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Le Da vinci Code et la Bible (3e partie)

Questions sur la transmission des textes ?

mercredi 19 octobre 2005, par Léo Mützner

La Bible a-t-elle changé dans son contenu au fil des siècles ?
La Transmission des textes bibliques n’a-t-elle pas adultéré les textes ?
Le texte biblique d’aujourd’hui correspond-il au texte initial ?


Citations de Dan Brown :

« Ce qui est bien compréhensible, étant donné que la Bible de Constantin est considérée comme vérité d’Evangile depuis dix-sept siècles. Personne n’est plus endoctriné que les endoctrineurs. » [1]

« Rome voulait convaincre le monde que le prophète Jésus était un être divin. On a donc rejeté de la Bible tous les récits de sa vie qui évoquaient ses aspects humains. Malheureusement pour les rédacteurs du Nouveau Testament, il y avait un thème récurrent dans tous les évangiles, celui du mariage de Jésus avec Marie Madeleine » [2]

« Ce sont des reproductions des papyrus coptes de Nag Hammadi et des manuscrits araméens de la mer Morte. Les premiers textes chrétiens. Ils présentent des divergences troublantes avec les évangiles de la Bible canonique que nous connaissons. » [3]

Le texte biblique d’aujourd’hui correspond-il au texte initial ?

C’est une autre question qui est souvent posée. Le texte biblique n’a-t-il pas été modifié volontairement ou involontairement au fil des siècles ?
Là encore la Bible est unique dans sa conservation et sa transmission. Il est évident que nous ne sommes pas en possession des originaux de la Bible. Les premiers textes étaient écrits sur des matériaux périssables (pierre, cuir, parchemin etc.). Mais Dieu a veillé sur sa Parole afin qu’elle soit conservée dans sa pureté. Pendant environ 3000 ans (de Moïse à Gutemberg), elle était recopiée à la main avec une fidélité miraculeuse. Les scribes, les écrivains et les Massorètes ont copié le texte en comptant pour chaque livre les lettres, syllabes et mots pour vérifier et jeter le cas échéant une mauvaise copie. Aucun texte, qu’il soit de Platon, d’Aristote, de Cicéron et de Sénèque n’était ainsi traité.

Scribe

Peut-on se fier au texte biblique ? Correspond-il au texte original ?

Les auteurs ont-ils vraiment écrit ses livres ou d’autres se sont-ils servis de leurs noms ? Si nous étudions cette question d’une manière sincère et sans « à priori » nous pouvons conclure que nos textes actuels correspondent certainement au texte initial des auteurs historiques. Toute notre connaissance de l’histoire antique repose sur des documents, souvent beaucoup moins fiables que ceux des textes bibliques. Le fragment le plus ancien du Nouveau Testament est un morceau de l’évangile de Jean. Il date de 130 après J.C. Il contient le texte de Jean 18.31-33 et le verset 37. Ce document se trouve à la bibliothèque John Rylands à Manchester. Un autre manuscrit également très ancien (200 apr. J.C.) contenant les premiers quatorze chapitres de l’évangile de Jean se trouve à la bibliothèque Bodmer à Genève.

Ensuite nous trouvons de nombreux autres textes :

1. Les onciaux

Il s’agit d’environ 300 documents écrits entre le 2è et le 4è siècle en lettres majuscules, sans espaces libres et sans signes.

2. Les cursifs

Il s’agit d’environ 4500 documents écrits entre le 5è et le 9è siècle

3. Le Codex Vaticanus (4è siècle)

C’est le texte le plus ancien et le plus important. Ce document est écrit en grec et contient presque tout l’Ancien et le Nouveau Testament. Il est écrit sur du parchemin.

codex vaticanus


4. Le Codex Sinaïticus (4è siècle)

Ce texte a été découvert par Tischendorf au couvent Ste Catherine près du Mont Sinaï.
En 1844, Tischendorf a visité ce couvent. Il a découvert dans une corbeille du vieux papier prêt à être brûlé. Voyant tout de suite qu’il s’agissait de papiers de grande valeur, il réussit à les récupérer. Ce document contenant une large partie de l’Ancien et du Nouveau Testament en grec se trouve aujourd’hui au British Museum de Londres.

5. Le Codex Alexandrinus (5è siècle)

Ce document contenant également des parties de l’Ancien et du Nouveau Testament est aussi écrit en grec. Il est d’une qualité un peu inférieure et se trouve également dans les mains du British Museum.

6. Le Codex de Leningrad (9è siècle)

Il s’agit du texte le plus ancien de l’Ancien Testament écrit en hébreux. Ce document date de 895.

7. Les documents de Qumram ou Manuscrits de la mer morte »

La découverte sensationnelle en 1946 de ces documents de l’Ancien Testament datant du deuxième siècle av. J.C. a confirmé la véracité du texte biblique.

Grottes de Qumran


Avant cette date les plus anciennes copies de l’Ancien Testament remontaient aux alentours de l’an 1000 après Jésus-Christ. Le Codex des prophètes du Caire a été achevé en 895 de notre ère. Le Codex Babylonicus, qui donne le texte des prophètes dans une version datée de 916.

Mais à Qumram il y avait des copies des textes de l’Ancien Testament datant du 2è siècle av. J-C. A l’examen de leur contenu, surprise ! Miracle ! Le texte n’avait pratiquement pas bougé pendant 1000 ans de copie et recopie à la main !

Nous pouvons donc affirmer avec force, que la Bible est le livre le plus solidement conservé et documenté de toute la littérature de l’Antiquité.

Le livre le mieux documenté de toute l’antiquité ?

Le théologien René Pache déclarait d’ailleur dans son livre sur le sujet : [4]

« Devant une pareille abondance de documents, il est intéressant de faire avec le professeur F.F. Bruce, le rapprochement suivant. Les ouvres historiques de l’Antiquité reposent sur une base documentaire infiniment moins étendue. Pour la « Guerre des Gaules » de Jules César (écrite entre 58-50 av. J.C.), il existe plusieurs manuscrits ; mais 9 ou 10 seulement sont bons, et le plus ancien date d’environ 900 après César. Des 14 livres des Histoires de Tacite (env. 100 ap. J.C.), seulement quatre et demi ont été conservés ; des 16 livres de ses Annales, dix en totalité et deux en partie. Ce qui subsiste de ces deux grandes ouvres ne repose que sur deux manuscrits, l’un du 9è siècle, et l’autre du 11è. L’histoire de Thucydide (env. 460-400 av. J.C.) nous est connu par huit manuscrit, dont le plus vieux date d’environ 900 apr. J.C. Il en est de même de l’Histoire d’Hérodote (480-425 av. J.C.) Pourtant aucun savant de douterait de l’authenticité d’Hérodote ou de Thucydide parce que les seuls manuscrits utilisables de leurs ouvres sont de 1300 ans plus récents que les originaux. De même enfin, pour l’ensemble des ouvres de Sophocle, nous n’avons qu’un seul manuscrits, copié 1400 après sa mort. »

Le Point :

« Par-dessus tout, leur contenu s’est avéré identique à celui du Codex Leningradensis. Mille deux cents ans de fidélité parfaite, malgré les pérégrinations multiples du peuple d’Israël ! Le niveau de crédibilité des copistes juifs venait attester d’une tradition extrêmement solide, qui s’appuyait forcément sur un art véritable de l’écriture et un respect inégalé du texte. Bien que nous n’ayons toujours pas à ce jour de manuscrit hébreu complet de l’Ancien Testament antérieur au Xe siècle de notre ère, les rouleaux de la mer Morte démontrent donc que l’on peut s’y fier de manière incontestable.
Dans l’ensemble, nous possédons pour la Bible des manuscrits beaucoup plus nombreux que pour les autres grands classiques de l’Antiquité, ceux d’Homère ou de Tacite, par exemple. En comparaison, les traductions de l’œuvre de Shakespeare (qui n’a que trois siècles) comportent des inexactitudes qui sautent aux yeux. »

Le Point : [5]

« De plus, sur l’ensemble du Nouveau Testament, l’historicité de nos sources est des plus flagrantes : 5300 manuscrits grecs complets, 13000 manuscrits grecs de portions de textes, et 9000 manuscrits de très anciens fragments. Sur cette masse considérable, il n’y a que dix à vingt versets dont la signification ne soit pas absolument sûre, sans pour autant que le sens du texte soit altéré ! »

Nous pouvons encore ajouter que la première Bible en français est la Bible Olivetan sortie de presse en 1535. En 1532, les protestants du Dauphiné et du Piémont se liguent ensemble sous l’impulsions de Guillaume Farel, réformateur d’origine dauphinoise. Le synode décide de financer ce projet. La Bible Olivetan sera utilisée pendant 3 siècles. Avant cette Bible, il existait la Vulgate, version latine de Jérôme (347-420).

Notes

[1Da Vinci Code, Dan Brown (JC Lattès, 2004), page 293-294

[2Da Vinci Code, Dan Brown (JC Lattès, 2004), page 306

[3Da Vinci Code, Dan Brown (JC Lattès, 2004), page 308

[4Tiré du livre : « L’inspiration et l’autorité de la Bible, René Pache » (Editions Emmaüs, 1967),page 173-174

[5Le Point N° 1177 du 8 avril 1995

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