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PSYCHOLOGIE : Ce qui relève de la science et de la démarche religieuse

EGO D’ABORD

mercredi 7 septembre 2005

Banal : un mariage sur deux se termine par un divorce...

« Mes besoins ne sont plus satisfaits ! Tu ne m’apportes plus rien ! Tu ne me fais plus vibrer ! Et puis je n’ai plus de sentiments pour toi » Voilà ce que [1]Laurent a dit un jour à sa femme. Du jour au lendemain, après dix ans de mariage et deux enfants, et à la grande surprise de son conjoint, il a plaqué sa femme [2]Loraine. Une situation banale, direz-vous.
Mais ce qui est surprenant dans cette affaire, c’est qu’il a pris cette décision avec la bénédiction de son psychothérapeute.


Y avait-il un adultère en cours ? Menace à l’intégrité physique des enfants ou de sa femme ? Des agressions verbales abusives et dommageables pour l’équilibre psychologique de sa propre personne ? Pas du tout !

Ego d’abord

Si Loraine avait été au fait des derniers développements de certaines écoles de pensée de la psychologie moderne, peut-être n’aurait-elle pas été aussi surprise des conseils donnés à son mari.
On assiste depuis un bon moment au développement d’idées où ce qui compte c’est « la réalisation de soi ». On parle de « droit au bonheur individuel » et ce quel qu’en soit le prix.
Ou ce qui importe c’est de « booster son image de soi », de « soigner son moi » si durement malmené par la vie et tous ces gens qui nous entourent avec leurs exigences et leurs demandes. Ne dit-on pas que toute charité bien ordonnée commence par soi-même ? Ce n’est ni plus ni moins qu’un culte de l’ego, monde dans lequel « moi et je » sont les rois absolus.

Les « Psys » : nouveaux prêtres pour âmes en peine ?

Le Dr Paul Vitz est l’auteur d’un livre curieusement intitulé : [3]« La Psychologie : une nouvelle religion dévouée au culte de l’ego ». Dans son livre il décrit les dérives de certaines écoles de pensée qui gouvernent la psychologie moderne et qui poussent ses adeptes à tomber en extase devant leur propre image. Toutes les théories qui tentent de cerner les motivations et la personnalité de l’individu, présument que la récompense de l’ego est le seul principe éthique qui le gouverne.

« Sacrifice de soi » ou « sacrifice de l’autre » ?

Les valeurs mises en avant dans ces théories ne poussent pas ceux qui les adoptent à forger des relations durables et n’invitent généralement pas l’individu moyen, au « sacrifice de soi ». Une valeur qui n’a plus trop la cote par les temps qui courent.
Paul Vitz déclare « que c’est avec une régularité banale que cette littérature, qu’il qualifie d’égoïste, valorise ces valeurs qui ne font qu’encourager le divorce et la destruction du tissu familial ».

Une partie du problème a trait à la nature même du processus thérapeutique utilisé. Le psychothérapeute est généralement préoccupé par un individu hors de son contexte familial, et il met rarement en question la version des faits présentés par son client. Il n’écoute pas les enfants, les parents ou le conjoint qui sont concernés au premier chef.

Par ailleurs, le Dr Vitz écrit que de nombreux psychothérapeutes sont eux-même divorcés et généralement coupés de leurs traditions religieuses. La tentation pour eux est alors grande d’absoudre leur propre divorce en encourageant leurs patients à faire de même.

« Nous sommes tous des victimes ! »

Mais il y a pire, certains d’entre eux encouragent le divorce sur des bases idéologiques et théoriques. Ils enseignent que si l’un des conjoints a le sentiment que leur relation est stagnante, alors leur mariage ne vaut pas la peine d’être sauvé.

Cette idéologie égoïste donne à certains conseillers de forts préjugés à l’encontre des parents en général. Dans certains groupes de « soutien », la dynamique est telle que les patients sont amenés de manière quasi forcée, à décrire combien leurs familles ont été mauvaises et mal traitantes. Les patients deviennent ainsi des « victimes » qui s’apitoient sur leur sort, avec le fort sentiment d’être moralement inattaquable dans leurs prises de position à l’encontre de leurs parents.

« Attention : former une famille peut être dangereux pour votre santé ! »

Le résultat c’est une parodie de la parabole du « fils prodigue ». Cette histoire célèbre, tirée de l’évangile et que Jésus raconte, c’est l’histoire d’un fils perdu qui s’était brouillé avec son père. Après bien des errances dans une vie de débauche, ce fils a fini par voir la lumière : il se repent et décide de revenir vers son père pour se réconcilier avec lui.

C’est pourquoi Paul Vitz parle d’une parodie des paroles du fils prodigue à son père.
Au lieu de dire comme dans cette célèbre histoire :
« Père, J’AI péché contre toi...et ne suis plus digne d’être appelé ton fils » (Évangile de Luc chap.15 et verset 21), selon la psychologie en question, le jeune homme d’aujourd’hui dirait plutôt à son père : « Père, tu as péché contre moi et tu n’es plus digne que je t’appelle mon père... ». Cette tendance de la psychologie moderne à traiter des problèmes de l’individu de manière isolée hors de son contexte familial, et son hostilité à l’égard des liens sociaux, a fait un tort immense à la société.

Pour une autre approche thérapeutique.

Paul Vitz invite ses lecteurs à imaginer une thérapie différente. Une thérapie basée sur l’amour, la gratitude, le respect et le pardon. Une approche qui renforce les liens familiaux des patients, plutôt qu’une thérapie qui encourage leur destruction. Une approche qui voit l’individu au sein de son contexte familial, plutôt que de manière isolée.

Cette approche des relations humaines est celle que nous donne la Bible. On y trouve une vision du monde qui nous dit que le but de la vie ce n’est pas la satisfaction de « MES » besoins ou de « Mon » épanouissement personnel, et ce, quel qu’en soit le prix. C’est une approche bien différente de celle que nous offre, malheureusement, de nombreux thérapeutes. (Heureusement pas tous).

La Bible ne préconise pas un chemin facile où la rupture des relations est vue comme une panacée à nos insatisfactions personnelles. Bien au contraire elle nous encourage à nous aimer les uns les autres de manière inconditionnelle. A être patient et bon et à rechercher l’intérêt de l’autre en premier, en considérant les autres comme étant plus importants que nous-mêmes. Rien à voir avec « moi je » et « ego d’abord ». Contrairement à ce que la pensée humaine coupée de ses racines chrétiennes déclare, le monde n’est pas centré sur l’homme mais sur Dieu. N’est-il pas écrit dans les premières lignes de la Bible : « Au commencement Dieu » ? Et oui ! Vous n’êtes pas le centre du monde, ni moi non plus d’ailleurs.

C’est pourquoi les chrétiens, mis en garde contre cette école de pensée dénoncée par le Dr Paul Vitz, devraient avoir un esprit critique face aux psychothérapeutes qu’ils consultent. En se rappelant que la psychologie n’est pas une science exacte ni idéologiquement neutre, surtout dans les conseils qu’elle préconise. Ses analyses d’un problème peuvent souvent s’avérer justes mais les remèdes qu’elle préconise sont inévitablement teintés par la vision du monde qui anime ses praticiens.

Alors à bon entendeur, salut !

P.-S.

Les modèles anthropologiques et la vision du monde derrière bon nombre d’écoles de psychologie moderne sont aux antipodes de la pensée chrétienne. Fiche de lecture commentée à partir du livre du Dr. Paul Vitz [4]

NDLR. Article remanié et adapté a partir de diverses sources Internet et radiophoniques, lu et corrigé par JLT Webserviteur.

Notes

[1Noms purement fictifs

[2Noms purement fictifs

[3“Psychology as Religion : The Cult of Self-Worship” livre encore en anglais

[4“Psychology as Religion : The Cult of Self-Worship” livre encore en anglais du Dr. Paul Vitz

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