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Bible et violence

Le Dieu de la Bible est-il un Dieu violent ?

mercredi 28 mai 2003, par Patrice Alcindor

En posant cette question : « le Dieu de la Bible est-il un Dieu violent ? », mon propos n’est pas de faire une psychanalyse de Dieu, mais plutôt que nous puissions :
- d’une part nous interroger sur les prétendues racines en Dieu des violences faites par les hommes en son nom.
- d’autre part nous interroger sur la violence paradoxale dans l’histoire de Dieu dans sa relation avec les hommes.


Les prétendues racines en Dieu des violences faites par les hommes en son nom.

L’histoire ne manque pas d’exemples où au nom de Dieu, les hommes se sont livrés à la violence. Si aujourd’hui le fondamentalisme islamiste représente la forme la plus menaçante de cette attitude, l’histoire de l’occident chrétien ne manque pas d’exemples ; croisades, inquisition, guerres de religions… Alors on peut se demander si Dieu lui-même (en tout cas pour nous ce soir le Dieu de la Bible) ne serait pas violent, lui au nom de qui tant d’hommes s’entretuent.
Combien de fois ne m’a-t-on pas répondu lorsque j’encourageais à lire la Bible : Oh ! La Bible, c’est plein de crimes, de guerres et de violences. Les chrétiens eux-mêmes sont parfois troublés par les récits de violence notamment dans le premier testament, la première partie de la Bible. Un célèbre hérétique du deuxième siècle, Marcion, avait opposé le dieu démiurge [1] de l’ancien testament, ordonnateur du cosmos mais violent, sanguinaire, au Dieu d’amour de Jésus-Christ, le vrai Dieu dont nous parlent les évangiles et les écrits de Paul. Ainsi, il avait écarté tous les écrits bibliques qui concernaient ce dieu violent.

Le Dieu la Bible serait-il donc violent ?

La première idée que j’aimerais partager avec vous ce soir est que dans la Bible Dieu est à la fois celui qui fonde une certaine violence des hommes et celui qui la limite et même la condamne.

Que voulons-nous dire en parlant de quelqu’un de violent ? Ce mot a généralement une connotation négative. Pour le dictionnaire Hachette :

Violent(e) :

- Brutal, emporté, irascible
- D’une grande force, d’une grande intensité. Une violente explosion. Une douleur violente.
- Qui nécessite de la force, de l’énergie. Un effort violent.

Violence :

- Force brutale exercée contre quelqu’un. User de violence.
- Contrainte illégitime, physique ou morale.
- (Choses) Intensité, force brutale (d’un phénomène naturel, d’un sentiment, etc.) Violence du vent, des passions.

Ces définitions mettent en avant un aspect négatif de la violence, du violent, mais aussi un aspect plus positif. Pour ce qui est de l’aspect négatif, on est bien obligé de dire que tel n’est pas le Dieu de la Bible.
Le Dieu de la Bible n’est pas un Dieu brutal, irascible, emporté ; un Dieu qui exerce sur les hommes une contrainte illégitime. (Pas plus le Dieu de la Bible que celui du Coran ! Tandis que les dieux grecs, les dieux hindous etc. peuvent avoir ces traits de caractère.)

Le Dieu de la Bible (tout comme celui du Coran) est un Dieu de miséricorde. De la Genèse à l’Apocalypse, la Bible affirme que Dieu est un Dieu bon, un Dieu qui fait grâce, un Dieu qui est lent à la colère et riche en bonté [2]. Dieu est un Dieu qui pardonne, un Dieu qui est rempli de compassion pour les êtres humains. Mais surtout Dieu est un Dieu d’amour, plus que cela même, Dieu est amour [3]. L’amour est l’attribut le plus profond de Dieu.

Alors comment expliquer les violences, voire même les massacres que Dieu ordonne et qu’il assume comme étant son œuvre ?
La Bible ne manque pas de récits de violence exercée directement par Dieu :
- déluge détruisant toute la terre habitée du temps de Noé [4].
- destruction de villes comme Sodome et Gomorrhe par des cataclysmes que Dieu provoque au temps d’Abraham [5].

Il y a ensuite et surtout la violence que Dieu ordonne ou semble permettre à des hommes de faire :
- la conquête de Canaan avec des récits de massacres (pas tant qu’on le dit parfois).
- les guerres menées par les rois d’Israël, notamment David.
- la peine de mort dans le code de loi que Dieu donne à son peuple dans l’Ancien Testament.
- le prophète Elie égorgeant les 400 prophètes de Baal près du mont Carmel [6].
- la destruction de Jérusalem et l’exil à Babylone décrétés par Dieu.
Les exemples ne manquent pas…

La violence de Dieu est la conséquence de la sainteté et de l’amour de Dieu pour les hommes et non pas d’un caractère violent chez Dieu.

La violence de Dieu dans la Bible est liée au problème de la justice et du droit dans un monde où le mal est présent. La violence de Dieu est liée à son combat contre l’injustice, la méchanceté, bref l’expression de ce que la Bible appelle le péché. Ce n’est pas le caractère de Dieu qui est violent, c’est le monde des hommes. Et le Dieu de la Bible n’est pas le Dieu des déistes, le Dieu des philosophes mais un Dieu qui aime ses créatures. Ses yeux, nous dit la Bible, sont trop purs pour voir le mal. Dieu est un Dieu qui souffre de la méchanceté et du mal que font les hommes et il s’implique dans leur histoire. C’est son amour et son exigence de justice qui le pousse à user de violence afin que l’homme ne détruise pas totalement l’homme. Il est celui qui est au côté des plus faibles, de la veuve, de l’orphelin et de l’étranger.
Et son action, qui est dictée non par la brutalité mais par l’amour de ses créatures, lui impose d’agir avec force et vigueur pour réprimer le mal.
La violence du Dieu de la Bible n’est jamais gratuite, elle est toujours juste et vise le bien des hommes.

Contre un certain relativisme actuel où le bien et le mal ne sont que des notions mouvantes, de pures conventions dans une société donnée, à un moment donné, la vision biblique fait reposer en Dieu la notion de bien et de mal. Elle affirme ainsi la persistance de ces notions au-delà des modes et des sociétés. Ces notions étant valables pour tous indistinctement de la race, du sexe, du statut social.

Est bien ce que Dieu indique comme étant le bien, est mal ce qu’il désigne comme mal. Et cela ne vient pas d’un quelconque caprice de Dieu. Par sa nature il définit le bien. Est bien, bon ce qui est en accord avec la nature de Dieu, mal ce qui lui est contraire.
Ainsi on ne doit pas être étonné de ce que les écrits bibliques impliquent toujours Dieu lorsqu’il s’agit de savoir ce qui est bien ou mal, ce qui est une transgression d’un ordre établi ou pas.
Et l’homme étant fait à l’image de Dieu, ce qui est contraire à la nature de Dieu est aussi contraire à la nature de l’homme. Ainsi il n’y a jamais conflit entre les exigences de justice de Dieu et l’intérêt des hommes. Ce contre quoi Dieu s’élève et use de violence est toujours dans la Bible ce qui avilit l’homme, le détruit. On peut lire avec intérêt la virulence des prophètes contre l’oppression des pauvres, l’injustice, le trafic d’êtres humains, la prostitution sacrée, les sacrifices humains et les violences en tous genres.

La violence n’est donc pas en Dieu. Ce qu’il y a en lui, comme attribut de sa personne, de son caractère, c’est sa sainteté, sa justice et son amour pour les hommes. C’est cet amour pour l’homme et plus globalement d’ailleurs pour toute sa création qui le pousse à user de violence, une violence qui vise non pas les hommes, mais le mal qui touche l’homme.

Mais la Bible ne s’arrête pas là : dans le même temps, l’exercice par les hommes de la justice au nom de Dieu est progressivement remis en question par Dieu lui-même.

Il y a tout au long de la Bible (écrite sur 1500 ans) un processus de contestation et de réduction de la violence faite au nom de Dieu. Ce processus présent dès les premiers livres de la Bible (la Bible est formée de 66 livres) s’amplifie pour culminer dans le Nouveau Testament. Et ceci parce que les hommes ne sont pas aptes à exercer la violence ; seul Dieu a ce droit là. Pour un homme, user de violence c’est usurper un droit qui appartient à Dieu seul.

Dieu ne sanctifie pas la violence faite en son nom. Il ne l’approuve jamais totalement :
- David : il ne pourra pas construire le temple de Dieu car il est selon Dieu : « Un homme de sang » [7].
- Dilemme du prophète Habacuc : Dieu châtie Israël par les Babyloniens, mais eux même seront punis de leur cruauté par les Perses. [8]
- Crimes de Jéhu contre la dynastie des Omrides dénoncées par le prophète Osée [9]

La violence militaire elle aussi est sans cesse remise en question. Puisque c’est Dieu lui-même qui protège son peuple, Israël ne doit pas posséder une grande armée.

- C’est Dieu lui-même qui chasse les Cananéens devant Israël lors de la conquête de la terre promise. Ils doivent combattre bien-sûr, mais l’insistance des textes est sur le fait que c’est Dieu et non Israël qui livre bataille ; et ils doivent s’en souvenir.
- Gédéon : des milliers de soldats sont renvoyés chez eux et Gédéon doit repousser l’envahisseur avec seulement trois cents soldats contre des milliers
- Dieu va envoyer un fléau sur le peuple d’Israël lorsque David va faire le dénombrement d’Israël : c’est à dire lorsqu’il se mettra à compter ses hommes, savoir sur qui il peut compter pour recommencer des campagnes militaires. Dieu réprouve cette politique de puissance.

Les prophètes nourrissent l’idéal d’un temps ou toutes les nations vivront en paix, où ils transformeront leurs épées en serpes et leurs lances en soc de charrue [10]. Et où ce sera Dieu lui-même qui assurera la paix, qui sera le juge entre les peuples.

Ce mouvement se radicalise dans le nouveau testament :

Jésus face aux pharisiens amenant devant lui une femme surprise en flagrant délit d’adultère et devant être lapidé selon la Loi dira : « que celui qui est sans péché jette la première pierre ! [11] »
L’enseignement de Jésus réprouve clairement la violence et il préfère se laisser crucifier plutôt que de voir ses disciples se battre pour lui l’épée à la main : il les prévient, celui qui donne la mort par l’épée mourra par l’épée [12]. La violence des hommes appelle toujours plus de violence.
La violence verbale elle-même est condamnée par Jésus. Insulter son frère est déjà pour lui de l’ordre du crime [13].
Si on te frappe sur la joue droite, tends l’autre joue [14].

L’apôtre Paul écrira dans son épître aux Romains : ne rendez pas le mal pour le mal [15].
Au cœur de l’enseignement du Nouveau Testament se trouvera l’invitation à aimer son prochain comme soi même, fut-il un ennemi [16]. C’est la règle de vie du chrétien, et en cela il est parfait comme Dieu.

Cette progression aboutit aux visions apocalyptiques dans le livre de l’apocalypse de Jean où, face au déferlement de violence, du mal, le peuple de Dieu est le peuple qui refuse justement d’entrer dans le cercle de la violence. Il est entre autres dénombré comme une armée. 12 000 de telle tribu etc. C’est le dénombrement d’une armée. Mais cette armée n’en est pas une. C’est le rassemblement de ceux qui suivent l’Agneau, ils sont revêtus d’une robe blanche et tiennent à la main des feuilles de palmiers. Ils ont payé de leur vie leur refus d’adorer la bête, de participer à sa violence.

En fait Dieu seul peut faire violence car lui seul peut exercer une violence qui reste parfaitement juste. C’est pourquoi Saint Paul rappellera que Dieu a dit « A moi la vengeance, à moi la rétribution [17] ».
Oui, Dieu est un Dieu qui peut user de violence selon l’exigence de la justice dans un monde ou le mal est présent, mais cette violence est posée plus comme une contestation de la violence humaine, que comme une justification de la violence faite en son nom.
Toute prétention humaine à user de violence au nom de Dieu est ainsi petit à petit dénoncée comme mensonge. L’homme est renvoyé aux nécessités de sa condition sans qu’il puisse prétendre en aucune manière à une violence qui serait toute bonne, toute sainte. « La colère de l’homme n’accomplit pas la justice de Dieu » dira l’apôtre Jacques [18] !

Ainsi en se posant comme étant le seul à pouvoir légitimement exercer la violence, Dieu œuvre à la pacification de la société humaine.
Aucune violence ne peut s’exercer sans que dans le même temps elle s’interroge sur sa propre légitimité. C’est le caractère ambigu et forcément imparfait de toute justice humaine.
A la fois l’exercice de la violence trouve sa source dans la nécessité du bien et donc l’exigence de justice etc. Pour la Bible c’est Dieu qui fournit les critères pour cela. Et en même temps elle ne peut jamais s’absolutiser, être dans une autosatisfaction, car en réalité seul Dieu peut exercer de manière pleinement appropriée une violence juste.

Ici on se sépare radicalement du dieu de l’islamisme, mais aussi de tous les « ismes » générateurs de massacre (communisme, fascisme.) Autant de fabriques d’idoles sur l’autel desquels sont sacrifiés tant d’hommes et de femmes, et cela comme un mal nécessaire, un passage obligé.

Il n’est pas inutile de noter que l’église primitive a assumé pleinement cette optique. L’attitude de l’Eglise des trois premiers siècles est un refus radical de toute violence et pas seulement la violence illégitime, brutale etc. On imposait aux soldats ou aux magistrats devenant chrétien de renoncer à leur charge ou au moins de s’engager à ne pas tuer.
Mais malheureusement, l’Eglise a connu un revirement tragique (le plus grand drame de l’histoire de l’Eglise.) En 312 se produit la fameuse conversion de Constantin et la collusion église-état va provoquer un revirement : le service armé pour l’empire devient un devoir chrétien. Dieu est à nouveau à la tête des troupes. La violence des hommes est de nouveau de droit divin.
A tel point qu’en 314 le concile d’Arles affirme que « ceux qui jetteraient les armes en temps de paix seraient exclus de la communion ».
Et en 416 sous l’empereur Théodose II, seuls les chrétiens peuvent désormais faire partie de l’armée ! On connaît la suite…
N’oublions pas toutefois que de nombreux groupes ont porté cet idéal tout au long de l’histoire de l’Eglise. Certains mouvements monastiques, mais aussi les Vaudois, les anabaptistes, les quakers…

La violence paradoxale de l’histoire de Dieu dans sa relation avec les hommes.

La seconde idée que j’aimerais partager avec vous ce soir est que dans la Bible, Dieu n’est pas tant celui qui fait violence aux hommes que celui qui subit la violence des hommes.

Si nous nous questionnons souvent sur l’éventuelle violence de Dieu envers l’Homme, la Bible, elle, parle de la violence de l’homme envers Dieu.
Cette violence que Dieu subit est premièrement la violence du rejet de Dieu par l’homme.
Pour la Bible, Dieu, en créant l’homme, a manifesté sa bonté et son amour pour l’homme. Il le crée dans un monde qu’on pourrait dire paradisiaque. C’est l’insistance de la Genèse de nous dire que toute la création de Dieu était bonne. Elle est offerte à l’homme comme un cadeau, comme l’expression de l’attention paternelle du créateur pour sa créature. Mais voilà que l’homme fait une première violence à Dieu.
Il cesse de lui faire confiance et le rejette hors de sa vie. Il veut être autonome, être sa propre loi. Et surtout il choisit de regarder Dieu comme un ennemi, comme une personne qui lui veut du mal, qui a des intérêts contraires au sien.
Cette violence initiale, qui est la violence répétée par tous les hommes envers Dieu, Jésus l’illustrera par l’histoire du Fils prodigue [19]. Ce jeune homme qui un jour dira à son père : donne-moi la part de mon héritage. Ensuite il part pour un pays lointain où petit à petit il dilapide tous ses biens. Affront impensable dans la culture juive, car cela signifiait qu’il disait à son père : désormais je te considère comme mort. Je vais profiter de tes biens ailleurs que dans ta sphère d’influence, mais toi tu n’existe plus pour moi.
Tel est pour la Bible la violence de tout homme envers Dieu.

La Bible présente encore une deuxième grande violence des hommes envers Dieu. L’histoire de cette violence se superpose à la précédente et occupe la quasi-totalité de l’AT. C’est la violence du peuple du livre envers son Dieu. Dieu est celui qui a délivré Israël de l’esclavage en Egypte. Il lui a donné une terre. Il lui a donné la sécurité. Et que va faire ce peuple ? Constamment il va se détourner de Dieu et se fabriquer des idoles. Il va se livrer à la violence, l’injustice, l’oppression.
Jésus illustrera cette violence faite à Dieu dans une autre parabole ; la parabole de la vigne [20]. Un homme avait une vigne. Il la confia à des vignerons et partit. Très vite les vignerons ne lui envoient pas les intérêts qui lui reviennent de ce que la vigne rapporte. Il envoie successivement plusieurs de ses serviteurs qui sont les uns après les autres roués de coups. Finalement il envoie son propre fils en se disant, au moins lui, ils le respecteront. Mais eux se disent : tient voilà l’héritier, tuons-le et la vigne sera à nous.
Tel est la seconde violence que l’homme fait à Dieu, et elle nous ouvre sur une troisième violence.

Cette troisième violence qui est au centre du Nouveau Testament, et pour les chrétiens au centre même de l’histoire, c’est la violence de la croix.
A la croix, Dieu subit en sa personne même la violence des hommes. Jésus dit bien que ce n’est pas par impuissance qu’il se laisse crucifier [21]. Ce n’est pas par manque de violence potentielle. Mais c’est volontairement que Dieu prend sur lui la violence des hommes. Et loin d’être la défaite de Dieu dans sa lutte contre le mal, cette violence que Dieu subit est l’épisode capital où le mal est vaincu.
Ainsi à la croix, le mal est dénoncé comme mal, la violence comme sans fondement : le seul homme juste est mis à mort à l’issu d’une parodie de procès mené par les instances religieuses qui refusent de se voir contester leur rôle d’intermédiaire exclusif entre l’homme et Dieu, par le représentant de l’état romain qui préfère sacrifier un innocent pour préserver la paix sociale et par le peuple qui retourne sa veste et lui préfère Barrabas, mystérieux personnage tout à la fois résistant, terroriste et brigand.

Cette violence, Dieu l’accepte pour attester aux hommes son amour. Il l’accepte comme le père de la parabole de Jésus accepte la violence de son fils et le laisse partir. Il sera là pour l’accueillir lorsqu’il reviendra désillusionné de son escapade. La croix est l’acte d’amour ultime de Dieu pour l’humanité qui le rejette. En Jésus, il prend sur lui la violence des hommes et les appelle à se réconcilier avec lui.

Par la résurrection de Jésus Dieu montre qu’il a vaincu la violence des hommes et annonce le moment où cette violence sera définitivement vaincue. La violence, comme usage de la force en vue de la destruction, cette mauvaise violence qui est en l’homme, tout comme cette violence qui frappe l’homme seront toutes deux éradiquées.
Violence sera alors faite à la violence. Et le livre de l’Apocalypse, dernier livre de la Bible, montre dans des scènes grandioses l’éradication du mal, la victoire de Dieu sur le mal qui détruit l’homme et l’ensemble de ce que Dieu a créé. La mort elle-même, dernier ennemi, violence ultime sera finalement vaincue.

Conclusion

Le Dieu de la Bible est-il un Dieu violent ?

Oui : dans ce sens qu’il est celui qui ne laisse pas impuni le mal, il est celui qui se dresse avec force comme le recours des opprimés, des victimes de la violence et puni la violence par un « choc en retour ». Dans le monde où nous vivons, lorsqu’il utilise la violence des hommes il ne la justifie pas pour autant. Il s’emploie à la limiter, à la contester, à lui enlever toute prétention à l’absolu, à être élevée au rang de justice divine. Oui Dieu est violent parce qu’il s’emploie à combattre le mal jusqu’à son éradication.
S’il n’en était pas ainsi quelle sécurité, quelle espérance pourrions-nous encore avoir ?
Le mal ne serait alors qu’un accident de l’histoire avec lequel Dieu devrait éternellement composer. La Bible ouvre nos yeux sur le combat que Dieu mène dans le monde contre ce qui avilit l’homme. Combat dont l’issue, la victoire de Dieu est certaine car la bataille décisive a eu lieu à la croix lorsque Dieu fait homme, a accepté de subir la violence des hommes, à la place des hommes.

Non : dans ce sens qu’il n’y a pas en Dieu de force brutale visant la destruction. Non dans ce sens que Dieu n’est pas l’initiateur de la violence. Une fois la violence posée il l’utilise dans le sens de l’apaisement et de son éradication. Ultimement sa victoire sur la violence est obtenue par le retournement salutaire, pour l’homme, de la violence contre Dieu lui-même. Cette violence injuste est alors fondamentalement au service de la vie. L’amour de Dieu pour l’homme est infini : Dieu est amour dit la Bible. Il appelle l’homme à la communion avec lui et à entrer avec lui dans la lutte contre le mal qui détruit l’homme en refusant la violence brutale et destructrice, en refusant d’absolutiser, de magnifier la violence même lorsqu’elle est rendue nécessaire par les circonstances.

Notes

[1Chez Platon (Timée), artisan de l’Univers, qui, à partir de la matière informe, façonne le monde en contemplant le modèle éternel des idées. © Hachette Livre, 1998

[2Exode ch. 36 v. 6, par exemple

[31 Jean ch. 4 v. 8 et 16

[4Genèse ch. 6 v. 5 et suivants

[5Genèse 19

[6I Roi ch. 18

[7I Chroniques ch. 28 v.3

[8Habacuc ch. 1 v. 6, ch. 2 v.8

[9Osée ch. 1 v. 4

[10Esaïe ch. 2 v. 4, Michée ch. 4 v. 3

[11Jean ch. 8 v. 7

[12Matthieu ch. 26 v. 52

[13Matthieu ch. 5 v. 22

[14Matthieu ch. 5 v. 39

[15Romains ch. 12 v. 17

[16Matthieu ch. 5 v. 43-44

[17Romains ch. 12 v. 19

[18Jacques ch. 1 v. 20

[19Luc ch. 15 v. 12-32

[20Matthieu ch. 21 v. 33 et suivants

[21Jean ch. 10 v. 18

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1 Message

  • Bible et violence 23 avril 2006 18:30, par claude

    Dieu est le même hier et aujourd’hui. La plus grande révélation de sa nature est en la personne de Jésus, modèle parfait de la non violence. Je ne peux admettre que celui qui proclama « tu ne tueras point, aimez vos ennemis, ne rendez pas le mal par le mal ;.... »ait pu un jour demander aux hebreux de créér une armée de conquête de Canaan. Accepter celà, c’est accepter ce modèle de « guerre sainte » en toute bonne conscience , à travers tous les ages. N’importe quel roi, pape, mollah, peut proclamer Dieu m’a dit ceci ou celà. Quelle preuve avons nous que cette proclamation n’est pas d’origine divine ? Elle est simplement incompatible avec le Dieu d’amour qui nous a été révélé en Jésus. La violence est le résultat du péché, Dieu ne s’en sert pas. Caïn n’a pas été mis à mort, mais marqué d’un signe afin de le soustraire à la vengeance.
    La nature corrompue par le péché peut apporter une aide indirecte à Dieu en ne protégeant plus ceux qui ont été au bout de la grace divine. La nature porte en elle l’autodestruction, le déluge, Sodome ,les plaie d’Egypte, il suffit que Dieu laisse faire et le chao arrive.
    A la fin des temps le peuple élu n’aura pas à prendre les armes pour détruire les méchants. Alors pourquoi les auraient-ils prises au nom de Dieu durant toute l’histoire. Lorsqu’ils l’ont fait c’était à tors, mélangeant leur pratique religieuse et leur vision politique.
    voilà mon humble avis.

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