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Vaincre la dépression

Une maladie de plus en plus fréquente et qui peut toucher n’importe qui.

vendredi 11 septembre 2015, par Jean Igor Wolga

La dépression est littéralement une baisse de pression, une perte d’énergie.
C’est une maladie très fréquente, qui apparait très souvent derrière des motifs de consultation très variés. Les causes et les facteurs de dépression sont multiples et les symptômes sont nombreux.
Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, à l’horizon 2020 la dépression sera la deuxième maladie touchant l’espèce humaine.


Il faut distinguer entre l’état dépressif qui est … un simple état, et la vraie dépression qui est une maladie. Entre l’état dépressif et la vraie dépression, il y a la dépression masquée qui se traduit par différents symptômes et qui n’est pas reconnue comme telle jusqu’à ce qu’elle se révèle. On peut se complaire dans un état dépressif (le vague à l’âme, le « blues »), mais absolument pas dans une vraie dépression.

Le principal risque de la vraie dépression est le suicide, que l’on ne voit pas toujours venir.

Selon le Ministère de la Santé, il y a actuellement en France 176 000 à 200 000 tentatives de suicide par an, dont 10500 morts, soit 28 par jour, c’est 3 fois plus que les accidents de la route. La France est parmi les pays d’Europe où on se suicide le plus, avec 16 suicides pour 100 000 habitants, alors que la moyenne européenne est de 10 pour 100 000 habitants.

Les personnes qui se suicident le plus sont les personnes âgées (28% concernent les plus de 65 ans). Viennent ensuite les célibataires, les adolescents, et les personnes victimes de surmenage et d’épuisement professionnel (qu’on appelle le burn-out).

Le vieillard de Van Gogh

Les principales causes de la dépression chez les personnes âgées sont la vieillesse, la solitude, le veuvage, la perte d’objets auxquels on est attaché (comme un animal), les maladies, les douleurs chroniques, les problèmes financiers, les épreuves et les mauvaises nouvelles qui s’accumulent, la perte de sécurité (comme la perte de son logement), les conflits de génération.

Les symptômes de la dépression :

On peut les classer selon le mot anglais HARD qui signifie dur (la vie est dure dans la dépression, « it’s a hard life ») : H comme humeur, A comme angoisse, R comme ralentissement, D comme douleur et danger.

  • troubles de l’Humeur : découragement, abattement, tristesse, pleurs, souffrance morale, douleur psychique avec parfois somatisations (douleurs physiques bizarres au niveau de la poitrine, ou du ventre, ou du dos, ou « mal partout », surtout dans le cas de dépression masquée, avant que la dépression ne se révèle), indifférence (apathie), n’avoir plus de goût à rien, n’éprouver plus aucune joie, plus aucun plaisir, manque d’envie, de volonté, incapacité à prendre des décisions (aboulie ), manque de force (asthénie), perte d’appétit (anorexie), sentiments d’impuissance, d’inutilité, d’abandon, d’absurdité de la vie, de culpabilité (vraie ou fausse).
  • Angoisse : depuis la peur du lendemain jusqu’à une sensation de malaise et d’inquiétude intolérable sans objet précis, qui peut donner l’impression qu’on va mourir ; insomnie (difficulté à s’endormir ou réveil précoce au milieu de la nuit), très fréquente dans la dépression ; excès de toute sorte pour calmer son angoisse (alcool, drogues, boulimie).
  • Ralentissement : inhibition, lenteur au niveau des idées et de la parole, difficultés à s’exprimer et à bouger, à sortir de son lit, prostration ; un état de prostration totale (le dépressif reste couché sur son lit, parle peu, ne mange pas, se laisse aller) nécessite une hospitalisation.
  • Douleur et danger : la souffrance morale est tellement intense qu’elle peut pousser au suicide, l’angoisse et le malaise peuvent devenir tellement insupportables et incontrôlables que le dépressif sent qu’il ne pourra pas les endurer 5 minutes de plus, et qu’ils peuvent entraîner des actes désespérés comme une défénestration ; cet état nécessite aussi une hospitalisation.

Une dépression grave, nécessitant une hospitalisation, doit être traitée par des médicaments pour avoir accès au psychisme et pour pouvoir commencer la psychothérapie.

Nous allons envisager les causes et les remèdes de la dépression d’après la structure trinitaire de l’homme (corps, âme, et esprit) indiquée dans plusieurs passages bibliques dont :
Que le Dieu de paix vous sanctifie lui-même tout entiers, et que tout votre être, l’esprit, l’âme et le corps, soit conservé irrépréhensible, lors de l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ ! (I Thessaloniciens 5 :23)

Les causes de la dépression :

  • Causes physiques (le corps) : hérédité, maladies génétiques, certains états physiologiques (suites d’accouchement qu’on appelle le post-partum, ménopause) ou certaines maladies (maladies de la thyroïde, hépatites virales, certaines autres maladies virales, anémie, cancers, maladies du sang, maladie de Parkinson, etc…)
  • Un déséquilibre chimique au niveau des neurones : les antidépresseurs agissent au niveau des neuro-médiateurs, qui sont des molécules présentes naturellement dans le cerveau et qui sont indispensables à son bon fonctionnement car elles permettent les échanges d’information entre les neurones.
  • L’alcoolisme est une conséquence souvent de la dépression et en particulier du manque de perspective dans l’avenir (l’avenir parait bouché) ou des difficultés de la vie (on essaie de les oublier), mais il est classé parmi les causes physiques de la dépression car il aggrave la dépression dont il est la conséquence, créant un cercle vicieux dont il est très difficile de sortir, sans parler de ses autres complications (cirrhose du foie, cancers, déficience intellectuelle).
  • Les drogues : comme l’alcool, toutes les drogues peuvent favoriser la dépression, et le cannabis (qui est loin d’être une drogue douce) peut non seulement provoquer une dépression, mais aussi un manque de motivation, une déficience intellectuelle, et des maladies plus graves comme la schizophrénie.
  • Causes psychiques (touchant l’âme) : l’insécurité, le chômage, le deuil, le sentiment de solitude (veuvage, célibat), les traumatismes de l’enfance (manque d’affection, de valorisation et d’encouragement, ou pire le dénigrement, la sévérité excessive ou au contraire le laxisme, car le manque de cadre, de repères est mauvais aussi, les abus sexuels qui sont beaucoup plus fréquents qu’on ne le pense) ; l’émotivité ou la fragilité émotionnelle, une personnalité fragile, qui prédispose aux pensées négatives, à l’angoisse et à la dépression ; les changements dans la vie comme un déménagement (même des évènements heureux comme le mariage peuvent parfois déstabiliser et entraîner une dépression) ; les évènements imprévus (accident, traumatisme, maladie, grossesse non désirée) ; les facteurs sociaux (la précarité, le sentiment d’impasse financière totale par exemple chez un agriculteur criblé de dettes) ; les conflits qui durent (par exemple au travail), les humiliations répétées, les menaces répétées.
  • Causes spirituelles : les actes faits en désaccord avec la conscience (fraude, adultère, avortement provoqué ou IVG), le péché en général, le manque d’assurance et de confiance en Dieu, la fréquentation des forces occultes (guérisseurs, magnétiseurs, astrologie, divination, voyance, tarots, évocation des esprits des morts, envoûtements, sorcellerie, qui peuvent provoquer non seulement une dépression mais aussi des hallucinations et des délires), la haine, le non-pardon, le ressentiment, la rancune et le désir de vengeance qui peuvent nous ronger ; la culpabilité peut être aussi une conséquence de la dépression, on se sent coupable de tout, c’est une culpabilité diffuse, une fausse culpabilité ; les problèmes philosophiques et existentiels (du genre : à quoi çà sert de vivre pour mourir un jour ?) La médecine ne peut pas soigner les causes spirituelles de la dépression, elle n’a pas de solution au problème du péché. La seule solution que propose la médecine, la psychologie ou la psychanalyse, c’est de nier ou de minimiser le péché, mais c’est souvent inefficace. Exemple d’une patiente qui souffrait d’une dépression chronique après une IVG (syndrome post-abortif) et qui ne pouvait pas s’empêcher d’enterrer chaque année à la date anniversaire de son avortement une petite poupée en souvenir de l’enfant qu’elle avait supprimé. Exemple d’une autre patiente atteinte d’une dépression due uniquement à la culpabilité (adultère), que j’ai soignée sans lui prescrire un seul médicament, et qui a été guérie après être devenue chrétienne.

La dépression peut arriver à n’importe qui d’entre nous, même si certains sont plus prédisposés que d’autres. « Que celui qui croit être debout prenne garde de tomber ! » (I Corinthiens 10 :12)

Exemples de dépression dans la Bible :

Ce sont des exemples parmi d’autres :

  • Job : à cause de toutes les épreuves qui se sont abattues sur lui et des pertes qu’il a subies.
  • Jérémie : à cause des péchés du peuple et de leurs conséquences.
  • David, à cause de ses propres péchés : Psaumes 32, 38 et 51 de David sur la dépression liée au péché et sur les bienfaits de la confession ; les versets suivants : Psaume 32:3-4, 38:3-15 et 51:10 et 19 décrivent d’une façon imagée des somatisations diverses (symptômes physiques de sa souffrance psychique et spirituelle) et de nombreux symptômes de dépression : os consumés, fatigués, brisés (douleurs diffuses, « j’ai mal partout »), sensations de brulures ou de piqures (flèches), fatigue physique et psychique intense, sensation d’oppression, faiblesse extrême, maux de tête, impression d’être rongé par des plaies purulentes, courbatures, abattement, tristesse permanente, douleurs internes (entrailles : poitrine, ventre, bas-ventre), palpitations, troubles visuels, indifférence aux autres, difficulté à s’exprimer, douleur morale. La délivrance de David est venue de la confession du péché (Psaumes 32 :5, 38 :19 et 51 :5-11), ce qui est confirmé dans I Jean 1 :9 « Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité. » ; mais beaucoup de dépressifs n’arrivent pas à recevoir le pardon par la foi.
  • Elie : c’est un bon exemple de la dépression réactionnelle à un combat ou un travail intense, à un surmenage, à un burn-out, qui est une cause de nombreuses dépressions et de nombreux suicides. Chez les médecins, qui sont une profession très exposée au burn-out, il y a beaucoup de suicides (3 fois plus que dans la moyenne de la population) mais on en parle très peu. Quand on est dans la lutte on peut surmonter son état sous l’effet de l’adrénaline mais une fois que le combat est terminé on se retrouve sans forces.
    L’épisode est raconté dans I Rois 19. Cela se passait au 9e siècle avant Jésus-Christ dans le royaume d’Israël (après la division du pays en deux entre le royaume d’Israël au Nord et le royaume de Juda au Sud. C’était au cours d’une période de sécheresse et de famine dans le royaume du Nord, où régnait l’idolâtrie. Elie n’a pas craint les 450 faux-prophètes de Baal (qui avaient probablement des pouvoirs occultes) et il les a vaincus par la foi en la puissance de Dieu, il a vu le feu du ciel tomber sur son sacrifice, puis il a vu la pluie tomber. Mais il avait jeté toutes ses forces dans la bataille contre les faux prophètes de Baal, et il s’est retrouvé ensuite épuisé physiquement, psychiquement et spirituellement. Alors il s’est mis à craindre la reine Jézabel, qui était une femme redoutable car il est dit qu’elle avait exterminé les prophètes de l’Eternel (I Rois 18 :4). Elie a fui Jézabel « pour sauver sa vie » . Il s’est enfui dans le désert, s’est assis, et demanda la mort. Il s’est découragé, a eu envie de mourir, et s’est culpabilisé en disant « je ne suis pas meilleur que mes pères. » Dieu ne lui a pas fait de reproches (contrairement aux amis de Job), il ne lui a pas dit « allez, secoue-toi » (c’est ce qu’on a envie de dire à un dépressif, mais c’est une erreur car cela ne fait que l’enfoncer davantage), il a envoyé un ange à deux reprises pour le nourrir (importance de la nourriture dans la dépression) ; la 2e fois il est dit que c’était « l’ange de l’Eternel » (une expression qui désigne souvent Jésus lui-même) qui l’a nourri, qui l’a touché (importance du contact humain), et qui lui a parlé en lui disant qu’il avait encore beaucoup de choses à accomplir : « le chemin est trop long pour toi » . Elie retrouva toutes ses forces, au point de marcher pendant 40 jours et 40 nuits, mais il souffrait toujours d’un sentiment de solitude, de découragement devant l’état spirituel du peuple, et il craignait encore pour sa vie. Et Dieu lui parla non pas à travers un vent fort et violent, ni dans un tremblement de terre, ni à travers un feu, mais « dans un murmure doux et léger » et l’encouragea en lui donnant une mission (un objectif à court terme), d’oindre 2 rois et d’oindre le prophète Elisée, et l’encouragea aussi en lui montrant qu’il n’était pas tout seul, car il y avait en Israël 7000 hommes qui étaient restés fidèles, et Il lui permit de rencontrer Elisée qui allait devenir son disciple en vue de le remplacer. Elie a eu ensuite un destin exceptionnel puisqu’il n’est pas mort, mais qu’il a été enlevé au ciel, et qu’ensuite il apparut aux disciples de Jésus avec Moïse et Jésus lors de la Transfiguration.

Remèdes de la dépression :

Principe général : notre corps est le Temple du Saint-Esprit, donc il est précieux, il faut l’entretenir et en prendre soin en permanence par une vie saine, ne pas l’intoxiquer, le soigner et le réparer quand c’est nécessaire (I Corinthiens 6 :19).

  • Traitement de la cause physique si on en trouve une qui soit curable (par exemple maladie de la thyroïde).
  • Médicaments antidépresseurs avec ou sans anxiolytiques (tranquillisants), mais il ne faut jamais prendre d’anxiolytiques seuls sans antidépresseur (surtout pas de façon prolongée) ; dans certaines formes plus graves de dépression il faut un neuroleptique (dépression endogène) ou un régulateur de l’humeur (lithium et autres, notamment dans les formes bipolaires). Les médicaments apaisent la douleur et aident à la supporter, ils sont comme des béquilles qui aident à marcher quelqu’un qui a le pied dans le plâtre en attendant que sa fracture soit guérie ; les médicaments aident aussi à ouvrir le malade (car le vrai dépressif est un malade) à la psychothérapie, qui elle peut aider à guérir la cause de la douleur ; il ne faut pas avoir honte ni peur de prendre des antidépresseurs, ils ne rendent pas « zombie », ils ne modifient pas la personnalité, mais ils calment la douleur de la dépression, et ils aident à maitriser les émotions et les pensées. J’ai eu assez souvent l’occasion de prescrire des antidépresseurs à des pasteurs, des anciens ou des missionnaires et ils ont reconnu le bienfait de ces médicaments, qui ont été très efficaces pour leur ministère. Une fois que la dépression paraît améliorée ou guérie, il ne faut surtout pas arrêter le traitement antidépresseur mais le continuer encore au moins 3 à 6 mois, sinon il y a un risque important de rechute.
  • Lire : la lecture (de la Parole de Dieu qui est une véritable nourriture spirituelle, ou de livres édifiants et faciles à lire) est aussi efficace qu’un antidépresseur selon certaines études récentes, mais cela est vrai quand on a un minimum d’énergie pour arriver à lire ; c’est possible dans l’état dépressif mais souvent impossible dans la dépression vraie (où on n’a même plus l’envie et la force de manger).
  • Parler : c’est la thérapie par la parole qui est très importante et qu’on appelle la psychothérapie (terme plus médical), ou la cure d’âme (terme plus ancien utilisé uniquement dans les milieux chrétiens), ou la relation d’aide (terme plus moderne utilisé aussi bien dans les milieux chrétiens que non chrétiens).
  • Se réjouir et apprendre à louer Dieu : « Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur ; je le répète, réjouissez-vous. Que votre douceur soit connue de tous les hommes. Le Seigneur est proche. Ne vous inquiétez de rien ; mais en toute chose faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, avec des actions de grâces. Et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées en Jésus-Christ. Au reste, frères, que tout ce qui est vrai, tout ce qui est honorable, tout ce qui est juste, tout ce qui est pur, tout ce qui est aimable, tout ce qui mérite l’approbation, ce qui est vertueux et digne de louange, soit l’objet de vos pensées. » (Philippiens 4 :4-8)
  • « Soyez toujours joyeux. Priez sans cesse. Rendez grâces en toutes choses, car c’est à votre égard la volonté de Dieu en Jésus-Christ. N’éteignez pas l’Esprit. Ne méprisez pas les prophéties. Mais examinez toutes choses et retenez ce qui est bon ; abstenez-vous de toute espèce de mal. Que le Dieu de paix vous sanctifie lui-même tout entiers, et que tout votre être, l’esprit, l’âme et le corps, soit conservé irrépréhensible, lors de l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ ! » (I Thessaloniciens 5 :16-23)
  • Se réjouir est un commandement ! Mais est-ce qu’on peut se forcer à se réjouir quand tout parait noir ? On peut obéir à ce commandement seulement quand la dépression commence à aller mieux, pour continuer à aller mieux.
  • Etre reconnaissant (Philippiens 4 :6, I Thessaloniciens 5 :18) pour alimenter la louange, car la louange est le secret de la guérison : on ne peut pas se forcer à remercier Dieu, à le louer quand tout nous parait noir autour de nous, c’est au-dessus de nos forces, mais il faut à tout prix rester en contact avec Lui, à tout prix garder une communication avec Dieu, en Lui disant tout ce qui nous concerne, en Lui faisant connaître nos besoins (Philippiens 4 :6) même s’il n’y a que du négatif, il faut tout lui dire, et si jamais il y a une petite étincelle, une petite chose positive, un petit bonheur, Le remercier aussitôt pour cela (exemple de la douche bienfaisante chez une patiente très dépressive, qui lui a permis de remercier Dieu). Et ainsi, petit à petit, le Seigneur nous montrera de plus en plus de choses pour lesquelles nous pourrons Le remercier et Le louer, et nous recevrons « la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence » (Philippiens 4 :7).
  • Occuper nos pensées par des choses positives, se faire du bien (Philippiens 4 :8).
  • Confesser son péché, se décharger de sa culpabilité (faire un « transfert de culpabilité ») sur Jésus Christ ; la pneumathérapie (ou traitement spirituel de la dépression) consiste à faire « lâcher prise » pour déposer au pied de la croix ses fardeaux et ses péchés, même ceux qu’on ignore (Psaume 19 :13), et à recevoir le pardon et la délivrance par la foi (c’est le principe de la respiration spirituelle : expirer le péché et inspirer le pardon et la grâce de Dieu pour être rempli du Saint-Esprit).
  • Demander une délivrance quand il y a une cause spirituelle et occulte de dépression, c’est dans certaines dépressions le seul remède, et il faut savoir discerner ce type de cause.
  • Apprentissage du bonheur : décider (ou choisir) d’être heureux, de ne pas se complaire dans son malheur, profiter de chaque instant positif de la vie (que Dieu nous donne) en louant Dieu pour cet instant, voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide, mais pour cela il faut que le malade ait déjà parcouru la moitié du chemin avec les médicaments et la psychothérapie, pour qu’il retrouve un minimum d’énergie.
  • Faire totalement confiance en Dieu qui dirige notre vie (voir Matthieu 6 :25-30) et renoncer à vouloir tout contrôler soi-même (ce qu’on appelle en langage moderne « lâcher prise »), se satisfaire de ce qu’on a, même si on a peu, même si on a plein de problèmes à côté. Un proverbe juif non-biblique dit : « Qui est riche ? Celui qui est heureux de ce qu’il a. » (Ethique des Pères 4:1)
  • Apprendre à se confier, à s’abandonner à Dieu : « Je me couche et je m’endors en paix, car toi seul, ô Eternel ! tu me donnes la sécurité dans ma demeure. » (Psaume 4 :9)

Prévention de la dépression :

Cette liste n’est pas exhaustive :

  • Importance de la proximité entre la mère et l’enfant dans la petite enfance : allaitement maternel le plus longtemps possible, ne pas laisser le petit enfant pleurer la nuit seul dans le noir (source d’insécurité et d’angoisses dont les effets peuvent persister jusqu’à l’âge adulte) ; ne pas nier les peurs infantiles (peur du noir, peur du loup ou des monstres, cela ne sert à rien de dire que le loup n’existe pas) mais rassurer, dire qu’on est là, laisser un doudou, une veilleuse allumée, autoriser l’accès à la chambre des parents.
  • Importance d’un cadre familial chaleureux et protecteur, pour que l’enfant le perçoive toujours comme un havre de paix et un refuge, même quand il grandira.
  • Importance de relations affectueuses entre les parents et entre les parents et les enfants.
  • Importance d’encourager et de valoriser les enfants, de ne jamais les dénigrer (tu ne feras jamais rien de bon, tu seras balayeur), même sous le coup de la colère. Que dit la Bible au sujet de l’éducation des enfants ? « Et vous, pères, n’irritez pas vos enfants, mais élevez-les en les corrigeant et en les instruisant selon le Seigneur. » (Ephésiens 6:4) et « Pères, n’irritez pas vos enfants, de peur qu’ils ne se découragent. » (Colossiens 3:21). Il faut instruire et corriger les enfants sans les irriter et sans les décourager, car le découragement dans l’enfance peut conduire à la dépression à l’âge adulte, ou à la délinquance. Paul s’adresse en premier aux pères de famille parce que ce sont eux le plus souvent qui détiennent l’autorité, et parce que Dieu est le père par excellence, et qu’une bonne relation avec le père est importante pour construire la personnalité et pour une bonne relation avec Dieu, mais bien sûr ces conseils concernent aussi les mères. Certains chrétiens ont élevé trop sévèrement leur enfant, voulant en faire un enfant parfait, et c’est le contraire qui est arrivé, ces enfants se sont complètement détournés de Dieu.
  • Maintenir le dialogue avec les adolescents, surveiller leurs fréquentations, montrer personnellement l’exemple de la joie et de la confiance en Dieu même dans les circonstances difficiles de la vie, pour aider à prévenir l’usage de l’alcool et des drogues.
  • Le mari doit bien entourer son épouse qui vient d’accoucher, et l’aider d’une façon pratique (tâches domestiques et ménagères), pour diminuer le risque de dépression du post-partum.
  • Le recul par rapport à son travail ou à son ministère, se décharger sur Dieu de ses propres fardeaux et de ceux des autres, savoir se mettre à l’écart, pour aider à prévenir le burn-out.

Conseils pratiques : Que faire, que ne pas faire ?

Eviter de faire comme les amis de Job et faire plutôt comme Dieu avec Elie : ne pas moraliser, ne pas culpabiliser, ne pas faire de reproches ; certains chrétiens « spirituels » culpabilisent leur prochain dépressif en lui reprochant de prendre des médicaments, en lui disant de faire plutôt confiance en Dieu ; c’est très dangereux et peut aggraver la dépression en culpabilisant davantage le dépressif qui se reproche de manquer de foi, et j’ai connu malheureusement des cas de suicide à cause de l’arrêt brutal des médicaments ; la prise de médicaments et la confiance en Dieu ne sont pas contradictoires, l’un n’exclut pas l’autre, mais il faut être reconnaissant à Dieu pour les médicaments, pour avoir donné à l’homme l’intelligence pour découvrir ou inventer des médicaments, et les prendre avec reconnaissance et actions de grâces en demandant à Dieu de les bénir, comme on demande à Dieu de bénir les aliments avant le repas, selon 1 Timothée 4:4 « Car tout ce que Dieu a créé est bon, et rien ne doit être rejeté, pourvu qu’on le prenne avec actions de grâces, parce que tout est sanctifié par la parole de Dieu et par la prière. »
Prendre soin de notre prochain et l’aider de façon pratique en répondant à des besoins physiques et matériels concrets (apporter à manger par exemple).
Ecouter avec empathie (montrer de la compréhension sans souffrir avec l’autre pour ne pas lui renvoyer l’image négative de sa propre souffrance).
Ne pas se charger du fardeau de notre prochain, garder un minimum de distance, de neutralité (neutralité bienveillante) : c’est pour cela qu’il est plus difficile de s’occuper de quelqu’un de proche, à plus forte raison quelqu’un de sa propre famille.
Prier pour lui et avec lui ; prier aussi dans votre cœur en l’écoutant, en vous déchargeant en permanence sur le Seigneur de son fardeau.
Ne pas nier ou minimiser sa souffrance, car c’est ce qu’il ressent et exprime qui compte, sinon il va se refermer sur lui-même comme une huitre et on ne pourra plus l’aider.
L’encourager en douceur sans chercher à le « secouer ».
Lui montrer l’amour de Dieu, que Dieu l’aime tel qu’il est, lui apprendre à s’aimer soi-même comme Dieu l’aime ; il est dit « d’aimer son prochain comme soi-même » mais on ne peut pas aimer son prochain si on ne s’aime pas soi-même.
Ne pas avoir peur d’interroger notre prochain sur ses fardeaux, et parfois on a l’impression que c’est dur à sortir, que c’est un véritable accouchement (c’est Socrate qui avait inventé l’expression « accoucher les esprits ») ; pour cela il faut qu’il se sente absolument en confiance, qu’il sache que cela va rester confidentiel ; par contre il ne faut jamais tomber dans le piège du serment « promets-moi de ne le dire à personne », car il faut aussi savoir donner l’alerte lorsque notre prochain est vraiment en danger ; et pour le savoir il ne faut pas hésiter à l’interroger aussi sur son désir de mourir ou même de se suicider ; on a souvent peur que cela lui donne de mauvaises idées, mais il n’a pas besoin de nous pour en avoir, au contraire le fait d’en parler est dissuasif, et prévient le passage à l’acte ; c’est très important qu’il voie que rien n’est tabou, qu’il peut parler de tout avec nous, même de la mort et du suicide.
Si vous ne vous sentez pas assez solide, si vous avez l’impression que le fardeau est trop lourd pour vous, ou si c’est quelqu’un de trop proche, de votre famille, il ne faut pas hésiter à l’amener vers quelqu’un d’autre qui pourra l’aider comme un médecin, un psychologue, un pasteur, un ancien, quelqu’un qui a de l’expérience dans la psychothérapie (ou cure d’âme ou relation d’aide) et si possible aussi dans le discernement des liens occultes ; si vous avez l’impression que le dépressif est vraiment déterminé dans son intention suicidaire, il ne faut pas hésiter à en parler à d’autres, même si par malheur vous avez promis de ne rien dire, sinon vous êtes dans le cas de non-assistance à personne en danger.
Plus tard rechercher une faute, un péché caché, un lien occulte, mais sans culpabiliser, car beaucoup de chrétiens dépressifs pensent à tort avoir « péché contre le Saint-Esprit » et ne plus être sauvés, mais nous savons qu’un vrai chrétien né de nouveau ne peut pas perdre son salut, et il faut rassurer le dépressif à ce sujet (Romains 8 :29-39, II Timothée 2 :11-13).
L’amener à discerner et à confesser son péché, et lui montrer que, quelle que soit sa culpabilité, vraie ou fausse, il peut s’en décharger sur le Seigneur ; l’encourager à recevoir le pardon et la délivrance par la foi, à pratiquer la respiration spirituelle.

Conclusion :

La dépression est une occasion de se rapprocher de Dieu car on se sent alors pauvre et misérable, et on peut ouvrir la porte de son cœur plus facilement à Dieu. « Voici, je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui, je souperai avec lui, et lui avec moi. » (Apocalypse 3 :20). Ce verset vient après le verset 17 qui déclare : « Parce que tu dis : Je suis riche, je me suis enrichi, et je n’ai besoin de rien, et parce que tu ne sais pas que tu es malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu … » . En général, quand on a l’impression d’être riche et de n’avoir besoin de rien, on n’ouvre pas sa porte à Dieu.

Nous devons encourager notre prochain dépressif en lui disant que la dépression est une épreuve que Dieu permet et qui est faite pour s’en sortir et pour avoir la victoire dessus, et que quand il sortira de sa dépression, il aura une meilleure connaissance de Dieu et de lui-même, sa foi sera fortifiée et sa confiance en Dieu sera augmentée, et puis il pourra mieux comprendre et aider les autres qui passent par la même épreuve, il aura une relation enrichie avec Dieu, il aura appris la patience et il sera plus fort. « Toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu » (Romains 8 :28), et la dépression en fait partie. Pour les chrétiens comme pour les non-chrétiens, sortir de la dépression c’est une nouvelle vie (même si parfois il faut continuer les médicaments), une vie abondante, car Dieu ne veut pas une vie misérable pour nous. Jésus a dit « Moi, je suis venu afin que les brebis aient la vie, et qu’elles soient dans l’abondance. » (Jean 10 :10).

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