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Oser la rencontre avec Jésus

l’ininéraire spirituel du pharisien Nicodème

mercredi 4 novembre 2009, par Claude Rouvière

Prédication donnée en Septembre 2009 à l’EPEHG, à l’occasion d’un baptême.


Introduction

En célébrant ce baptême, nous voulons nous souvenir qu’un baptême, ce n’est ni l’adhésion à une église, ni l’adhésion à une doctrine, c’est l’aveu public d’un nouveau départ, d’une réconciliation avec Dieu à travers Jésus, l’aveu d’une rencontre avec le Ressuscité, l’aveu d’une vie transformée POUR Dieu et pour Le servir, pour Lui rendre gloire et répandre Son amour dans le monde.
Cela peut sembler étrange, mais ce nouveau départ, cette nouvelle naissance comme l’appelait Jésus, sont une réalité ! Pour comprendre ce processus de transformation, je vous propose de nous arrêter sur l’histoire de Nicodème :

Or il y avait parmi les pharisiens un chef des Juifs du nom de Nicodème ; celui-ci vint le trouver de nuit et lui dit : Rabbi, nous savons que tu es un maître venu de la part de Dieu ; car personne ne peut produire les signes que, toi, tu produis, si Dieu n’est avec lui. (Jean 3:1-2)

Qui est Nicodème ?

Tout d’abord, c’est un Pharisien. Si le terme a pour nous une connotation essentiellement négative, due à l’opposition de Jésus à certains Pharisiens (« Pharisiens hypocrites ! »), ce n’est cependant pas sa signification d’origine. Les Pharisiens (de l’hébreu peroushim = séparés) voulaient réaliser la sainteté parfaite prescrite dans la Torah en adaptant ses prescriptions aux moindres actes de la vie quotidienne. En résumé, les Pharisiens faisaient tout leur possible pour obéir aux prescriptions de la Loi de Dieu. Et Nicodème vient nous rappeler que l’on peut avoir consacré une grande partie de sa vie à obéir à des règles religieuses avant de s’interroger sur le SENS de cette observance.

Nicodème est aussi un chef des Juifs, un responsable religieux, un homme en vue et respecté. Et c’est justement parce qu’il est un homme en vue qu’il choisit la nuit pour aller à la rencontre de Jésus.

Nicodème visite Jésus de nuit

Il y a chez lui à la fois un cœur disposé à obéir à Dieu et la crainte du regard des autres… Cependant Nicodème va voir Jésus. C’est cela, précisément qui montre la droiture de son cœur : il ne veut pas se satisfaire de ce qui se dit.

Nier ce qu’on n’a pas cherché à voir, refuser ce qu’on n’a pas essayé, c’est de la mauvaise foi. Nier l’existence et la puissance de Dieu sans avoir cherché à le rencontrer, ce n’est ni de la force de caractère, ni de l’intelligence ; c’est un aveuglement volontaire.

Beaucoup de compagnons de Nicodème agiront ainsi mais lui, il veut savoir, il veut tester, il veut éprouver et ensuite, éventuellement, engager sa vie.

« Rabbi, nous savons que tu es un maître venu de la part de Dieu ; car personne ne peut produire les signes que, toi, tu produis, si Dieu n’est avec lui » (Jean 3:2)

Le premier sens du verbe traduit par savoir (eido) est « voir, observer, constater ». Nicodème, et beaucoup d’autres ont VU des faits qui leur permettent de constater que Jésus est venu de la part de Dieu. Combien en restent là ? Toi aussi, peut-être en es-tu là : tu as entendu dire (ne serait-ce que par le témoignage qui nous a été donné ce matin) tu as même peut-être vu ce que Jésus peut faire et qui manifeste qu’il ne peut être venu que de la part de Dieu. Mais as-tu eu le courage, comme Nicodème, d’aller plus avant jusqu’à le rencontrer ?

Oui, il faut du courage pour aller trouver Jésus car il y aura toujours des critiques, des commentaires et peut-être même des exclusions avec leurs conséquences sociales :

Cependant, parmi les chefs juifs eux-mêmes, beaucoup crurent en Jésus. Mais, à cause des Pharisiens, ils ne le déclaraient pas, pour ne pas être exclus de la synagogue. Ils préféraient l’approbation qui vient des hommes à celle qui vient de Dieu. (Jean 12:42-43)

Mais surtout, rencontrer Jésus, c’est prendre le risque d’un bouleversement dans notre confort et nos habitudes.

Le texte nous montre que Nicodème ne fait pas partie du plus grand nombre : « nous savons, dit-il, ou nous avons vu, nous avons constaté… » Mais où sont ces autres qui ont eux aussi vu, constaté ce que faisait Jésus ? Ces autres ont préféré rester tranquillement chez eux parce qu’une rencontre avec un maître envoyé par Dieu peut avoir des conséquences difficiles à gérer ; cela peut induire des changements qu’on ne veut pas risquer…

« Rabbi, nous savons que tu es un maître venu de la part de Dieu ; car personne ne peut produire les signes que, toi, tu produis, si Dieu n’est avec lui » Elle est belle cette déclaration d’un Pharisien, d’un chef des Juifs à un charpentier de Galilée… Mais pourtant, elle est fausse ! Non, Jésus n’est pas UN maître venu de la part de Dieu : il est LE Maître, LE Sauveur, LE Seigneur. Il est le Fils de Dieu venu donner sa vie pour le salut du monde.

Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même (2 Cor 5:19), écrivait l’apôtre Paul aux Chrétiens de Corinthe.

Mais cela, Nicodème ne peut le savoir encore… Pourtant, Jésus le lui dit clairement :

« Car Dieu a tant aimé le monde qu’Il a donné son fils unique, pour que quiconque met sa foi en lui ne se perde pas mais ait la vie éternelle » (3:16)

Nicodème défend Jésus devant ses pairs

Nous ignorons ce que Nicodème a compris, ou répondu à Jésus mais nous le retrouvons un peu plus tard, face à ses pairs furieux de constater que de plus en plus de gens suivent Jésus :

« Vous êtes-vous laissé tromper, vous aussi ? leur demandèrent les Pharisiens. Y a-t-il un seul membre des autorités ou un seul des Pharisiens qui ait cru en lui ? Mais ces gens ne connaissent pas la loi de Moïse, ce sont des maudits ! »
Nicodème était l’un des Pharisiens présents : c’est lui qui était allé voir Jésus quelque temps auparavant. Il leur dit : « Selon notre loi, nous ne pouvons pas condamner un homme sans l’avoir d’abord entendu et sans savoir ce qu’il a fait. » Ils lui répondirent : « Es-tu de Galilée, toi aussi ? Examine les Écritures et tu verras qu’aucun prophète n’est jamais venu de Galilée. » (Jean 7:47-52)

Nicodème n’ose pas encore s’avancer, se déclarer mais déjà, il manifeste son désaccord avec la mauvaise foi et l’orgueil de ses pairs, prêts à se débarrasser de Jésus sans l’avoir entendu, sans avoir voulu voir ce qu’il faisait. Est-il possible, est-il justifiable de se débarrasser de Jésus sans l’avoir entendu ?
Te serais-tu débarrassé de Jésus sans l’avoir entendu ?

Nicodème au pied de la croix

Enfin, nous retrouvons Nicodème au pied de la croix, à Golgotha :

Joseph (d’Arimathée) alla donc emporter le corps de Jésus. Nicodème, cet homme qui était allé trouver une fois Jésus pendant la nuit, vint aussi et apporta environ trente kilos d’un mélange de myrrhe et d’aloès. Tous deux prirent le corps de Jésus et l’enveloppèrent de bandes de lin, en y mettant les huiles parfumées, comme les Juifs ont coutume de le faire quand ils enterrent leurs morts. A l’endroit où l’on avait mis Jésus en croix, il y avait un jardin, et dans ce jardin il y avait un tombeau neuf dans lequel on n’avait jamais déposé personne. Comme c’était la veille du sabbat des Juifs et que le tombeau était tout proche, ils y déposèrent Jésus. (Jean 19, 38-42)

Combien de temps s’est-il écoulé entre la rencontre avec Jésus et ce moment où Nicodème ose affirmer son amour pour lui ? Moins de trois ans. C’est le temps qu’il a fallu à cet homme pour passer de la curiosité d’un cœur droit à l’amour d’un fidèle. Car c’est bien d’amour qu’il s’agit : à ce moment où tous les disciples ont fui par crainte, deux hommes osent, devant toutes les autorités assumer le rôle de la famille de Jésus. Ces deux hommes de haut rang vont s’occuper du corps, comme deux serviteurs. Alors que tout semble perdu (Jésus est mort) ils osent enfin, ouvertement, pour la première fois, témoigner de leur amour pour Jésus.

Ils ont enfin compris qu’Il est le chemin, la vérité, la vie et que nul – même le plus zélé des Pharisiens – ne peut aller au Père que par Lui. Rien d’autre n’a désormais d’importance pour ces hommes au cœur droit qui veulent obéir à Dieu et non pas suivre une tradition.

En effet, selon les enseignements du Lévitique, toucher un cadavre rendait impur, imposait une mise à part. Pour rien au monde, un Juif pratiquant comme eux n’aurait envisagé d’être impur le jour du sabbat ! Mais, ce jour-là, au pied de la croix, ils sont dans une obéissance d’amour absolu qui dépasse et transcende tout. Et ils viennent nous interroger, nous qui avons rencontré Jésus : où en sommes-nous par rapport au regard du monde et à cette obéissance d’amour ?

Oui, c’est bien ce Nicodème qui était sorti de nuit, par crainte du regard des autres, pour rencontrer Jésus quand il n’y avait aucun danger, qui s’expose maintenant devant tous pour donner une sépulture au crucifié ! Rien ne compte désormais pour lui que le témoignage de son amour et de son respect pour celui qui vient de donner sa vie pour le salut des hommes…

Trois ans, c’est le temps qu’il a fallu à Nicodème pour intégrer cette parole de Jésus : « A quoi sert-il à un homme de gagner le monde entier, si c’est au prix de sa vie (psukè= sens premier, son âme) ?

Que pourrait-il donner pour racheter sa vie ? Si quelqu’un a honte de moi et de mes paroles face aux gens d’aujourd’hui, infidèles et rebelles à Dieu, alors le Fils de l’homme aussi aura honte de lui, quand il viendra dans la gloire de son Père avec les saints anges. » (Mat 26:37-38)

Jésus a accueilli Nicodème et ses questions, il t’accueillera avec les tiennes ; Jésus a respecté Nicodème et ses craintes, il te respectera aussi avec les tiennes ; Jésus s’est montré fidèle à sa parole : « je ne rejetterai jamais celui qui vient à moi » (Jean 6,37) ; il ne reviendra pas sur cette promesse. Sa grâce est disponible et offerte !

Jésus connaît le cœur de chacun et répond en fonction de ce qu’il y voit. Celui qui s’approche de lui avec un véritable désir de rencontre ne partira pas à vide. Celui qui partira à vide, c’est celui qui veut voir, pour le sensationnel mais qui a déjà décidé que ce qu’il verra ne changera rien dans sa vie. Si tu veux vraiment Le rencontrer, Il ne te fera pas défaut. Si tu veux vraiment Le laisser changer ta vie, Il est prêt. Si tu veux continuer à la garder… tu es libre.

Cette rencontre avec Jésus, beaucoup d’entre nous l’ont déjà faite. Cette rencontre est réellement possible aujourd’hui encore car Jésus est VIVANT ! Et, le plus incroyable, c’est qu’il t’attend, comme il attendait Nicodème le soir où il s’est faufilé dans l’ombre dans un jardin ou sur la plage entre les filets qui sèchent...

Oui, Jésus t’attend. Il a des choses à te dire. Il veut te libérer de ce péché qui te sépare de Dieu, faire de toi son ami, mais pas contre ta volonté.

C’est Son amour pour toi et ton amour pour Lui qui opèreront le changement. Tu crois peut-être que suivre Jésus, c’est une série de consignes, de « tu dois », « tu ne dois pas », « il faut »… Peut-être as-tu rencontré des chrétiens dont le seul but est de complaire à ce qu’ils appellent les « règles » de la vie chrétienne et cela t’a fait froid dans le dos. Je comprends tes réserves, je les partage –car suivre Jésus, ce n’est absolument pas cela – et je souhaite que l’Église sache donner une image toujours plus juste de ce que signifie réellement suivre Jésus : c’est un chemin UNIQUE pour chacun, c’est une RELATION intime de confiance et d’amour avec Dieu. Il y a une grande différence entre cela et le légalisme !

Je peux illustrer l’étendue de cette différence par un simple exemple : à une heure du matin, le voisin qui fait un petit souper avec ses amis, laisse la musique presque à fond. Vous avez envie de le pulvériser ou d’appeler la gendarmerie. A une heure du matin, votre bébé crie (beaucoup plus fort que la musique du voisin) car il a faim ; contrairement au voisin, il vous oblige à vous lever… avez-vous envie d’appeler la gendarmerie, de le pulvériser ?
L’amour permet de faire librement et avec plaisir des actes qui, vus de l’extérieur et sans amour, coûtent ou dérangent. Il en sera de même de ta relation avec Dieu : l’amour te donnera une joie immense à Le suivre !

C’est cet amour qui nous montrera le chemin : Jésus n’a pas dit à Nicodème, le soir de leur rencontre : « Je compte sur toi pour mettre mon corps au tombeau ». Pourtant il fallait bien que quelqu’un mette le corps de Jésus au tombeau pour qu’il en sorte ressuscité au matin de Pâques. Mais Nicodème aurait été terrifié par cette demande parce qu’il n’était pas prêt. Cependant, moins de trois ans plus tard, c’est de lui-même qu’il est allé au pied de la croix prendre le corps de Jésus et le mettre au tombeau, en apportant des aromates de prix… Personne ne le lui a demandé !

La Parole de Jésus avait fait son chemin dans son cœur, elle avait créé la confiance et l’amour, elle avait chassé toute forme de crainte : Nicodème savait qu’il faisait ce qu’il devait faire et rien d’autre n’avait d’importance. Oui, lui qui avait attendu la nuit pour sortir à la rencontre de Jésus a osé, en plein jour, prendre son corps dans ses bras devant ceux qui avaient hurlé : « Crucifie-le ! ». Le risque était bien différent mais l’amour avait balayé les craintes !

Invitation à rencontrer Jésus

Oui, Jésus t’attend ! Cette rencontre engendrera des changements inévitables dans ta vie, mais des changements de l’intérieur. Non pas des changements qui te mutileront mais des changements qui te libèreront.
Marcher avec Dieu, c’est faire LIBREMENT ce qu’Il attend de nous ! Cela te parait paradoxal ? Marcher avec Dieu, c’est simplement entrer dans notre vraie nature, celle que Dieu nous a donnée avant même notre conception.

Je voudrais donner un simple exemple pour éclairer cela : il est un jouet de bébé extrêmement connu, la petite maison des formes. Il s’agit de faire entrer des formes dans les trous correspondants. Si l’enfant choisit une forme rectangulaire et essaie de la faire passer par le trou carré… cela ne marchera jamais et peut susciter de grosses colères. C’est un peu ce que nous faisons avec notre vie : nous la voyons d’une manière et essayons de la rendre conforme à notre vision mais cela « coincera » tant que notre vision ne correspondra pas au projet d’amour de Dieu.

Lorsque Dieu dit à Jérémie :

« Avant que je ne te façonne dans le ventre de ta mère, je t’avais distingué ; avant que tu ne sortes de son sein, je t’avais consacré : je t’avais fait prophète pour les nations »
(Jérémie 1:5)

, il ne lui impose rien ; il lui dit clairement en vue de quoi il l’a conçu dans son amour. Jérémie demeure libre. Mais peut-il y avoir plénitude plus parfaite que d’accepter d’être ce qu’on est destiné à être, que d’accueillir le projet de Dieu pour lequel nous sommes conçus, pour lequel nous avons tous les dons nécessaires ?

Conclusion

Dieu t’a aimé(e) et désiré(e) tel que tu es avant la création du monde.
Il te tend la main par l’intermédiaire de Jésus, pour venir vers Lui !
Veux-tu oser cette rencontre avec Jésus ?
Il t’attend pour te dire : « Viens, suis-moi »
Qu’importe ton passé : quand tu accueilles Jésus dans ta vie,
c’est une page blanche qui commence !
Une page blanche sur laquelle tu écriras avec joie ces premiers mots :
histoire d’un enfant de Dieu, racheté, purifié, pardonné,
heureux de répondre à l’appel d’amour de son Créateur
pour vivre une vie qui Lui rende pleinement gloire !

Aujourd’hui, Jésus t’attend !
Iras-tu à sa rencontre ?

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