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Comment confesser Dieu dans une société sécularisée ?

mercredi 18 mai 2005, par Patrice Alcindor

Les chrétiens sont de plus en plus tentés par une attitude « réactionnaire » face à une société qui n’entend plus accorder au christianisme une place particulière. Le débat autour du traité de constitution pour l’Europe n’a pas manqué de donner à plusieurs l’occasion de déplorer la mise en berne des valeurs et références chrétiennes.


Comment confesser Dieu alors qu’on est minoritaire ? Comment proclamer la seigneurie de Dieu alors que l’on a ni le pouvoir politique, ni le pouvoir économique, ni le pouvoir culturel ? Bref, comment confesser Dieu en exil ?

A partir de la conversion de Constantin (4e siècle), l’Église, jusqu’à lors minoritaire et souvent persécutée a caressé « l’espoir d’assurer une position d’hégémonie sociale ou du moins morale. Mais au bout de longs siècles, la sécularisation progressive des sociétés occidentales a eu raison de ce rêve. Le christianisme d’aujourd’hui ne peut plus se penser dans le cadre mythique de la chrétienté. » (F. De Coninck)
S’en est fini du christianisme dominant qui pensait pouvoir moduler les hommes et les corps, imposer sa culture, sa vision du monde, ses rîtes et ses bâtiments publics.
Comme le dit le sociologue mennonite Frédéric de Coninck : « Contraint et forcé, [le christianisme] en est revenu à ce qui me semble être sa vocation première : se construire comme un groupe social particulier au milieu d’un monde qui ne partage pas forcément ses choix, en maintenant sans cesse le dialogue, le questionnement et l’interpellation de part et d’autre. »

On peut voir comme une malédiction dans cette évolution, une perte irrémédiable tout comme les israélites partant à Babylone. Ils avaient perdu leur terre, leur temple, leur autonomie culturelle, leur lieu de travail une partie de leur famille. A partir de l’exil à Babylone, hormis pendants de brefs épisodes de révoltes contre les grands empires qui se sont succédés dans le bassin méditerranéen, Israël ne sera plus jamais vraiment une nation indépendante. L’Église elle-même naît dans une situation de minorité, d’oppression romaine pour les chrétiens juifs de Palestine, de domination culturelle grecque pour les chrétiens païens dans le reste de l’empire romain.

Il n’est pas sans intérêt de méditer deux textes en rapport avec ces deux périodes ou le peuple de Dieu a du vivre en exil.
Ces textes me semblent particulièrement pertinents pour nous aujourd’hui. Parmi les chrétiens, notamment évangéliques, devant l’éloignement progressif de la société contemporaine vis-à-vis de certaines « valeurs » chrétiennes nombre d’évangéliques nourrissent la nostalgie du passé, le rêve d’une nouvelle chrétienté. Tout ce qui ne va pas dans le sens spécifiquement chrétien est diabolisé. Les lois sur l’éthique, l’absence de référence à Dieu ou à la religion chrétienne dans le projet de traité constitutionnel pour l’Europe etc. On a même vu, il y a quelques mois, la naissance d’un parti évangélique, le Parti Républicain Chrétien, qui entend « défendre les valeurs chrétiennes qui existent encore dans le pays et de réintroduire celles qui ont été bafouées » (Patrick GIOVANNONI Président du Parti Républicain Chrétien, information de voxdei.org). Dans un registre plus théologique, dans la lignée du mouvement de reconstruction chrétienne (théonomiste), Pierre Courthial (longtemps doyen de la Faculté Libre de théologie Réformée d’Aix-en-Provence), dans son livre « Le jour des petits recommencements », porte un regard nostalgique sur la chrétienté du Moyen-âge, qualifié d’âge d’or de la foi.

Dans l’Exil ou nous nous trouvons est-ce le temps de la nostalgie, du rêve d’une nouvelle chrétienté, de l’apitoiement sur nos valeurs battues en brèche ? Ou avons-nous un autre message à entendre ?

A. L’exemple de Jérémie : Jérémie 29,1-15

Jérémie commença son ministère pendant le règne de Josias (638-608) qui avait mené une réforme profonde quand le livre de la loi fut retrouvé dans le temple. Josias, ce bon roi mourut sur le champ de bataille en voulant s’opposer au puissant Roi d’Égypte Néko. Yoahaz, son fils (Challoum), lui succède pour une courte période mais sera bientôt déporté en Égypte. Pendant le règne de Yehoyaqim, le second fils de Josias, (607-597), Néko, roi d’Égypte, va être écrasé à Karkémich par Neboukadnetsar de Babylone qui soumettra ainsi tout le Proche-Orient (25.15).
La politique que proposait Jérémie différait de celle du roi de Juda (22.13ss ; 26.20) et de ses prophètes. Jérémie avait compris que les choses pour un temps au moins ne se jouaient plus au niveau de la puissance politique du peuple d’Israël. Désormais l’avenir immédiat du Proche-Orient se jouait totalement en dehors d’Israël. C’était une situation que le Roi de Juda devait accepter et il devait se soumettre politiquement à la puissance babylonienne. Mais Yehoyaqim se rebella en vain contre Babylone. Son fils Yehoyakîn (Yekonia) qui continua à mener une politique de résistance régna seulement trois mois avant d’être déporté à Babylone en 597 avec tous les militaires, de nombreux habitants de Jérusalem, tous les cadres de la société...

Jérémie s’élève contre la contestation, l’esprit de révolte qui gronde parmi le peuple qui se nourrit d’illusions. Il envoie une lettre aux déportés :

Jérémie 29,4 à 10 :
« Voici ce que dit le SEIGNEUR (YHWH) des Armées, le Dieu d’Israël, à tous les exilés, ceux que j’ai exilés de Jérusalem à Babylone : Bâtissez des maisons et habitez-les ; plantez des jardins et mangez-en le fruit. Mariez-vous et engendrez des fils et des filles ; mariez vos fils et donnez vos filles en mariage, pour qu’elles mettent au monde des fils et des filles ; multipliez-vous là où vous êtes et ne diminuez pas.
Recherchez la paix de la ville où je vous ai exilés et intercédez pour elle auprès du SEIGNEUR, car votre paix dépendra de la sienne.
Car ainsi parle le SEIGNEUR (YHWH) des Armées, le Dieu d’Israël : Ne vous laissez pas tromper par vos prophètes, ceux qui sont parmi vous, ni par vos devins ; ne prêtez pas attention aux rêves que vous faites !
Car c’est mensongèrement qu’ils vous parlent en prophètes en mon nom. Je ne les ai pas envoyés — déclaration du SEIGNEUR.
Mais ainsi parle le SEIGNEUR : Dès que soixante-dix ans seront écoulés pour Babylone, j’interviendrai pour vous et je réaliserai à votre égard ma bonne parole en vous ramenant en ce lieu. »

Je souligne quatre choses dans cette lettre de Jérémie.

1. Une mise en garde contre la lecture de l’histoire faite par les faux prophètes et leurs promesses illusoires.

Dieu est celui qui a déporté le peuple. C’est lui qui est à l’œuvre dans la débâcle qu’ils sont en train de vivre. C’est à cause de leur faillite spirituelle qu’ils vivent cette humiliation. D’ailleurs Jérémie soulignera à de nombreuses reprises qu’Israël n’a jamais été à la hauteur de sa vocation. Dès le temps des pères de la nation, ils se sont écartés de la loi de Dieu. C’est un peuple au coup raide qui fait une lecture idéalisée de son passé et s’illusionne quant au présent (C‘est ici le temple du SEIGNEUR, le temple du SEIGNEUR, le temple du SEIGNEUR !)
Le peuple ne doit pas se laissez abuser par les prophètes qui leur annoncent la défaite prochaine de Babylone. Ils ne doivent pas non plus prêter attention à leurs rêves, le rêve d’un retour imminent sur leur terre.

2. Une invitation à s’installer durablement à Babylone.

Dieu, par la bouche de son prophète leur ordonne de s’installer, de construire des maisons, de se marier etc., de vivre dans le présent sans nostalgie du passé. Ils doivent vivre pleinement là où ils sont. Toutefois, ils doivent garder en mémoire que ce ne sera que pour un temps. Cette installation est contrebalancée par la perspective que ce ne sera pas pour toujours, mais pour 70 ans. En tout cas, tous ceux qui sont en âge d’entendre le message ne vivront pas autre chose que l’exil. Ils doivent donc accepter la situation et vivre pleinement le présent, sans toutefois éteindre l’espérance.

3. Une invitation à multiplier.

Les israélites sont invités à multiplier et à ne pas diminuer sur cette terre hostile. Dans leur exil, ils doivent croître en nombre.

4. Une invitation à rechercher la paix de la ville.

Les Israélites sont appelés à transformer leur regard. Babylone, qu’ils ne voient que comme une nation hostile qui vient de faire des brèches dans la muraille de leur ville, qui a tué un grand nombre d’entre eux, qui les a déportés, est désormais le peuple au sein duquel ils vivent et dont ils dépendent. Ils sont appelés à une solidarité active et non une soumission passive et aigrie. Ils doivent intercéder en sa faveur sachant que leur paix dépend de la sienne.

On peut noter à la fin de la lettre de Jérémie (v.15) une tonalité fataliste, pessimiste. « Cependant vous dites, Dieu nous a suscité des prophètes à Babylone ! »
En effet, leur nostalgie du passé, leur fermeture au véritable Esprit prophétique les mènera aux intrigues politiques, aux tractations avec l’Égypte et finira par détruire Jérusalem, le temple et toute la ville. Le peuple sera mené en déportation et finalement un tout petit reste, épargné par les babyloniens, retournera en Égypte d’où Israël était initialement sorti, l’Égypte dont ils avaient oublié l’oppression du passé.

B. L’exemple des premiers chrétiens : 1 Timothée

L’église du premier siècle, avant même d’être persécutée, surgira pour sa part sur la toile de fond d’un judaïsme qui doit lui-même passer par la soumission à l’occupant Romain. Paul écrit vers la fin de sa vie à son disciple Timothée qui est à Éphèse. L’Église connaît des moments de grands troubles et de contestations.

Je voudrais souligner quatre éléments qui ne sont pas sans rapport avec la prédication de Jérémie !

1. Une mise en garde contre les faux prophètes :

S’il est difficile de savoir exactement tout ce que ces faux prophètes enseignaient, la lettre de Paul nous donne toutefois quelques pistes.
Tout d’abord les faux prophètes semblent se préoccuper particulièrement du passé (généalogie sans fin) et de la Loi. De cette loi, dont ils prétendent être les docteurs, ils ne comprennent rien et surtout ils n’en comprennent pas le rôle. Cette loi, bonne, ne concerne que les méchants et met en lumière leurs agissements. Mais elle ne peut être la préoccupation centrale du chrétien. Lui, comme Paul, sait qu’il était aussi condamné par la Loi, mais que Dieu lui a fait grâce. Il ne s’agit donc pas de taper sur tout ce qui bouge avec la loi mais de s’attendre à la grâce de Dieu. Il veut faire grâce à tous comme il nous a fait grâce. C’est là le centre de la préoccupation des chrétiens.
Il n’est pas certain que ces disputes relatives à la Loi n’étaient qu’un problème interne à l’Église, car Paul enchaîne : « J’encourage donc, en tout premier lieu, à faire des requêtes... pour les rois...Je souhaite donc que les hommes prient en tout lieu, en élevant des mains saintes, sans colère ni contestation. » La contestation des faux prophètes et leurs palabres au sujet de la loi ne devait donc pas être sans rapport avec une mauvaise contestation de l’ordre des choses dans le monde.
Ces faux prophètes enseignaient par ailleurs de ne pas se marier et de s’abstenir de certains aliments (4,3. L’écho de Jérémie résonne...)

2. La prière pour tous les hommes en particulier pour les autorités.

Ces hommes méchants, parricides, débauchés etc. condamnés par la Loi doivent faire l’objet d’incessantes prières et supplications de la part des chrétiens. En particulier les autorités. Et cela au milieu d’actions de grâce et non pas de lamentation et d’aigreur.
Portant Paul n’était pas naïf et il avait déjà supporté la violence de Rome. Il était lui-même dans les chaînes...

3. Prier pour la paix et la possibilité de vivre en paix et de façon honnête.

Les chrétiens sont invités à prier pour les autorités dans deux buts : la possibilité de vivre en paix et de vivre dans la dignité et l’honnêteté. Voilà les deux (seules ?) choses qui aux yeux de Paul sont nécessaires pour le peuple de Dieu en exil.

4. Chercher le salut du plus grand nombre d’hommes.

Il s’agit de prier pour tous les hommes (il faut probablement comprendre ici, toutes les catégories d’hommes) car Dieu veut que tous les hommes soient sauvés (toutes sortes d’hommes ?). Le salut du monde, l’évangile qui se répand doit rester au centre de leur vision.

Qu’en est-il pour nous aujourd’hui ? Réflexions
(avec allusions au projet de Constitution pour l’Europe)

L’exil à Babylone et à Rome nous place au cœur de ce qui fait la trame de notre vie de Chrétien dans les sociétés modernes. Tout comme les compatriotes de Jérémie et les églises pauliniennes nous sommes en minorité. Nous dépendons de personnes qui ne partagent pas tous nos choix et qui détiennent les différents pouvoirs politiques, économiques, médiatiques, culturels, éducatifs. A partir des prédications de Jérémie et de Paul je voudrai faire quatre exhortations au peuple de Dieu aujourd’hui.

1. Il nous faut abandonner le rêve d’une nouvelle chrétienté.

Il faut regarder le passé en face et se poser, avec Sébastien Fath cette question : « La chrétienté, comprise comme une tentative, par l’Église, d’absorber la société, ou tout au moins de la nommer, peut-elle constituer, pour le chrétien évangélique, un modèle à suivre ? » Mais qu’était donc cette chrétienté dont nous trouvons aujourd’hui tant de nostalgiques ? Certes l’historiographie moderne tend à noircir le tableau et à passer sous silence les grandeurs du Moyen-âge. Mais comment ne pas penser aux croisades, à l’inquisition, aux guerres de religions, à l’évangile travesti et à l’oppression des hommes de réveils etc.
Il faut regarder le présent en face : quel exemple avons-nous à offrir au monde ? Vu le fonctionnement de nos Églises, pouvons-nous donner des leçons de démocratie ?
Lorsque nous lisons que « les principales orientations politiques du Parti Républicain Chrétien (parti évangélique !) sont la réconciliation nationale, la redéfinition de l’intérêt public (...) mettre un stop à toutes les divisions, aux intérêts privés... » on aurait presque envie de rire si le sujet n’était si sérieux. Depuis quand les évangéliques sont-ils experts en résolutions de divisions ?
On se veut les champions des valeurs familiales ! Mais aux États-Unis (je ne connais pas les statistiques françaises) le taux de divorcés chez les chrétiens évangéliques est légèrement supérieur à la moyenne nationale !

N’oublions pas que le christianisme naissant était confronté à un monde hostile. Le royaume de Dieu ira pourtant jusqu’aux extrémités de la terre sans être nulle part dominant.
Comme le disait l’historien évangélique Mark Noll, mettant en garde les fondamentalistes américains, c’est lorsque l’évangile n’est pas en position de force qu’il se répand le plus.

Ne pas avoir le pouvoir est une grâce ! Prenons garde aux rêves de puissance.

2. Il nous faut nourrir une vision universaliste et... pluraliste !

Le chrétien ne vote pas pour faire valoir ses droits, son avantage. Il ne milite pas pour ses intérêts dans un schéma qui oppose une catégorie contre une autre. Il cherche à servir pour le bien de tous, y compris des méchants, y compris de ceux qui ne veulent pas entendre parler du christianisme et des ses « valeurs ».
« Ce que nous tentons de construire, nous ne le construisons pas pour nous seulement, mais aussi pour la société globale, car nous en sommes solidaires » (F. de Coninck). Nous recherchons à être partie prenante d’un compromis sociétal où les hommes peuvent vivre en paix et dignement... pas forcément en chrétien.

Dans cette perspective, le christianisme peut-il être mentionné dans la constitution de manière non ambiguë ? (Les farouches partisans de la mention du christianisme dans la constitution chrétienne ont-ils vraiment renoncé à une forme même polissée de chrétienté ? Ceux qui s’y opposent ne sont évidemment pas dénués d’arrières pensés... (mais balayons devant notre porte.)
La compréhension chrétienne du respect de la vie, de la sainteté du mariage entre un homme et une femme doit-elle être imposée une fois pour toutes dans un texte constitutif qui s’applique à long terme à ceux qui n’ont pas les mêmes convictions que les chrétiens (cf. les positions à mon avis ambigües du CPDH) ? Faut-il vraiment monter au créneau pour « défendre les valeurs chrétiennes qui existent encore dans le pays et de réintroduire celles qui ont été bafouées » comme veut le faire le Parti républicain Chrétien ?

Ne pas être adulés comme les meilleurs, comme ceux qui ont les réponses est aussi une grâce ! Prenons garde aux rêves de la séduction !

3. Il nous faut œuvrer dans une perspective... modeste.

Il ne nous appartient pas de chercher à établir le royaume de Dieu sur terre. Citoyen du royaume qui vient nous en témoignons en cherchant à vivre pleinement ses valeurs, mais en cherchant pour l’ensemble des citoyens un monde permettant de vivre dans la paix et la dignité. Modeste objectif... mais déjà un grand défi !
En ce sens l’espace de paix que l’Europe a construit au sortir de deux guerres effroyables ne peut être vue que positivement par le chrétien. Mais si le projet européen de paix s’est fait historiquement par le biais de la coopération économique, beaucoup déploreront... la guerre économique à l’intérieur de l’Europe.
Quand à l’Europe de la défense il faut espérer qu’elle soit motivée par autre chose que la rivalité avec les USA. Sa compatibilité avec l’OTAN inscrite dans la constitution pourrait-être une garantie de ce côté, mais...
La liberté et la justice doivent être aussi une préoccupation pour les chrétiens, car sans elles il n’est guère de dignité. Aux yeux de certains la constitution par le plus grand poids accordé au libéralisme qu’à la justice sociale tend à favoriser une option qui prétend assurer la justice par l’abondance. Si cette optique est en grande partie fondée sur une illusion (cf. les vues pénétrantes de F. de Coninck : La justice et l’abondance, éditions La clairière) on peut de toute façon se demander si un traité constitutionnel suffit pour contrer ce qui est devenue l’idéologie dominante pour les gouvernements de droite comme de gauche : produire toujours plus, consommer toujours plus. Croissance, croissance...
Ne devons-nous pas en tant que chrétien pratiquer ce que l’éthicien protestant Eric Fuchs appelle un ascétisme modéré ? Non pas la recherche d’une vie d’abondance, mais digne. Il s’agit de bâtir des maisons et de les habiter, mais seulement pour 70 ans ! Vivre pleinement dans ce monde... avec modération.

Le principal moteur pour freiner l’idéologie de l’abondance est un changement de style de vie... des chrétiens. Prenons garde aux rêves de la possession !

4. Il nous faut garder la croissance de l’Église comme priorité !

La prédication de l’évangile doit rester une priorité pour nous. Ne sombrons pas dans un certain pessimisme. « L’évangile progresse peu, les valeurs chrétiennes sont battues en brèche etc. » (si tant est qu’il s’agisse bien de valeurs chrétiennes...). Au milieu de nos questionnements sur la société qui nous entoure, c’est l’amour de Dieu pour tous les hommes et chacun d’entre eux que nous devons cultiver.

Conclusion :

La croix n’est ni une œuvre de séduction mais la manifestation de l’humiliation du Dieu de gloire. Elle n’est pas une œuvre de puissance mais la plénitude du sacrifice du Roi serviteur. Elle n’est pas une œuvre de possession mais un dépouillement total du Seigneur de la vie. Pourtant elle est fructueuse et apporte le salut au monde entier.
En exil le peuple de Dieu apprend ce que signifie porter sa croix, comme Jésus a porté sa croix lors de son exil parmi les siens.
Ne cédons pas au sirènes du désespoir, aux lamentations nostalgiques, à la volonté de contester tout ce qui n’est pas strictement conforme à nos convictions. Depuis de nombreux millénaire Dieu conduit l’histoire des hommes avec patience, acceptant d’utiliser pour sa gloire des hommes rebelles à sa Loi pour conserver sa création qu’il renouvellera bientôt avec gloire.

Ceci est certain puisqu’il l’a promis.

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