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Fils de Dieu ou Serviteur de Dieu ?

Les deux facettes du mot grec « pais » dans le Nouveau Testament

samedi 1er novembre 2008, par Alain Wittmann


 Introduction

Il y a 2 décisions essentielles dans la vie d’un chrétien. La première d’entre elles, c’est celle de devenir un fils adoptif de Dieu.

 Devenir Fils de Dieu

Le processus

Nous sommes tous nés fils d’Adam

A la naissance, nous avons tous reçu la capacité de vivre dans ce monde. Nous avons reçu les 5 sens, qui nous permettent d’appréhender la réalité physique, d’établir des relations avec les autres être humains, et de faire notre chemin sur cette terre. Nous sommes tous nés fils d’Adam.

Mais Paul nous rappelle dans l’épître aux Romains 5:12 que par un seul homme, [Adam,] le péché est entré dans le monde, et par le péché, la mort ; et ainsi, la mort a atteint tous les hommes, parce que tous ont péché.

Il nous faut naître de nouveau

Jésus montre à Nicodème que nous avons besoin d’une naissance surnaturelle pour devenir des enfants de Dieu. (Évangile selon Jean 3:3-6). Dieu a envoyé son fils, pour nous permettre de devenir enfants de Dieu par adoption. Et comme preuve de cette nouvelle relation avec Dieu, il a envoyé dans nos cœurs l’Esprit de son Fils !

Comment sommes-nous sûrs que nous sommes des enfants de Dieu ? Est-ce parce que nous avons rempli une petite carte ou levé la main lors d’une campagne d’évangélisation, parce que nous avons étés baptisés, enseignés, enrôlés dans une église ? Non, ce n’est pas parce que nous avons fait un quelconque acte religieux que nous savons que nous sommes les enfants de Dieu, mais c’est grâce au témoignage de l’Esprit de Jésus que Dieu a mis dans nos cœurs.

1 Jn 3, 24 (Bible du Semeur)

Puisque vous êtes biens ses Fils, nous dit Paul dans l’épître aux Galates 4:6, Dieu a envoyé dans vos cœurs l’Esprit de son Fils qui crie : Abba, c’est à dire « Père ».

Cette nouvelle relation avec Dieu nous donne des droits.

Nos droits en tant que fils et filles de Dieu

L’héritage

Rm 8, 16-17 (Bible du Semeur)

Jouir des bienfaits de notre Père

Ep 1, 3 (Bible du Semeur)

Il ne nous déshéritera jamais

Rien ne pourra nous arracher à l’amour que Dieu nous a témoigné en Jésus-Christ notre Seigneur (Epître aux Romains, 8 :39).

La possibilité de vivre spirituellement

L’Evangile de Jean 3:3 nous enseigne que si nous ne naissons de nouveau, nous ne pouvons voir le royaume de Dieu. La nouvelle naissance nous donne une nouvelle vue, des sens spirituels nouveaux nous sont accordés lorsque nous naissons d’en haut.

Les deux faces d’une même réalité

Remarquez que ce verset nous parle du Royaume de Dieu. Le Royaume de Dieu, c’est là où Dieu règne, là où il est reconnu pour Roi. Ainsi, pour devenir Fils adoptifs de Dieu nous devons le reconnaître pour Roi. Il existe une étroite relation entre ces deux réalités.

En grec, il existe un petit mot, παισ (pais) qui signifie tantôt fils, tantôt esclave ou serviteur [1]. Dans certains passages, il est même difficile de distinguer d’après le contexte s’il faut le traduire par fils ou serviteur . Ce mot traduit bien notre relation duale de fils du Père, et de serviteurs du Roi. Être Fils et Serviteur sont les 2 faces d’une même pièce.

Fils ou Servieur - 2 face d’une même pièce

Savez-vous si vous êtes aujourd’hui un enfant de Dieu ? En êtes-vous sûr ? La suite de ce que je vais vous présenter vous sera non seulement difficile à accepter, mais véritablement impossible, si vous n’êtes pas un fils ou une fille de Dieu. Voulez-vous prendre cette décision maintenant ?

 Devenir un serviteur/esclave

Une nécessité

Dans le Royaume de Dieu, il n’y a que deux sortes de personnes : le Roi, et les esclaves. Et seuls les enfants de Dieu peuvent devenir ses esclaves. Dans l’Évangile de Marc 10:42-45 Jésus nous enseigne que celui qui veut être grand doit devenir l’esclave de tous. Car le Fils de l’homme n’est pas venu pour se faire servir, mais pour servir lui-même et donner sa vie en rançon pour beaucoup. Ainsi, Jésus lui-même nous a donné l’exemple. Même le Fils unique de Dieu est venu servir et donner sa vie. Il n’y a donc qu’une façon de rentrer dans le Royaume de Dieu, c’est d’accepter de devenir un serviteur. Le plus grand degré de communion avec Dieu que nous puissions atteindre, c’est en vivant une vie de disciple et serviteur que nous l’obtiendrons.

Qu’est-ce qu’un esclave ?

Le mot traduit par « esclave » ou « serviteur » dans nos Bibles revêt une réalité bien différente de ce que ce mot évoque pour nous aujourd’hui. Il ne s’agit pas de ces esclaves noirs que nos navires allaient chercher en Afrique pour les revendre au Etats-Unis, et dont la moitié périssaient comme des bêtes au fond de la cale pendant le voyage, alors que les survivants finissaient leur vie a trimer dans les champs au service d’un maître qui avait sur eux droit de vie ou de mort. Non, Paul se nomme lui même esclave lorsqu’il se présente aux chrétiens de Rome (Épître aux Romains. 1:1 : Paul, esclave de Jésus-Christ).

Pour comprendre ce qu’est un esclave selon la Bible, il nous faut revenir à un texte dans l’Ancien Testament, un extrait de la loi que Dieu a donnée au peuple d’Israël par l’intermédiaire de Moïse :

Ex 21, 1-4 (Bible du Semeur)

Vous voyez, à l’époque, le peuple de Dieu ne vivait pas en démocratie, mais en théocratie, c’est à dire que c’est Dieu qui était le maître. Si vous aviez une dette, vous pouviez devenir esclave de la personne à qui vous deviez de l’argent pour une période de six ans. Cela voulait dire que tout ce qui vous appartenait auparavant devenait la possession de votre maître, et que vous-même, vous deveniez son serviteur. Ainsi, l’esclave, c’est celui qui sait que tout ce qui est à l’extérieur de sa peau appartient à son maître, et tout ce qui est à l’intérieur de sa peau lui appartient également.

Maintenant, lisons Exode 21:5-6 :

Ex 21, 5-6 (Bible du Semeur)

Maintenant, imaginez cet esclave qui se dit : « Je ne veux pas être libre ! Personne ne prends soin de moi aussi bien que mon maître. Il prend soin de tous mes besoins matériels, il me manifeste son affection, je veux rester à son service ». Cet esclave avait alors la possibilité de devenir volontairement l’esclave de son maître pour la vie, de façon définitive. Il allait trouver son maître, et lui disait : « Maître, je veux rester à ton service pour la vie ». Alors le maître prenait son serviteur, l’emmenait près d’un montant de porte, mettait l’oreille du serviteur sur le montant de la porte, et lui perçait l’oreille avec un poinçon. Ce signe, l’oreille percée du serviteur, signifiait son désir de rester au service de son maître pour la vie. Et pour rendre ce signe encore plus évident, le maître prenait un peu de charbon, et l’appliquait sur l’oreille percée, de façon à la tatouer en noir. Ainsi, tous pouvaient voir, au premier coup d’œil, que ce serviteur avait choisi, de façon libre et délibérée, de rester au service de son maître pour le restant de sa vie.

Est-ce que votre oreille est ainsi percée ? Avez-vous décidé, de façon délibérée, de devenir un esclave de Dieu à son service pour le restant de votre vie ? Êtes-vous conscient que tout ce qui vous appartenait, soit à l’extérieur de votre peau, soit à l’intérieur, lui appartient désormais ? Est-ce que cette appartenance à Dieu, votre maître, est évidente pour tous ceux qui vous entourent ? Si c’est le cas, alors j’aimerais partager avec vous une merveilleuse promesse de notre Seigneur :

Lc 12, 36-37 (Bible du Semeur)

Réalisez-vous le coté incroyable de cette promesse ? Le Seigneur se lèvera, et les servira au festin de l’Agneau !

 Sommes-nous réellement des serviteurs de Dieu ? 3 tests pour le savoir

Mais sommes-nous réellement des serviteurs de Dieu ?

Sommes-nous des gérants ?

La Bible nous appelle à être des gérants des biens de notre Seigneur.

Le terme grec οικονομοσ, traduit par gérant ou gestionnaire, désignait à l’époque du nouveau testament, un esclave chargé de l’administration des biens de son maître. Laissez-moi illustrer ce concept par une petit histoire, inventée, que nous situerons à l’époque où Joseph était esclave au service de Pharaon en Égypte.

L’anniversaire de Pharaon approche, et Joseph a décidé de faire au Pharaon le plus beau cadeau qu’il ait jamais reçu. Connaissant le goût de Pharaon pour les chars de course, il a commandé à l’un plus grand fabricant de chars d’Égypte une pièce unique, un char somptueux. Il lui a fait fournir les plus beaux matériaux, et a lui-même surveillé de près la réalisation. Le jour de l’anniversaire arrive. Joseph est avec le Pharaon, en train de noter ses instructions sur un papyrus, et profite d’un silence pour dire au Pharaon : « Pharaon, j’ai une surprise pour toi ». D’un geste, il fait découvrir le superbe char de course : roues plaquées or, intérieur recouvert de cuir précieux, ligne futuriste. Une merveille ! « Pharaon, joyeux anniversaire. Ceci est mon cadeau d’anniversaire personnel pour toi ». A ce moment là, le visage de Pharaon rougit de fureur, et il se met à crier : « Gardes, saisissez-vous de cet homme ! » Joseph pâlit. « Mais, mais, Pharaon, je ne comprends pas… » balbutie-t-il.

Et vous, comprenez-vous la réaction de Pharaon ?

Et le Pharaon de répondre à Joseph : « Qui crois-tu être pour pouvoir me faire des cadeaux ? Ne sais-tu pas que tout m’appartient, et que tu as d’abord dû me voler pour croire pouvoir me faire un cadeau ? ».

Et oui, Joseph avait besoin de voler d’abord le Pharaon pour pouvoir lui donner.

Donner la dîme est bien souvent une béquille pour ceux qui ne comprennent pas ce que veut dire être un esclave. Bien entendu, je crois que donner la dîme est une bonne chose, mais les 90% restants appartiennent tout autant au Seigneur. Et croyez-vous que le Seigneur se réjouisse que nous vivions dans l’abondance, alors qu’à nos cotés, des hommes et des femmes vivent dans une profonde misère ? Apprenons à vivre simplement, pour que d’autres puissent tout simplement vivre.

Juan-Carlos Ortiz, pasteur d’une grande église pentecôtiste de Buenos Aires, en Argentine, a connu ce que bien des pasteurs rêveraient de vivre dans leur église . Il a commencé à enseigner sur la vie de disciple, et la nécessité de reconnaître que toutes nos possessions appartiennent en fait à Dieu. Et les membres de son église étaient tout prêts à obéir ! Ils ont commencé à offrir à l’église des appartements. En effet, à cette époque de forte inflation en Argentine, les investissements immobiliers représentaient l’un des moyens de préserver ses économies. Les responsables ne savaient pas quoi faire. Ils se sont consultés, ont cherché ensemble la volonté de Dieu dans la prière pendant six mois, et le Seigneur leur a montré la solution. Ils ont annoncé à l’assemblée : « Nous allons rendre à chacun sa propriété. Le Seigneur ne veut pas de vos maisons vides. Il veut vos maisons avec vous dedans pour en prendre soin. Il veut que tout, les tapis, le chauffage, la climatisation, l’éclairage, la nourriture ; soit prêt, pour Lui. Il veut aussi votre voiture, avec vous comme chauffeur. Simplement, n’oubliez pas pour autant que tout cela lui appartient encore [2]. » Alors maintenant, les maisons sont ouvertes, et les fidèles sont prêts à servir et accueillir.

Avez-vous pris la décision de tout offrir au Seigneur ?

Qui est le Maître ?

Le triangle païen

le triangle païen

Voici le triangle païen. Le maître est celui qui décide de ce qui est le meilleur. C’est le privilège des maîtres, n’est-ce pas ? Le serviteur, lui, accompli le bien qu’a décidé son maître. Parfois, le maître a du mal à se faire obéir de son serviteur. Il consulte alors le Saint homme, et lui demande de convaincre le serviteur d’exécuter sa volonté.

Il y avait un jour une femme bouddhiste, qui priait Bouddha de lui permettre de gagner à la loterie. Vous voyez, dans ce cas, c’est l’homme qui est le maître, et Dieu le serviteur qui exécute la volonté du maître. Le Saint homme est sensé manipuler Dieu pour lui faire faire notre volonté.

Sommes-nous sûrs que notre façon de prier Dieu est si éloignée de celle de cette femme bouddhiste ? Combien de nos prières sont des tentatives de convaincre Dieu de faire ce qui nous ferait plaisir ? Ne sommes nous pas tentés de croire que si un ancien ou un pasteur prie pour nous, nous aurons de plus grandes chances de voir Dieu faire notre volonté ?

Le triangle chrétien

le triangle chrétien

Lorsque nous avons reçu de Dieu toutes les ressources nécessaires, nous sommes rendus capables de faire la volonté de Dieu. Sans ces ressources de la providence divine, vous ne pouvez même pas bouger le petit doigt dans le but de faire la volonté de Dieu.

Êtes-vous prêt à renoncer à vos ambitions personnelles, qu’elles soient égoïstes ou généreuses, pour apprendre à laisser Dieu diriger votre vie ? Vous épuisez-vous encore à essayer de faire la volonté de Dieu avec vos propres forces, ou avez-vous compris combien vous avez besoin de la grâce de Dieu pour accomplir sa volonté ?

Comment recevons-nous ses directives ?

Il y avait un missionnaire au Japon, qui fut invité par un vieux pasteur japonais. Il lui fit visiter sa maison, son splendide jardin japonais, au milieu duquel était une petite cabane en bois. Une porte, pas de fenêtres. A l’intérieur, un tatami sur le sol, sur lequel était posée une Bible ouverte. Au dessus de la porte était affiché un panneau avec quelques caractères japonais. Le vieux pasteur japonais demanda au missionnaire s’il savait ce que représentait pour lui cette petite cabane.
- C’est votre salle de prière ?
- Non.
- Peut-être la pièce où vous recevez vos paroissiens pour la relation d’aide et les entretiens pastoraux ?
- Non plus.
- C’est votre bureau où vous étudiez la Bible ?
- Non, j’ai un tel bureau dans la maison avec beaucoup de livres.
- Alors je ne sais pas…
- C’est ma « pièce d’écoute », là où je me retire pour écouter le Seigneur.

salle d’écoute

Avez-vous une pièce d’écoute ? Avez-vous un temps et un lieu où vous vous retirez pour rencontrer le Seigneur, écouter ce qu’il a à vous dire, et prendre ses directives ?

Si vous n’en avez pas, vous n’êtes pas un esclave entièrement consacré au Seigneur. Vous avez échoué au test, et vous ne pouvez bénéficier de votre pleine relation de fils si vous n’acceptez pas aussi d’être un serviteur. Le serviteur a besoin de prendre ses instructions de son Maître. A combien plus forte raison en avons-nous besoin, nous que le Seigneur appelle non plus serviteurs, mais amis. Vous êtes mes amis, si vous faites ce que je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître. Mais je vous ai appelé amis, parce que je vous ai fait connaître tout ce que j’ai appris de mon Père. (Jean 15:14-15). Le Seigneur Jésus désire vous faire connaître la volonté de son Père. Mais trouvera-t-il l’occasion de le faire dans le tumulte de votre vie ? Il est temps de mettre en place une « chambre d’écoute » dans votre vie, et de répondre à son rendez-vous.

 Conclusion

Pour conclure, je voudrais vous rappeler ce verset d’Esaïe, extrait d’un texte prophétique qui parle du Messie , le Serviteur de l’Éternel. Jésus lui-même nous a donné l’exemple de cette écoute attentive quotidienne de son Père :

Es 50, 4-5 (Bible du Semeur)

Ma prière pour vous, c’est que le Seigneur vous ait également ouvert l’oreille, et que vous ne résistiez pas à son appel.

P.-S.

Le plan et plusieurs idées importantes sont inspirées d’une vidéo de Ralph Neighbour, Touch Outreach Ministries.

Notes

[1En Mat. 17 :18, pais est traduit par fils ou enfant ; en Mat. 8 :6, il est traduit par serviteur. Pour les citations des passages messianiques d’Esaïe, comme Mat. 18 :12, il peut être traduit par fils ou serviteur.

[2Disciple, de Juan-Carlos Ortiz, Editions Message, 1983, p. 35.

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