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Les voies de Dieu sont impénétrables !

De la CB à Jésus-Christ

lundi 2 juillet 2012, par Gilles


Dieu a choisi de se révéler et de me chercher par un biais peu conventionnel ; par les ondes radiophoniques sur une fréquence proche de 27Mhz. Quelques années avant les portables et autres réseaux sociaux, il y avait une communauté de gens qui bricolaient des postes de CB (Citizen Band) dans les voitures et, à Bordeaux ou j’avais émigré de la région parisienne à l’âge de 8 ans, il y avait une bonne bande de passionnés de radio amateurs.

Ainsi, vers 19 ans, j’ai lié amitié avec un gars (Joël) d’une banlieue proche de la mienne et nous avons commencé à nous rencontrer le soir sur les parkings de supermarchés pour y partager des moments de bricolage de voitures, de radio, de dérapages contrôlés et autres occupations de jeunes. Puis nous nous sommes perdus de vue au fil du temps.

A l’époque, je nourrissais une rébellion latente contre le système de vie que mes parents m’avaient inculqué. Je découvrais la liberté d’aller ou je voulais avec ma petite voiture qu’ils m’avaient payée. Il faut dire que je suis le seul survivant des enfants qu’ils ont pu avoir… Un frère aîné mort à 3 mois et des grossesses écourtées malgré la volonté inébranlable de ma mère et mon père.

Par contre, mes parents ont été enseignants toute leur vie ; et toute mon enfance a été formatée par la relation à l’école. Et pas n’importe quelle école : c’était l’école privée de garçons (ce qui est un non-sens puisqu’on était surtout privés de filles mais c’est encore une autre histoire) donc, l’école était un établissement tenu par les frères des écoles chrétiennes qu’il convenait de saluer en disant « cher frère » ce qui n’est pas très cool quand on est petit et qu’on a pas de frère !

Ainsi j’ai passé toute mon enfance entre deux instits convaincus et pratiquants. Par voie de conséquences j’ai eu le « bonheur » d’être dans le même établissement scolaire que mes parents et d’aller et venir avec eux jusqu’en classe de 2nde. Après cela, j’ai tout envoyé promener et me suis attaché à braver les interdits les uns après les autres. Je constate avec le recul que le Seigneur m’a gardé bien de fois sans que je le sache des possibles conséquences de mes actes.

Je suis ensuite parti une période de la maison pour vivre plus ou moins avec une pauvre fille perdue sans repères ni famille ; je croyais l’aimer et que je pensais pouvoir l’aider à sortir de sa misère, j’ai eu plusieurs petits boulots, me suis engagé à l’armée puis j’ai été réformé à cause de l’asthme enfin, rien de bien brillant mais après quelques mois d’errance, un radio amateur de mes connaissances au cours d’une entrevue fortuite, me parla de Joël en des termes que je n’attendais pas et qui sont restés dans ma mémoire. Il m’a notamment dit que ce fameux Joël était quelqu’un de très bien, que son père était pasteur et que lui-même était chrétien, une sorte de protestant…

Quelques mois se sont encore écoulés jusqu’au jour ou j’ai revu par « hasard » mon ami Joël. Nous avons recommencés à nous voir et à propos de l’achat d’une voiture d’occasion qui devait être une très bonne affaire, il m’a rendu témoignage brutalement en trouvant que l’offre était déséquilibrée et qu’il avait l’impression de voler le vendeur en proposant un prix trop bas !

Je suis resté interloqué par sa réaction et cela a immédiatement fait remonter les éloges qui m’avaient été faits de lui. A partir de ce jour, moi qui n’avais pas d’appétit particulier pour les choses spirituelles, je me suis mis à le questionner à tout bout de champs pour savoir ce qui pouvait pousser quelqu’un à refuser une affaire comme celle qu’il avait laissé passer.

Il passa beaucoup de temps avec moi, je posais les questions, j’étais méfiant, je ne voulais pas me retrouver dans une secte et petit à petit l’image de Dieu grandissait en moi. Le désir de pureté de Joël vis-à-vis de sa future femme me surprenait et les bonnes choses de l’éducation que mes parents m’avaient donnée remontaient à la surface. Un jour il m’invita à une rencontre de jeunes qui se tenait à Vichy dans le massif central et l’idée de partir tous les 2 en voiture avait un petit goût d’aventure qui à beaucoup contribué à me décider. J’avais enfin un frère !

Plein d’orgueil et de distance, je me suis présenté aux autres jeunes du rassemblement en disant que je venais en observateur et que je ne manquerai pas de leur dire ce que je penserai de leur rencontre. J’étais brisé mais je ne le savais pas encore, ma tentative ratée de sauvetage de la fille m’avait vidé, je voyais bien que je ne pouvais rien faire pour sauver qui que ce soit. Alors après quelques messages et ému par la fraternité que me témoignaient ces gens que je ne connaissais pas, je me suis mis à prier dans ma tête, j’ai parlé à Dieu, je lui ai dit ma pauvreté et mon incapacité à vivre sans lui. J’ai déclaré aussitôt après que j’acceptais Jésus comme mon sauveur et Seigneur.

Je me suis rapidement rattaché à l’église locale de mon ami Joël et ce n’est que quelques mois plus tard, de retour à Vichy qu’un autre message a parachevé ma conversion. J’avais bien accepté de suivre Jésus mais n’avais jamais entendu parler de nouvelle naissance, de demander pardon, de tourner le dos à sa vie passée et de s’engager à avoir une bonne conscience devant Dieu. Un vieux pasteur m’a accompagné dans cette démarche en me faisant lister par écrit tout ce que je demandais à Dieu de reprendre à son ennemi.

C’est une technique qui peut sembler surprenante mais quand on y regarde de plus près : Peut-on encore offrir à quelqu’un ce dont on s’est dépossédé ? La réponse est non !

Donc ce vieux pasteur à pris ma liste de manquement, d’habitudes, de racines d’amertume, de regrets et sans la lire s’est agenouillé et à demandé à Dieu de reprendre ça des mains de l’ennemi au nom de jésus et de me rendre ma liberté.

C’est à partir de ce moment là que j’ai réellement commencé ma vie de chrétien. J’ai demandé le baptême quelques mois plus tard. 3 ans après je me suis marié, nous sommes parti de Bordeaux et avons fait notre vie à Grenoble ; nous avons eu 2 enfants qui sont engagés avec le Seigneur. Miriam a été reprise et à réussi le parcours. Je suis maintenant seul à continuer, pour l’instant. Je sais aussi que Dieu nous a créés mortels et nous appelle à nous réjouir de la vie !Bonjour le paradoxe ! Il connaît les projets que forme le cœur.

Décidément, les voies de Dieu sont impénétrables…

Gilles


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