de la patience

Dans notre monde, tout est instantané, depuis le café du petit déjeuner jusqu’à la télécommande pour éteindre le téléviseur sans quitter son canapé. En passant par les 3 clics maximum suffisants pour atteindre toute information sur un site Web bien conçu.
Qu’est devenue la précieuse vertu que constitue la patience ?
Qui sait encore attendre ? Attendre que le fruit mûrisse pour être à point, que la confiance et l’amour s’établissent, que la santé revienne.
La Fontaine, dans sa fable « Le lion et le rat » nous rappelle fort à propos que, dans certaines situations : « Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage ».

Pour plus de précisions sur le thème de l’usage de notre temps, voir [Adouxx], [1], [2], [3], [4].

« Ce qu’on fait sans le temps, le temps le défait ».
(Anonyme)

Gérer son énergie et sa vitalité

Il ne viendrait à l’idée d’aucun adulte sensé de laisser s’épuiser la batterie de son téléphone portable, de son ordinateur portable, etc, sans jamais les recharger pour que ces appareils fonctionnent correctement.
Et pourtant beaucoup d’adultes « sensés » (dont je fais partie) se sont trouvés un jour dans la situation d’avoir « trop tiré sur la ficelle ». Et c’est parfois pour avoir considéré sa propre énergie comme une ressource inépuisable.
En sages gestionnaires (bon intendants, selon 1 Corinthiens 4:1), nous devons plutôt admettre une fois pour toutes qu’il nous faut GÉRER notre énergie. Re-charger autant que dé-charger, tout simplement.
J’ai tiré les principes suivants d’un livre qui n’existe malheureusement qu’en langue anglaise ; les lecteurs anglophones pourront s’y reporter [5].

L’auteur distingue deux types de « style de personnalité et d’énergie » : les extravertis et les introvertis.
Les extravertis cherchent les stimulations, et sont plus optimistes que les introvertis.
Les introvertis sont plus sensibles, évitent les stimulations, se concentrent plus intensément, ont plus d’énergie créatrice, mais sont aussi plus inhibés.
Les conseils pour un introverti consistent à :
- Éviter la sur-stimulation,
- Choisir un « hobby » créatif,
- Ponctuer la journée de repos brefs,
- Ne pas se laisser dominer par le pessimisme.

L’auteur donne ensuite quelques listes utiles (même si elles peuvent sembler simplistes à première vue) :

Six obstacles à l’énergie :
- La dépression,
- La culpabilité et l’auto-critique,
- La tension,
- Le stress,
- L’ennui,
- La fatigue.

Cinq stimulateurs de l’énergie :
- L’intérêt (la curiosité),
- L’optimisme,
- L’insécurité (sociale / financière / de statut / par rapport à ses propres règles),
- Un léger sentiment d’infériorité (à condition qu’il nous pousse à nous dépasser, sinon il s’agit au contraire d’un inhibiteur de l’énergie),
- Un léger souci (même remarque que pour le sentiment d’infériorité).

NOTA : Il ne faudrait pas en conclure qu’on doive rechercher et augmenter son insécurité ou son souci, mais il faut comprendre que ces facteurs (à dose modérée) contribuent à stimuler l’énergie pour résoudre le problème.

Six étapes pour stimuler l’énergie :
- Respirer profondément et complètement,
- Garder une bonne posture,
- Lire des livres qui stimulent la réflexion et l’action,
- Prendre une douche froide puis chaude puis froide,
- Faire de petites siestes [Nota : Les chercheurs sur le sommeil sont partagés sur les bienfaits ou les méfaits de la sieste, d’où des conseils parfois contradictoires…],
- Utiliser le privilège de la prière.

Cinq étapes pour avoir de l’énergie et de la vigueur :
- Manger seulement deux repas par jour (l’un à 10h, l’autre à 17 ou 18h),
- Manger des repas équilibrés (= de tout),
- Cultiver des relations familiales intimes et empreintes d’amour,
- Activer la circulation du sang,
- Dormir beaucoup (suffisamment pour satisfaire ses VRAIS besoins de sommeil).

Notes

[AdouxxADOUL André, « Propos sur le temps », 175 pages, Éd. LLB, 19xx.

[1<Deck90>DECKER Maurice, « Si les minutes m’étaient comptées - Gestion du temps et service de Dieu », 89 pages, Éd. Barnabas, 1990

[2<Hans79>HANSEN Timothy, « When I relax I feel guilty », Éd. David C. Cook Publishing Co., 1979

[3<Hart91>HART Archibald Dr, « Vaincre le stress », 190 pages, Collection Psychologie, Éd. Empreinte Temps Présent, 1994 (en français)

[4<Humm67>HUMMEL Charles E., « La tyrannie de l’urgent », 20 pages, Éd. GBU/CLC, 1982 (en français)

[5<Blit81>BLITCHINGTON Peter W., « The Energy and Vitality Book », 236 pages, Éd. Tyndale House Publishers - Living Books, 1981

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