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Le témoignage de baptême de Yves Crosaz

Révolté contre les injustices, je découvre l’amour

samedi 15 août 2009, par Yves Crosaz

Tout petit, j’ai été baptisé dans la tradition catholique. Petit garçon, j’ai suivi le catéchisme pendant quelques années et j’ai le souvenir de belles histoires, de très belles histoires comme je les aime encore aujourd’hui, avec des méchants vraiment méchants, et un gentil capable de faire des choses extraordinaires, et qui gagne toujours à la fin.


C’est en revenant de la cure en vélo qu’à pleine vitesse j’ai dérapé sur des gravillons et que ma tête a heurté la paroi en pierre d’un vieux bassin, vous savez ces obstacles absolument infranchissables et placés au centre des carrefours pour vous obliger à choisir une direction. Pour moi, ce jour là, ce fut le « tout droit » non autorisé assorti d’une perte de connaissance immédiate, d’un traumatisme crânien et de plusieurs jours d’hôpital. Apparemment aucun séquelle ! Du bout de mes 42 ans, je suis aujourd’hui convaincu que le Seigneur était là, avec moi et avec ma famille… une sorte de première rencontre du style « ni vu ni connu mais je veille sur toi. » Ce catéchisme n’a rien déclenché en moi en tout cas pas l’envie d’aller plus loin sur le plan spirituel.

Mon cheminement jusqu’à vous ce matin, est jalonné de rencontres et quelle bénédiction ! Mes jalons sont presque tous présents dans cette salle. C’est donc vraiment une très grande joie pour moi que de partager ce moment avec eux, avec vous.

Lucienne, ma belle maman, ma deuxième maman pratiquant un protestantisme respectueux de mon incrédulité.

Josette, dit « Zette », sa sœur, pour moi une tante pas comme les autres, touchée par les épreuves de la vie mais toujours debout, vaillante. Toujours disponible aussi pour engager moult réflexions sur l’intervention du Seigneur dans le big bang, la recombinaison des acides aminés et l’apparition de la vie sur terre (nous avons tous les deux une formation scientifique).
Véronique, (vous aurez compris que l’ordre de citation n’est pas l’ordre d’apparition dans ma vie !) mon épouse croyante également et régulièrement le nez dans sa bible, qui ne m’a jamais forcé la main (en tous cas pas sur le plan spirituel).

Malgré cet entourage d’amour depuis presque 20 ans et une lecture assidue pendant plusieurs années du calendrier « la bonne semence », toujours pas de déclic…

Et puis récemment les choses se sont accélérées. De la chorale Gospel à l’attrait commun pour la musique Blues, me voici en juin 2008 au festival Grésiblues en compagnie de Marie-Jo à qui j’exprime mon mal être, ma réelle tristesse de toutes ces injustices, de toute cette misère humaine ici, là, partout, mon dégoût de ce monde et des hommes, mon impuissance à ne rien pouvoir y faire et les colères que cela fait naître régulièrement en moi. En septembre, Marie-Jo m’invite à l’accompagner à la première séance du parcours Alpha. Le parcours Alpha est une présentation initiale de la foi en quinze sessions donnée par la communauté chrétienne et qui s’adresse à ceux qui ne connaissent rien ou à peu près du christianisme. Parti pour une première séance, puis une deuxième je suis finalement resté jusqu’à la fin. Il est difficile de dire avec des mots ce que j’ai ressenti tout au long de ces séances. J’ai rencontré ou vu sous un éclairage nouveau des personnes « rayonnantes », je pourrais dire « irradiantes », de quelque chose venant de l’intérieur. J’ai même demandé à Véronique de m’accompagner à quelques séances. J’ai écouté et posé des questions mais toujours septique, avec une pensée en tête du style « trop beau pour être vrai, impossible ».

J’ai lu le livre de Philip Yancey, « Ce Jésus que je ne connaissais pas ». Et finalement peut être que mon cœur s’est ouvert car il s’est passé quelque chose d’extraordinaire.

Une semaine après la fin du parcours Alpha, le samedi 20 décembre 2008, il est environ 15h00 et je suis au bureau. J’ai quitté la maison où les enfants en vacances m’attendent pour des activités familiales, obligé de terminer la rédaction d’un compte rendu de chantier à transmettre à un client avant la fin de l’année. Ce travail, je l’ai repoussé de jour en jour depuis des semaines. Un vrai poids. Un poids de trop, la goutte qui fait déborder le vase. J’ai accepté de lâcher prise. Je me suis abandonné. Dans une toute première prière, m’exprimant à Dieu, j’ai dû lui dire quelque chose comme « d’accord, j’abandonne de croire que c’est moi qui dirige, c’est trop dur, c’est trop lourd et je n’y arrive pas, je frappe à ta porte, viens à mon secours, montre-moi que tu es là ».

Et puis après avoir lancé cet appel, je me suis mis au travail. Qu’il a été laborieux ce travail ! Comme toujours je reconstruis 3, 4 fois les phrases jusqu’à ce qu’elles me plaisent. Et puis à 18h00, ce travail enfin fini et le cœur léger je suis rentré. Et comme depuis des années, je donne mon texte à relire à Véronique, car j’ai l’habitude de faire au minimum 2 à 3 fautes d’orthographe par page. Ce jour là, je ne dis pas à Véronique l’appel envoyé mais, en toute logique par rapport à cet acte, je lui annonce que je suis partant pour aller au culte le lendemain. Le dimanche matin entre petit déjeuner, douche et préparation elle relit le texte et me rend mon document en me disant quelque chose comme « tu as fait fort il n’y a pas de faute ». Pas une seule faute d’orthographe, seulement 2 oublis de ponctuation. Et là c’est le choc, les choses qui s’accélèrent un peu dans ma tête : Dieu m’a répondu, car je suis incapable de ne pas faire de faute ; c’est comme ça, j’ai beau relire avec attention, il en reste toujours quelques-unes qui traînent. Je prends conscience que Dieu est donc intervenu, qu’Il s’est manifesté dès mon appel. Il a accompli pour moi cette preuve miraculeuse, une preuve de sa présence gravée à jamais dans un morceau de papier, que je garde avec moi. Je peux vous dire que j’ai rédigé de très nombreuses autres pages depuis ce jour et les choses sont redevenues bien « normales ».

Et puis nous arrivons le dimanche à l’église et sommes accueillis avec chaleur, comme en famille. Vous nous avez accueillis chaleureusement et j’ai probablement ressenti la même chose que tous ceux qui ont témoigné, il y a quelques semaines, pour les 10 ans de l’église : aucun jugement, juste des sourires et de l’amour fraternel. De plus en plus ivre de ce qui est en train de m’arriver, me voilà assis à écouter le message délivré par Patrice, le pasteur. Il est question d’Hérode, ce méchant bonhomme, et des rois mages qui décident de ne pas lui obéir et de suivre Dieu. Et puis Didier qui introduit la Sainte Cène en nous interrogeant « Vous avez le choix, être comme Hérode ou bien vous tourner vers le Seigneur ». A cet instant, j’ai eu l’impression que mon corps montait en température, j’entendais les battements de mon cœur dans mes oreilles. Et l’impression qu’à travers les mots de Didier, Dieu me parlait, à moi, à moi seul. Je ne pouvais pas m’empêcher de penser que Dieu était en train de me dire « tu as frappé à la porte de ma maison, je t’attendais, je t’ai ouvert et mis dans la main une preuve. Maintenant vas-tu entrer ou rester dehors ? ».

Lorsque le pain est arrivé à portée de ma main, plus rien ne faisait obstacle à ce que je le prenne. Je sentais que je ne pouvais pas le laisser passer, qu’il ne fallait pas que je le laisse passer. J’ai eu cette étrange et intense sensation que si je le laissais filer, ce serait une trahison en conscience, que je ne pourrais plus jamais me faire confiance, que je ne pourrais aller me cacher nulle part. Et j’ai choisi de répondre à l’invitation (fin de la conversion).
Plusieurs mois sont passés. Qu’est ce qui a changé dans ma vie ? J’ai l’impression d’être plus serein. Je vis beaucoup mieux les situations stressantes ou conflictuelles, je tente de repousser au lendemain ce qui viendra le lendemain. Il me semble aussi que je suis en cours de réconciliation progressive avec les hommes mais il y a encore du boulot, surtout avec les automobilistes indélicats… (si vous voyez ce que je veux dire !). Et j’ai aussi commencé à apprendre quelques mots en hébreu : Yahwé tsitkénou (l’Eternel est juste), Yahwé nissi (Dieu protecteur).

Après ma conversion, pourquoi me faire baptiser ? Parce que mes premières lectures de la Parole m’ont appris que c’était un commandement de Jésus. Mais aussi pour la raison suivante. Imaginez un monde :

- où chacun est important
- où chacun a la même importance et reconnaît l’importance des autres
- où le dénigrement n’existe pas
- où les peines et les joies sont partagées
- où chacun aide, encourage et réconforte les autres
- où chacun découvre ses dons et développe un cœur de serviteur pour se mettre au service des autres
- où les responsabilités sont partagées
- ou chacun cultive la vérité
- où chacun protège l’unicité de ce monde
Monde idéal, monde imaginaire ? Non, j’ai découvert en préparant le baptême que ce monde existe, c’est l’Église. Et le baptême me fait entrer dans ce monde. Pour moi, qui suis venu à Dieu en rébellion contre le monde pourri d’injustices, voici que je trouve un autre monde où les lois sont justes, dictées par l’amour, où les hommes et les femmes se comportent en frères et sœurs. Oui je veux entrer dans ce monde, faire partie de l’équipe et défendre les couleurs du capitaine, Jésus. Au Gospel, nous chantons « With him, I know I can stand » : avec lui je sais que je peux tenir.

Je voudrais terminer mon témoignage par trois phrases tirées du livre de Philip Yancey que j’avais surlignées lors de ma lecture :

- « Il n’existe qu’une seule façon pour chacun d’entre nous de résoudre la tension qui règne entre les sublimes idéaux de l’évangile et la dure réalité de notre personnalité : accepter que nous ne serons jamais à la hauteur mais que nous faisons ce que nous devons. »

- « La foi n’est pas une police d’assurance ? Ou bien si, justement, car l’assurance n’empêche pas les accidents, mais elle offre une base solide pour affronter leurs conséquences. »

- et citant C.S. Lewis : « Nous ne savons pas quand, mais nous pouvons deviner pourquoi Il n’est pas encore là. Il veut donner à chacun la chance de se ranger à son bord en toute liberté. »

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