Le portail des églises et associations protestantes de l’agglomération grenobloise adhérant au Réseau Fraternel Évangélique de France


CoeurNet (accueil) > En avoir le coeur net... > Prédications > « Comme David, ton père... »

« Comme David, ton père... »

La vie de Salomon, fils de David, roi d’Israël

dimanche 3 octobre 2010, par Claude Rouvière


Je vous propose de parcourir ensemble la vie d’un très grand roi d’Israël, du plus fameux roi d’Israël.

Salomon était auréolé d’une gloire exceptionnelle et son rayonnement s’étendait bien au-delà des frontières de son royaume. Mais, s’il y a dans la Bible un personnage déstabilisant c’est bien ce roi car, si humainement il est le symbole de la royauté triomphante, sa vie spirituelle – même s’il est l’auteur de plusieurs livres bibliques – est un échec qui conduira à la division et à l’effondrement du royaume de David, son Père.

Un début de règne glorieux, une fin désastreuse

Cependant, Dieu avait donné à cet homme une sagesse exceptionnelle.

« A Gabaon, pendant la nuit, le SEIGNEUR apparut en rêve à Salomon. Dieu lui dit : Demande ce que tu veux, je te le donnerai. Salomon répondit : Tu as agi avec une grande fidélité envers ton serviteur David, mon père, parce qu’il marchait devant toi en suivant la voie de la loyauté, de la justice et de la droiture de cœur envers toi ; tu as gardé envers lui cette grande fidélité et tu lui as donné un fils qui est assis sur son trône — voilà pourquoi il en est ainsi en ce jour. Maintenant, SEIGNEUR, mon Dieu, c’est toi qui m’as fait roi, moi, ton serviteur, à la place de David, mon père ; je ne suis qu’un petit garçon, je ne sais rien faire. Je suis au milieu de ton peuple, celui que tu as choisi, peuple nombreux, qui ne peut être ni évalué ni compté, à cause de son grand nombre. Donne-moi un cœur attentif pour gouverner ton peuple, pour discerner le bon du mauvais ! Qui donc pourrait gouverner ton peuple, ce peuple si important ? Cette demande de Salomon plut au Seigneur. Alors Dieu lui dit : Puisque c’est là ce que tu demandes, puisque tu ne demandes pas pour toi une longue vie, que tu ne demandes pas pour toi la richesse, que tu ne demandes pas la mort de tes ennemis, puisque tu demandes pour toi de l’intelligence afin d’être attentif à l’équité, j’agirai selon ta parole. Je te donnerai un cœur sage et intelligent, de telle sorte qu’il n’y aura jamais eu avant toi et qu’il ne se lèvera jamais plus après toi personne de semblable à toi. Je te donnerai, en outre, ce que tu n’as pas demandé, aussi bien la richesse que la gloire, de telle sorte qu’il n’y aura pendant tous tes jours aucun homme parmi les rois qui soit semblable à toi. Et si tu suis mes voies, en observant mes prescriptions et mes commandements, comme l’a fait David, ton père, je prolongerai tes jours. Salomon s’éveilla : c’était un rêve. Il revint à Jérusalem et se tint devant le coffre de l’alliance du Seigneur. Il offrit des holocaustes et des sacrifices de paix et donna un banquet pour tous les gens de sa cour. (1Rois 3)

Et pourtant, Salomon qui avait écrit en conclusion du Livre de l’Ecclésiaste : « Crains Dieu et observe ses commandements. C’est là tout l’humain. Car Dieu fera venir toute œuvre en jugement, pour tout ce qui est caché que ce soit bien ou mal. » (Eccl. 12) n’a même pas été capable de se conformer lui-même à ses écrits et la fin de sa vie ne fut qu’une longue trahison de l’alliance avec Dieu.

« Mais le roi Salomon avait aimé beaucoup de femmes étrangères, outre la fille du pharaon : des Moabites, des Ammonites, des Édomites, des Sidoniennes, des Hittites, venant des nations au sujet desquelles le SEIGNEUR avait dit aux Israélites : Vous n’irez pas chez eux, et ils ne viendront pas chez vous ; ils inclineraient à coup sûr votre cœur vers leurs dieux. C’est à eux que Salomon s’attacha, entraîné par l’amour. Il eut sept cents princesses pour femmes et trois cents concubines ; et ses femmes inclinèrent son cœur. Au temps de la vieillesse de Salomon, ses femmes inclinèrent son cœur vers d’autres dieux ; son cœur ne fut pas tout entier avec le SEIGNEUR (YHWH), son Dieu, comme l’avait été le cœur de David, son père. Salomon suivit Astarté, la déesse des Sidoniens, et Milkom, l’horreur des Ammonites. Salomon fit ce qui déplaisait au SEIGNEUR ; il ne remplit pas ses obligations envers le SEIGNEUR comme David, son père. Alors Salomon bâtit dans la montagne qui est en face de Jérusalem un haut lieu pour Kemosh, l’horreur de Moab, et pour Molek, l’horreur des Ammonites. Il agissait ainsi pour toutes ses femmes étrangères qui offraient de l’encens et des sacrifices à leurs dieux. Le SEIGNEUR se mit en colère contre Salomon, parce qu’il avait détourné son cœur du SEIGNEUR, le Dieu d’Israël, qui lui était apparu par deux fois. Il lui avait ordonné, à ce sujet, de ne pas suivre d’autres dieux ; mais Salomon n’observa pas ce que le SEIGNEUR lui avait ordonné. Alors le SEIGNEUR dit à Salomon : Puisqu’il en est ainsi de toi, puisque tu n’as pas observé mon alliance et mes prescriptions, telles que je les avais instituées pour toi, je vais déchirer le royaume pour te l’ôter et le donner à ton serviteur. Seulement, je ne le ferai pas pendant ta vie, à cause de David, ton père : c’est de la main de ton fils que je l’arracherai. Je n’arracherai cependant pas tout le royaume ; je laisserai une tribu à ton fils, à cause de David, mon serviteur, et à cause de Jérusalem que j’ai choisie. » (1 Rois 11)

Il ne s’est passé que quarante années entre ce début de règne béni et cette fin lamentable. Durant ces années, « son nom était connu dans toutes les nations environnantes » (1 Rois 5, 11 [Bible Semeur]) et sa sagesse était renommée ; il a fait construire le Temple et a présidé à la grandiose cérémonie de la dédicace qui a vu la présence de Dieu emplir le sanctuaire : « Les prêtres ne pouvaient plus se tenir là pour officier car la gloire du Seigneur emplissait la maison du Seigneur » (1 Rois 8, 11). Et pourtant, Salomon s’est détourné de l’Éternel et a terminé sa vie dans l’idolâtrie...

Comment Salomon a-t-il pu ainsi se détourner de Dieu ?

C’est bien cela qui met mal à l’aise quand on considère la vie de Salomon : il avait tant vu, tant reçu de Dieu, comment a-t-il pu se détourner de Lui ? Mais il est important de chercher à comprendre ce qui s’est passé afin d’en tirer un enseignement pour nos vies. Arrêtons-nous d’abord sur la fameuse sagesse de Salomon. Le grand Robert définit la sagesse comme :

  1. la connaissance juste des choses
  2. la connaissance inspirée (par Dieu) des choses divines et humaines.

Le premier sens nous parle simplement d’intelligence et de raison ; le second met en évidence le caractère miraculeux et l’intervention de l’Esprit de Dieu.

Un manque d’humilité

Mais combien il est facile d’oublier l’inspiration divine et de considérer que cette sagesse n’est liée qu’à l’intelligence humaine ! A quel moment Salomon a-t-il été tellement grisé par cette sagesse qu’il a cessé de voir qui en était le dispensateur ?

« La reine de Saba entendit parler de la réputation de Salomon pour le nom du SEIGNEUR, et elle vint le mettre à l’épreuve par des énigmes. Elle arriva à Jérusalem avec une suite très importante, des chameaux portant des essences odoriférantes, de l’or en très grande quantité et des pierres précieuses. Elle vint trouver Salomon et lui dit tout ce qu’elle avait dans le cœur. Salomon lui expliqua tout ce qu’elle demandait ; il n’y avait rien de caché que le roi ne pût lui expliquer. La reine de Saba vit toute la sagesse de Salomon, la maison qu’il avait bâtie, les mets de sa table, l’habitation des gens de sa cour, la fonction de ses auxiliaires et leurs vêtements, ses échansons, et les holocaustes qu’il offrait dans la maison du SEIGNEUR : elle en eut le souffle coupé. Elle dit alors au roi : C’était donc vrai, ce que j’ai appris dans mon pays au sujet de tes paroles et de ta sagesse ! Je n’y croyais pas avant d’être venue et de l’avoir vu de mes yeux. Et on ne m’en avait pas dit la moitié ! Tu as plus de sagesse et de prospérité que ta réputation ne me l’avait laissé entendre. » (1 Rois 10)

Qu’il est difficile d’être dans l’humilité à un pareil moment si on ne s’y est pas appliqué avant ! A aucun moment, nous ne voyons Salomon parler de Celui qui est à l’origine de sa sagesse et de sa richesse ; à aucun moment il ne rend gloire à Dieu pour les dons qu’il en a reçus. Il est devenu l’orgueilleux propriétaire des dons divins.

Sachons donc être humbles et vigilants, veillons à ne jamais perdre de vue Celui qui est le dispensateur de toutes choses, nos biens, nos dons, nos joies de chaque jour... et savoir lui rendre témoignage avec amour.

Il est essentiel de relever que Dieu n’a jamais retiré à Salomon la sagesse qu’Il lui avait donnée. Nous en sommes donc conduits à déduire que la sagesse n’est pas le seul élément en cause dans la fidélité à Dieu. Il nous faut alors chercher ailleurs.

Un manque de fidélité au premier commandement

Salomon a eu sept cents femmes et trois cents concubines ! L’énormité du chiffre, sa démesure absolue ne peut qu’attirer notre attention. Au milieu de ce harem c’est Salomon lui-même qui est devenu le tout-puissant ; il a perdu tout contact avec la réalité d’une relation vraie, profonde. Au milieu de ce harem, quelle place, quel temps reste-t-il pour AIMER Dieu, pour vivre avec Lui cette relation intime qui fait Sa joie ? C’est pourtant le premier commandement...

Et, au-delà de cette collection d’épouses et de concubines, nous devons voir tout ce qu’elle exprime de symbolique, qui s’adresse à nous aujourd’hui, même dans un pays où la polygamie est interdite : ces femmes représentent toutes les pulsions, tous les désirs de possession et de domination... qui ne passent pas par le filtre de notre sagesse. Comme Salomon, nous SAVONS tant de choses raisonnables mais nous risquons tout autant que lui de laisser nos pulsions court-circuiter notre cerveau !

Je SAIS que Dieu me demande de pardonner, mais je garde des pulsions qui justifient à mes yeux des exceptions. Je SAIS que Dieu me demande de donner avec générosité, mais je garde des pulsions qui justifient mes réserves. Je SAIS que Dieu me demande de lâcher prise mais je garde des pulsions qui justifient mes résistances... Je SAIS tant de choses, comme Salomon qui a noirci des pages et des pages de conseils de sagesse qu’il n’a pas su appliquer. C’est infiniment triste mais ce n’est pas une fatalité, David est là pour nous le montrer.

Ce qui a manqué à Salomon apparaît clairement en effet quand on compare sa vie à celle de David son père, comparaison que l’on trouve à maintes reprise dans la bouche même de Dieu : « comme David, ton père ». David revenait sans cesse devant Dieu, David était humble devant Dieu, David aimait réellement Dieu, bien plus qu’il n’aimait sa position royale.

Salomon ne revenait pas sans cesse devant Dieu. La Bible nous parle de trois rencontres, toutes à l’initiative de Dieu. C’est toujours Lui qui vient rencontrer Salomon ; à part à l’occasion de la cérémonie solennelle de la dédicace, jamais on ne voit Salomon appeler Dieu comme le faisait si souvent David, son père. Il a la sagesse, la richesse et la gloire, pourquoi aurait-il besoin de Dieu ?

- La première rencontre se situe au début de son règne lorsque Dieu lui accorde la sagesse qu’il demande et lui présente les terme de l’alliance :« Si tu suis mes voies, en observant mes commandements et mes prescriptions comme l’a fait David ton père, je prolongerai tes jours » (1 Rois 3, 14)

- La deuxième a lieu juste après la dédicace du Temple. Le Seigneur prend la peine de venir rappeler les règles de l’Alliance mais il ajoute les sanctions de la désobéissance : « mais si vous vous détournez de moi ».

« le SEIGNEUR apparut à Salomon une seconde fois, comme il lui était apparu à Gabaon. Le SEIGNEUR lui dit : J’ai entendu ta prière, la supplication que tu m’as adressée ; je consacre cette maison que tu as bâtie pour que j’y place mon nom pour toujours ; mes yeux et mon cœur seront toujours là. Et toi, si tu marches devant moi comme a marché David, ton père, avec un cœur intègre et avec droiture, pour faire exactement ce que je t’ai ordonné, si tu observes mes prescriptions et mes règles, j’établirai pour toujours ton trône royal en Israël, selon ce que j’ai dit à David, ton père : « Tu auras toujours un successeur sur le trône d’Israël. » Mais si jamais vous vous détournez de moi, vous et vos fils, si vous n’observez pas mes commandements et mes prescriptions que j’ai placés devant vous, si vous allez servir d’autres dieux et vous prosterner devant eux, je retrancherai Israël de la terre que je lui ai donnée, je chasserai de ma vue la maison que j’ai consacrée pour mon nom, et Israël sera un sujet de fable et de raillerie parmi tous les peuples. Et si haut placée qu’ait été cette maison, quiconque passera près d’elle sera atterré et sifflera d’horreur. On dira : « Pourquoi le SEIGNEUR (YHWH) a-t-il ainsi traité ce pays et cette maison ? » Et l’on répondra : « C’est parce qu’ils ont abandonné le SEIGNEUR (YHWH), leur Dieu, qui a fait sortir d’Égypte leurs pères, parce qu’ils se sont attachés à d’autres dieux, se sont prosternés devant eux et les ont servis ; voilà pourquoi le SEIGNEUR a fait venir sur eux tout ce malheur. » (1 Rois 9)

A ce moment-là, Salomon est à la charnière de sa vie. Dieu lui rappelle qu’il a face à lui un bon et un mauvais choix et précise les conséquences qui vont avec chacun. L’alliance faite avec Israël à Sinaï n’est pas à sens unique, elle implique la fidélité des deux partenaires pour demeurer valide... et la fidélité de Dieu est absolue.

- La troisième rencontre a lieu à la fin de son règne. Dieu vient faire le bilan :

Le SEIGNEUR se mit en colère contre Salomon, parce qu’il avait détourné son cœur du SEIGNEUR, le Dieu d’Israël, qui lui était apparu par deux fois. Il lui avait ordonné, à ce sujet, de ne pas suivre d’autres dieux ; mais Salomon n’observa pas ce que le SEIGNEUR lui avait ordonné. Alors le SEIGNEUR dit à Salomon : Puisqu’il en est ainsi de toi, puisque tu n’as pas observé mon alliance et mes prescriptions, telles que je les avais instituées pour toi, je vais déchirer le royaume pour te l’ôter et le donner à ton serviteur. Seulement, je ne le ferai pas pendant ta vie, à cause de David, ton père : c’est de la main de ton fils que je l’arracherai. Je n’arracherai cependant pas tout le royaume ; je laisserai une tribu à ton fils, à cause de David, mon serviteur, et à cause de Jérusalem que j’ai choisie. (1 Rois 11, 9-13)

Notons une fois encore qu’aux yeux de Dieu, le modèle c’est David. Et, si David a vécu dans cette relation bénie avec Dieu, c’est qu’elle est accessible à un humain normal et c’est ce que Dieu attend de chacun de nous. Il est intéressant de noter que David est le premier roi de la lignée : il est l’exemple que tous les autres seront libres de suivre. Mais, même s’il est l’origine de la lignée, sa foi n’est pas héréditaire : c’est à chacun de ses descendants de la prendre en exemple et de rechercher pour eux cette intimité avec Dieu qu’il a cultivée tout au long de sa vie. Dans la foi aussi, nous sommes descendants de David et appelés à lui ressembler : « si tu marches devant moi comme a marché David, ton père, avec un cœur intègre et avec droiture, pour faire exactement ce que je t’ai ordonné »...

David était humble devant Dieu alors que nous ne voyons pas d’humilité chez Salomon. L’événement marquant de son règne, c’est la construction du Temple à Jérusalem. C’est une œuvre grandiose mais, précisément, c’est resté une œuvre, un acte de roi bâtisseur. Salomon a fait un somptueux cadeau à Dieu mais il n’a pas fait de son cœur une demeure pour le Tout-Puissant. Salomon a beaucoup reçu de Dieu et Lui a fait un cadeau en retour, sans doute se considérait-il comme quitte. Mais l’or, l’argent et le bois de cèdre n’éblouissent pas Dieu : Salomon n’a donné à Dieu qu’une richesse qu’il avait reçue de Dieu lui-même... et le travail des autres. Qu’a-t-il donné de lui-même ? Il n’a pas de relation avec Dieu, seulement de la religion. Et la religion ne suffit pas pour rester fidèle dans la durée.

Un manque de repentance

On ne voit pas non plus de repentance chez Salomon. Et pourtant... Il a commencé son règne en épousant la fille de Pharaon. Dans la Bible, Pharaon est l’image de l’Ennemi. Commencer son règne en faisant alliance avec l’ennemi n’est pas d’un très bon augure. On peut cependant souligner à la décharge de Salomon que c’était AVANT qu’il ne demande la sagesse à Dieu. Mais il a continué après... en sachant pertinemment que Dieu interdisait ces mariages avec des étrangères. Nous savons pourtant que plusieurs étrangères, dont Ruth et Rahab, sont entrées par mariage dans le peuple de Dieu mais, précisément, elle sont venues faire partie de ce peuple et non apporter leurs anciens dieux. Dieu n’est pas hostile à l’étrangère, il met en garde contre ce qu’elle amène avec elle. Et toutes ces femmes étrangères que Salomon a épousées étaient garantes d’alliances avec l’ennemi. Là encore, les pulsions de craintes n’ont pas été filtrées par la sagesse. Salomon a placé sa confiance dans des alliances humaines. Son désir de confort lui a fait oublier la protection miraculeuse que Dieu peut placer sur son peuple. Une crainte primitive lui a fait considérer le rapport de forces réel, politique, sans Dieu et, à aucun moment, Salomon n’a reconnu ses désobéissances...

David, lui, savait s’attendre à Dieu en toutes circonstances, même les plus désespérées. David, lui, n’était pas roi devant Dieu : il était roi pour Dieu. Il remplissait sa mission de roi mais, dans son cœur, le seul roi, c’était Dieu. Souvenons-nous de l’entrée de l’Arche à Jérusalem :

« Mikal, fille de Saül, sortit à sa rencontre. Elle dit : Quelle gloire aujourd’hui pour le roi d’Israël de s’être exposé aux yeux des servantes de ses gens comme s’exposerait un homme de rien ! David répondit à Mikal : C’est devant le SEIGNEUR que j’ai agi ainsi, lui qui m’a choisi de préférence à ton père et à toute sa maison pour m’instituer chef sur le peuple du SEIGNEUR, Israël, et c’est devant le SEIGNEUR que je continuerai à jouer de la musique. Je veux paraître encore moins que cela et m’abaisser à mes propres yeux ; et c’est auprès des servantes dont tu parles que je veux avoir ma gloire. » (2 Sam 6, 20-22)

Enfin, David aimait réellement Dieu, il l’aimait plus que tout et il l’aimait dans la joie. Nous avons vu qu’il n’y a avait pas place pour aimer Dieu dans la vie de Salomon ; il n’y avait pas non plus place pour la joie que donne cet amour. La sagesse de Salomon dont nous trouvons le témoignage dans les livres de l’Ecclésiaste et des Proverbes est très juste mais elle est terriblement sèche. Elle regarde aux défaillances de l’homme et bien peu à la grâce de Dieu. Veillons, nous aussi, à ne pas cultiver une sagesse qui attirerait nos regards seulement vers l’amertume de la condition humaine et de ses imperfections. N’oublions jamais la grâce infinie de Dieu et, comme David, vivons dans joie de la grâce au quotidien !

Salomon rayonne de l’or de ses parures royales, David rayonne, même vêtu d’un simple pagne de lin, de la lumière divine : « quand on tourne les regards vers Dieu, on est rayonnant de joie ! »

Écoutons-le chanter dans l’émerveillement de son amour :

« Je bénirai le SEIGNEUR en tout temps ; sa louange sera constamment dans ma bouche. Je mets ma fierté dans le SEIGNEUR ; les pauvres entendent, ils se réjouissent ! Magnifiez le SEIGNEUR avec moi, exaltons ensemble son nom ! J’ai cherché le SEIGNEUR, et il m’a répondu ; de toutes mes frayeurs il m’a délivré. Ceux qui regardent vers lui sont radieux, et leur visage n’a pas à rougir. Quand un pauvre crie, le SEIGNEUR entend et il le sauve de toutes ses détresses. Le messager du SEIGNEUR dresse son camp autour de ceux qui le craignent, et il les délivre. Goûtez, et voyez combien le SEIGNEUR est bon ! Heureux l’homme qui trouve en lui un abri ! Craignez le SEIGNEUR, vous, ses saints ! Car rien ne manque à ceux qui le craignent. Les jeunes lions peuvent souffrir de la misère et de la faim, mais ceux qui cherchent le SEIGNEUR ne manqueront d’aucun bien. » (Psaume 34, 2-11)

Conclusion

Salomon s’est conduit comme un jeune lion, orgueilleux de sa force, et a fini sa vie dans la plus grande misère spirituelle. David, qui n’a jamais cessé de rechercher Dieu, de vivre dans la dépendance de Dieu, a connu la plénitude de cette relation d’amour à laquelle nous sommes tous appelés.

En résumé, la sagesse et la connaissance ne suffisent pas pour être fidèle à Dieu. Un doctorat de théologie n’est en rien une garantie. Il faut de l’humilité, de la confiance et cultiver l’amour et la reconnaissance au quotidien.

Que l’Esprit-saint nous aide à ne pas briller d’une manière vaine devant les hommes mais à rayonner de la grâce infinie de Dieu !

Répondre à cet article


Nouveautés | Lettre de nouvelles | Écrivez-nous ! | SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0 |